La Ruche qui dit Oui !, la start-up qui cartonne chez les locavores

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Associés depuis 2010, Guilhem Chéron et Marc-David Choukroun ont bâti en l’espace de trois ans la start-up la plus originale, et peut-être la plus prometteuse de la distribution alimentaire.

Distribution de La Ruche qui dit Oui?! au Comptoir général, à Paris.
Distribution de La Ruche qui dit Oui?! au Comptoir général, à Paris.© © Thomas Louapre/ La ruche qui dit oui


Quoi de plus rodé que le concept des plates-formes de mise en relation ? Airbnb, seloger.com, eBay, etc. Ils ont fait leurs preuves partout… sauf dans l’alimentaire. Avec La Ruche qui dit Oui !, c’est en train de changer. Depuis 2011, cette plate-forme joue les intermédiaires entre des producteurs locaux, souvent bio, et les locavores. Mais qui dit produits frais dit contrainte de stockage. Et les cofondateurs de la start-up Guilhem Chéron, président, et Marc-David Choukroun, directeur général, ont réussi un coup de maître en l’éliminant purement et simplement grâce à l’introduction d’un nouvel acteur : la fameuse ruche.

En fait, une personne qui prend en charge l’organisation puis la distribution des commandes internet. Il lui revient d’animer sa communauté, de dénicher de nouveaux producteurs, et, le jour J, un local – grand appartement, jardin, lieu public – pour recevoir les livraisons qui seront emportées aussitôt. Séduits par le concept, Marc Simoncini, fondateur de Meetic, et Xavier Niel, celui de Free, ont investi dans la start-up.

  • 27 M € Le chiffre d’affaires prévu en 2015 pour La Ruche qui dit Oui !
  • 530 Le nombre de ruches en France à fin août, plus 208 en cours de création
  • Jusqu’à 430 000 € Le chiffre d’affaires annuel estimé pour les plus grandes ruches
    Source : La Ruche qui dit Oui !

50 000 commandes par mois

Fin août, trois ans après la création du site, il existait déjà 530 ruches France et 208 sont en construction. Chaque mois, elles reçoivent 50 000 commandes pour leurs 2 500 producteurs. Une trentaine d’animateurs de ruche en possèdent trois, la limite maximale. Il faut dire que l’affaire peut devenir lucrative. Chaque responsable de ruche touche une commission de 8,35 % sur son chiffre d’affaires hors taxe, tandis que La Ruche qui dit Oui ! en prend autant pour son compte. Au final, les producteurs récupèrent 83,3 % des ventes. Ce taux fixe, qui ne bougera pas, promet-on, épargne de fastidieuses négociations, en plus d’être plutôt avantageux pour le producteur qui fixe lui-même son prix.

Si le revenu moyen pour un animateur est de 400 € (il a doublé en un an), pour dix à quinze heures de travail hebdomadaire, les cinq plus grosses ruches atteignent 3 000 € par mois. Soit un chiffre d’affaires hors taxe estimé de 430 000 € par an. Pas mal pour des amateurs ! « Chaque année, on multiplie les ventes par trois. Cela va très vite, notre organisation est décentralisée et elle demande peu de moyens. Il suffit d’une personne qui a envie de s’investir dans le circuit court », justifie Marc-David Choukroun.

Comment ça marche ?

  • Grâce au site laruchequiditoui.fr, la « ruche » met en relation les locavores de son quartier avec les producteurs du coin. Son animateur organise la distribution, anime sa communauté… En échange, il touche une commission fixe de 8,35 % sur les ventes.
  • L’entreprise prélève à son tour une commission de 8,35 %. L’essentiel est réinvesti dans le développement pour faciliter la vie des producteurs, et les fidéliser.

Vers un développement européen

En 2013, les ventes ont atteint 9 millions d’euros, l’objectif 2014 est donc de 27 millions pour un résultat proche de 2 millions. « Nous ne sommes pas encore rentable, parce qu’il y a beaucoup d’investissements, mais dans le business plan initial nous avions fixé le seuil à 500 ruches », assure Marc-David Choukroun. Le cap des 80 millions pour 2015 ? La Ruche qui dit Oui ! y travaille d’arrache-pied en créant déjà des filiales en Europe. Après la Belgique et l’Espagne cette année, l’Angleterre et l’Allemagne sont en phase d’approche.

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Article extrait
du magazine N° 2331

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