LA SANTE ACTIVE ET L'ALLEGE AU MENU DE L'ULTRA FRAIS

Les yaourts permettant de diminuer le cholestérol arrivent en septembre dans les linéaires. Pour les industriels, si ce segment représente un secteur d'avenir, les produits allégés sont un enjeu encore plus important : pas moins de 40 % des innovations ont concerné ce secteur en 2002.





C'est l'événement de la rentrée, sinon de l'année, dans le secteur des produits laitiers : l'arrivée au rayon ultrafrais de spécialités laitières permettant de lutter contre le cholestérol. À ce jeu, Unilever, qui prépare des produits à marque Pro activ (LSA n° 1826), s'est fait devancer par le groupe Védial-Uniq, qui lance ce mois-ci des spécialités laitières sous la marque ilô de St Hubert et fabriqués en sous-traitance par Senoble. Des produits que le groupe a déjà lancés en Grande-Bretagne, en Finlande, en Belgique. « Le point de départ de ce lancement, c'est la molécule baptisée Benecol qui aide à baisser le taux de choles- térol, explique Christophe Misrachi, directeur marketing de la marque St Hubert. Nous cherchons à fournir au consommateur des occasions d'avoir une dose de Benecol suffisante pour que cela ait un effet sur le taux de cholestérol. Or, avec la margarine que nous avons lancée l'an dernier, il faut que le consommateur consomme quatre tartines par jour, ce qui semble assez difficile. Si on lui offre une deuxième possibilité d'usage, cela devient plus facile. Les produits laitiers sont le support le plus approprié. »







Nestlé de retour sur la santé active ?




La recette, qui fait les beaux jours du marché de la margarine depuis deux à trois ans (lire page 64), pourrait désormais faire ceux du rayon ultrafrais. L'offre St Hubert devrait trouver naturellement sa place aux côtés des Actimel, BA et Bio.



Face à ce nouveau produit, quelle va être la réponse des poids lourds de l'ultrafrais ? Danone a décidé d'attaquer lui aussi le segment des produits anticholestérol. Il a récemment lancé un « yaourt » au soja sous la marque Bio sur le marché espagnol. Le groupe avait proposé au marché français, au début des années 90, un produit baptisé Sevea, à base de soja, qui avait rapidement été retiré du marché, alors en pleine tourmente OGM. « Les protéines du soja ont des effets santé intéressants, notamment en ce qui concerne le cholestérol », explique Sven Thormalen, directeur de Danone Vitapole, le centre de recherche du groupe, qui confirme que le produit pourrait bientôt être testé dans l'Hexagone.



Quant à Nestlé, qui fait de l'ultrafrais et de la santé deux axes de développement forts (lire encadré), il pourrait bientôt revenir sur le segment de la santé active, après l'échec de LC1. « LC1, c'était il y a dix ans, il y a prescription, juge Gilles Fraysse, chez Nestlé PLF. Nous avions lancé ce produit avec un discours encore plus fonctionnel qu'Actimel, qui a été mis sur le marché beaucoup plus tard. » Entre-temps, Nestlé a acquis de solides positions sur le segment de l'allégé, avec Sveltesse et sa nouvelle gamme la Laitière au lait demi-écrémé.







Le sucre, prochaine étape




À côté de la santé active, la préoccupation d'une alimentation plus équilibrée a entraîné le développement de l'allégé. Ce segment représente près de 17 % des ventes de l'ultrafrais et recèle encore un fort potentiel de croissance : en 2002, près de 40 % des nouveaux produits en ultrafrais étaient allégés. Si la tendance est bien ancrée dans les yaourts, où l'allégé s'alloue 20 % du marché, elle démarre sur le segment des desserts - où elle ne compte encore que pour 5 % des ventes. Sur cette catégorie de produits, la logique des industriels est, quelques mois après avoir lancé une innovation, de la décliner en version allégée.



Techniquement, il reste encore beaucoup de choses à faire, de l'aveu des industriels. « Il y a encore un fort potentiel de développement de produits plus gourmands, juge Corinne Robin, chez Danone. Beaucoup de matières grasses ont été allégées, mais il y a aussi des choses à faire du côté du sucre. » Des versions de Danao et d'Actimel allégées en sucre ont récemment été lancées en France, une « recette » qui pourrait être déclinée sur d'autres produits du groupe. Selon Sven Thormalen, « il faut aussi trouver les moyens d'alléger sans détruire les qualités organoleptiques. On peut notamment alléger avec l'air en travaillant les textures de mousse. »



Aussi bien côté Nestlé que côté Danone, les experts n'hésitent pas à pronostiquer, au moins sur les yaourts, un marché où l'allégé constituerait le plus gros des volumes, et où, à côté, subsisteraient des produits « enrichis » pour une consommation gourmande.











« Il y a encore un fort potentiel de développement de produits allégés plus gourmands. »








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Article extrait
du magazine N° 1828

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