La seconde vie du non-alimentaire chez Carrefour

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Échantillons, fins de série, produits de présentation, dons… À l’heure de la lutte contre le gaspillage alimentaire, Carrefour organise également la seconde vie de ses produits non alimentaires. Il structure pour cela des réseaux de solidarité.

Evry le 25/09/2015 : Fondation carrefour : Brigitte employée chez Carrefour et Manuela du secours populaire.
Evry le 25/09/2015 : Fondation carrefour : Brigitte employée chez Carrefour et Manuela du secours populaire.© Muriel Dovic

Ce matin-là, dans l’entrepôt de Carrefour à Évry (91), une palette arrive. Entière­ment emballé de plastique noir, son contenu reste mystérieux, rien n’est indiqué dessus. « Deux fois par semaine, en moyenne, nous recevons des cadeaux à déballer ! », explique Laurent, l’un des trois employés à temps plein du site. Et le Père Noël, en l’occurrence, c’est le siège de Carrefour. Aujourd’hui, ces colis contiennent des pyjamas Spider-Man pour enfants, des sacs à mains, des écharpes, de la vaisselle colorée… Des produits neufs qui, avant de remplir ces cartons, ont été des échantillons pour créer les futures collections ou comparer les propositions des fournisseurs, des exemplaires photographiés lors de shooting pour les catalogues ou présentés à l’occasion de show­rooms. S’ils ne sont plus devant les projecteurs, pas question pour autant de les jeter. Leur seconde vie débute ici, dans cet entrepôt solidaire unique.

On est bien loin des flux des autres entrepôts du groupe Carrefour. 60 tonnes de produits transitent chaque année par ce site, ce qui a représenté, en 2014, 440 dons. Ces objets reçus sont ensuite répertoriés et classés par les salariés qui se relaient. Deuxième étape, ces derniers scrutent les besoins des associations de proximité pour distribuer cette collecte. « Nous leur demandons de nous envoyer au préalable une lettre afin d’identifier clairement ce qui leur est nécessaire. Nous les contactons ensuite en fonction des arrivages », précise Patrice Mirial, responsable de l’entrepôt.

Pour les migrants syriens comme pour les oubliés de Noël

Aujourd’hui, une antenne du Secours populaire arrive. Elle a demandé des couvertures et des produits d’hygiène pour accueillir des migrants syriens. À leur charge de s’occuper de la logistique pour réceptionner l’ensemble des biens. « Les besoins fluctuent en fonction du calendrier. En ce moment, nous n’avons plus rien en termes de fournitures scolaires, car la rentrée vient de s’achever. Et nous stockons des produits pour Noël à destination des associations qui organisent des festivités pour les plus démunis », pointe-t-il encore. L’entrepôt, qui a ouvert le jour en 1998, a vu son offre évoluer au fil des changements de stratégie de l’enseigne. Si, auparavant, il comptait de nombreux produits de bazar, le textile se développe beaucoup car les collections changent plus souvent.

Mais en ce qui concerne le gros des volumes de l’offre non alimentaire qui est donnée, les produits ne passent pas par la case Évry. La fondation Carrefour a mis en place un partenariat avec Emmaüs Défi en 2009 afin de les fournir pour des biens d’équipement de la maison. Ces biens, neufs, sont présentés dans un apparte­ment témoin abrité chez Emmaüs à Paris (voir ci-dessus). Carrefour en est le principal fournisseur : le distributeur livre, en 2015, quelque 28 000 pièces !

Des jouets par milliers

Autre moment important où Carrefour fait don de produits non alimentaires : Noël. Des jouets neufs sont distribués à Emmaüs Défi (rollers, jouets premier âge et bébé, voitures téléguidées, etc.). 20 000 pièces sont livrées en plus au Secours populaire ; et Carrefour a en outre mis en place une grande collecte de jouets d’occasion en partenariat avec Eco-systèmes.

Mais revenons-en au projet avec Emmaüs Défi. Les éléments fournis par Carrefour sont présentés dans un espace clos qui n’est pas en libre accès. Seules peuvent en bénéficier des personnes suivies qui accèdent, souvent pour la première fois, à un logement. Dans cet « appartement », canapé, table basse, gazinière, grille-pain, assiettes, sèche-cheveux et rideaux reconstituent un habitat. Les personnes, qui viennent sur rendez-vous, reçoivent des conseils pour s’équiper judicieusement et à moindre prix, leur budget ayant été établi au préalable avec un assistant social. Les objets présentés ici sont vendus à 10 à 20% de leur prix grand public. Le panier moyen d’un foyer s’élève à 250 € pour 32 éléments achetés. « Depuis 2009, 1 300 familles ont été équipées, soit 3 000 personnes dont 700 enfants », précise Sophie Fourchy, la directrice de la Fondation Carrefour. L’idée a d’ailleurs séduit d’autres marques. Les Galeries Lafayette et Seb propo­sent également des produits. Devant le succès de l’opération, Emmaüs prévoit la création d’un deuxième « appartement » à Lyon (69). Carrefour étudie à l’heure actuelle le dossier… Pour muscler ce projet, l’Espace Emploi de Carrefour a été associé à la démarche. « Nous commençons par sensibiliser les bénéficiaires de ce programme aux postes présents dans notre entreprise avant de leur proposer des immersions en magasins, c’est du sur-mesure », avance Julie Levitte, responsable des partenariats à l’espace Emploi de Carrefour France. Le distributeur a « CDIsé » trois personnes dans son entreprise par ce biais.

Julie Delvallée, à Évry (91)

Les chiffres

  • 60 tonnes : le volume de produits gérés chaque année par l’entrepôt solidaire de Carrefour
  • 377 400€ : la somme allouée par la Fondation Carrefour à Emmaüs Défi depuis 2011
  • 7,7 M€ : le budget 2015 de la Fondation

Source : Carrefour

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Article extrait
du magazine N° 2386

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