La sécurité alimentaire devient une valeur mondiale

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congrès - Le forum annuel du Food Safety, le groupe d'action du CIES, le club des grands distributeurs mondiaux, a montré l'implication des enseignes du monde entier en matière de sécurité alimentaire. Wal-Mart, en particulier, fait preuve d'un volontarisme stimulant.

L'annonce de Wal-Mart devrait donner une ampleur nouvelle à la prévention des risques alimentaires. Le 5 février, le numéro un américain a officialisé, en effet, l'obligation qu'il fait à ses fournisseurs de satisfaire aux standards de sécurité alimentaire reconnus par la Global Food Safety Initiative (GFSI).

Le premier distributeur mondial est associé depuis le début au programme du GFSI et acquis à l'objectif de convergence des standards (LSA n° 2006). Cette fois, avec cette exigence qui concerne à la fois ses marques propres et ses fournisseurs de viandes et de poissons, Wal-Mart va créer un effet d'entraînement majeur dans l'industrie de la grande consommation.

La présence massive de délégués américains lors la 7e Food Safety Conference, à Amsterdam, du 13 au 16 février, tout comme celle de nombreux représentants chinois, attestent cette « dimension mondiale » revendiquée par Roland Vaxelaire, président du comité de pilotage du GFSI. « La filière de la restauration est aussi en train de se rapprocher de notre programme, poursuit celui-ci, ce qui ne manquera pas de consolider cette dimension planétaire. »

L'engagement de Wal-Mart signifie aussi l'apport d'un partenaire puissant et déterminé. « Nous ne voulons faire aucune compromission sur la sécurité alimentaire, a souligné JP Suarez, responsable des flux de Wal-Mart Stores, parce que le consommateur estime qu'elle fait partie de la valeur du produit. Même la question du prix ne peut pas remettre cette obligation en question. »

Cette détermination du numéro un mondial pourrait accélérer le rythme des initiatives - « Le consommateur compte davantage sur les entreprises que sur les autorités publiques, c'est donc à nous de prendre nos responsabilités » - et à faire avancer les dossiers - « Les nouvelles technologies, notamment la RFID, sont encore trop largement inexploitées dans la traçabilité alimentaire. Nous avons beaucoup à faire sur le sujet. »

Plus de complexité

De support technologique, les distributeurs en ont incontestablement besoin. Hervé Gomichon, directeur de la qualité alimentaire chez Carrefour, souligne à quel point le rôle du prestataire, en l'occurrence Trace One, est crucial « pour garantir une traçabilité sur toutes les matières premières et les étapes de la transformation, mais aussi pour pouvoir faire circuler l'information entre les parties prenantes de la supply chain. »

Si le GFSI fait gagner en simplicité dans les procédures, « la filière devient de plus en plus complexe », comme le constate Dirk De Boer, directeur général exécutif d'Albert Heijn Europe : « Les sourcings s'étendent à l'Afrique, à l'Asie, car nos clients veulent des produits venus du monde entier. » Ou de la ferme voisine, comme l'expérimente le britannique Tesco. En Inde depuis quatre ans, Xavier Huot, associé chez Ernst et Young, rappelle que ce pays est l'un des premiers producteurs mondiaux de fruits et légumes, et un très gros exportateur. « Or, les réglementations y sont très compliquées, donc aussi la traçabilité, tandis que les risques sanitaires sont importants, en particulier dans la chaîne du froid. »

De telles situations exigent une implication au plus près du terrain, ce que fait par exemple Nestlé avec ses « districts laitiers », où l'industriel suisse assure la formation des producteurs. Danone, confronté aux mêmes types de problèmes au Bangladesh, a monté un partenariat avec la banque de microcrédit Grammeen, fondée par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus. « Nous contribuons à la formation des éleveurs, raconte Nicolas Dhers, directeur de la filiale locale, nous leur apprenons à mieux soigner et à alimenter le cheptel. Pour nous, c'est la garantie d'un lait sûr, pour eux un cheptel plus productif et plus robuste face à la maladie. » Ces exemples illustrent combien la gestion des risques alimentaires dépasse rapidement la seule traçabilité des process. « En Inde, on est très vite confronté au travail des enfants », indique Xavier Huot. Pour Danone, au Bangladesh, le défi a consisté à commercialiser un yaourt, baptisé Shokti Doi, non seulement accessible à très bas prix (environ 0,05 E, soit la valeur de deux oeufs), mais aussi riche en compléments alimentaires pour une population fortement touchée par la malnutrition.

Comment informer ?

« À travers le GFSI, l'objectif est d'identifier et de maîtriser les process, explique un dirigeant. Nous n'en sommes pas à une implication aussi large sur les produits ou sur ce qui peut relever du développement durable. » La pression des consommateurs risque néanmoins d'entraîner les distributeurs vers ces questions-là. Ce qui ne simplifiera pas les réponses techniques ni celles à apporter aux consommateurs eux-mêmes. Si la traçabilité semble en bonne voie de réalisation, un autre débat se profile : de toutes ces connaissances techniques, lesquelles communiquer aux consommateurs ? Beaucoup de dirigeants plaident pour la simplicité, le prestataire Trace One s'appuie sur une vaste enquête mondiale pour mieux cerner les attentes des clients (lire ci-dessus). Sachant que les consommateurs, ainsi que le relève un distributeur français, se laissent moins guider par la science que par leurs envies ou parce qu'ils entendent autour d'eux.

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Article extrait
du magazine N° 2032

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