La stabilité du pouvoir d’achat selon l’Insee cache une forte contraction

L’Insee a publié une étude sur le pouvoir d’achat en 2013 qui fait apparaître une stabilité en volume, mais qui cache en réalité une forte baisse pour les ménages. Et la situation ne devrait pas s’améliorer en 2014 malgré de fortes baisses de prix en alimentaire et en équipement, en raison de la hausse de la fiscalité. Explications.

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La stabilité du pouvoir d’achat selon l’Insee cache une forte contraction
Les Français sont contraints de diminuer leurs dépenses

Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages en 2013 a été stabilisé (0 %) après un recul de 0,9 % en 2012. Les dépenses de consommation seraient même en hausse de 0,2 %. Mais en réalité, le nombre de ménages et la population étant en augmentation, le pouvoir d’achat de chaque ménage est en forte diminution, de - 0,6 % en 2013, après – 1,5 % en 2012. A tel point que la « consommation effective des ménages ne contribue que pour 0,1 % à la croissance du PIB », note l’Insee.

Ces chiffres paraissent assez logiques compte tenu de la politique gouvernementale visant à soutenir l’offre (redonner de la compétitivité aux entreprises) au détriment de la demande, et qui fait l’objet de rudes débats au sein de la majorité gouvernementale, alors que se profilent des projets de lois de finances rectificatives dans les semaines qui viennent, incluant les pactes de responsabilité et de solidarité défendus par le Premier ministre, Manuel Valls.

La contraction du pouvoir d’achat des ménages est d’ailleurs encore plus forte si l’on y ajoute les « dépenses pré-engagées », selon la formule de l’Insee – appelées aussi couramment les dépenses contraintes, et qui comprennent les loyers, le gaz, l’électricité, les assurances, ou les services bancaires. Ces dépenses incontournables étant en forte hausse, de 1,7 % le «pouvoir d’achat du revenu arbitrable » se contracte alors de 1,3 %.

Pour maintenir leur budget à l’équilibre, les ménages sont donc contraints de tailler dans leurs dépenses. En premier lieu, ils réduisent les achats de logements et d’automobiles (-10 % de dépenses en voitures neuves), les activités de loisirs et culture, les achats de téléviseurs (-4,7 %), de meubles etc. Ils dépensent également moins en médicaments. En revanche, ils poursuivent leurs achats en alimentaire (+0,8 % en volume) mais en réduisant leurs achats de viande, de poisson, de boissons alcoolisées.

Il est peu probable que la situation de la consommation s’améliore en 2014, compte tenu de la pression fiscale qui touche les ménages. Sur les deux mois de mars et avril consécutifs, les recettes fiscales de l’impôt sur le revenu ont augmenté de 20 % ! Et la hausse de la TVA depuis le 1er janvier ponctionne aussi sa part de porte-monnaie : les recettes affichent une hausse de 6 % au cours des premiers mois de l’année. Et comme l’emploi ne redémarre pas, alors qu’une baisse du chômage permettrait de redonner du pouvoir de consommer à ceux qui retrouveraient un travail, il y a peu de chance que la consommation redémarre.

D’où, probablement, le niveau très bas de l’inflation et « la guerre des prix » que se livrent les enseignes et dont se plaignent les fournisseurs, dans une lettre au Premier ministre dénonçant les rénégociations de prix. Faute de pouvoir d’achat et de demande, les mesures de soutien à l’offre ne peuvent servir qu’à réduire effectivement le niveau des prix. C’est d’ailleurs, paradoxalement, ce que demandent les industriels aux autorités : redonner de la compétitivité aux entreprises pour faire face à la concurrence étrangère et ainsi restaurer leurs marges… mais cette politique a pour effet de diminuer la consommation intérieure et les prix.

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