Marchés

La succession du baladeur à cassette est assurée

Force est de constater que la fin de la guerre entre MiniDisc Sony et DCC Philips ne permet pas d'y voir plus clair dans l'univers de l'audio nomade. Explosion numérique et MP3 obligent : les standards n'ont jamais été aussi nombreux.

Dabord une surprise. Presque un anachronisme. En 2001, les appareils analogiques (en l'occurrence, lecteurs de cassettes magnétiques ou dotés de la seule fonction radio) ont encore représenté 47 % des ventes d'appareils audio nomades (baladeurs et postes transportables). Une part en forte baisse certes (le chiffre était de 53 % en 2000 et de 63 % en 1999), mais tout de même étonnante. Il faut croire que grâce à un niveau de prix devenu ridicule (on trouve des baladeurs cassette à moins de 10 EUR), le vieux standard des années 60 survit encore, certainement comme premier équipement destiné aux enfants et aux jeunes adolescents.

Il est néanmoins très probable que ces clients basculent, dès que leur budget le leur permet, sur l'un ou l'autre des innombrables supports audio leur offrant la qualité numérique. Le plus accessible reste le CD, mais le choix peut également se porter sur le MiniDisc, ou encore sur un produit utilisant l'un des nombreux types de cartes mémoires concurrents (Compact Flash, Smart Media, Memory Stick, MultiMedia Card, Secure Digital ). Sans parler des produits intégrant un disque dur, encore peu nombreux. Ou des standards en devenir comme le DataPlay, présenté il y a peu dans nos colonnes (LSA n°1759).

Guerre des standards

Chaque fabricant tente alors de pousser l'un ou l'autre des standards. Et le rayon baladeurs devient l'un des nombreux champs de bataille d'une vaste guerre, avec cette année un affrontement particulièrement vif : la bagarre Memory Stick contre SD. Après avoir largement décrit la rivalité technologique dans nos pages (LSA n°1735), rappelons seulement que le Memory Stick, format de carte créé par Sony et adopté par certains de ses concurrents, équipe nombre de ses produits, dont plusieurs modèles de baladeurs.

Quant à la SD, elle bénéficie du soutien de plusieurs groupes japonais, Panasonic étant certainement le plus en pointe en termes d'applications grand public. Avec des deux côtés la promesse d'immenses progrès à venir. Car si les deux cartes plafonnent aujourd'hui à une capacité de 128 Mo, une amélioration rapide est attendue. Panasonic annonce des cartes SD de 256 et 512 Mo en juin, de 1 Go en 2003 et de 4 Go - la limite actuelle, précise-t-on - en 2004. Avec un point important souligné par Pascal Petitpas, responsable de la formation chez Panasonic France : les débits. « Sur beaucoup de standards de cartes, le taux de transfert des données n'évolue pas, remarque-t-il. Or c'est un point crucial, surtout si l'on veut, comme nous prévoyons de le faire dans peu temps, mettre de la vidéo au format MPEG2 sur les cartes, ce qui exige un débit minimal de 6 Mo par seconde. » Memory Stick et SD offrent actuellement des débits respectifs de 2,5 et 2 Mo par seconde, mais monteront prochainement à 10, voire 20 Mo par seconde.

Guerre de la taille

Troisième point sur lequel Memory Stick et SD bataillent ferme : la taille de la carte, qui conditionne logiquement celle de l'appareil censé l'accueillir. La SD possède ici une longueur d'avance (même si tout cela se joue à quelques millimètres carrés près), appelant une inévitable riposte de Sony, qui vient de présenter le Memory Stick Duo. Un nouveau standard Memory Stick, plus petit qu'une SD.

Sony annonce par ailleurs deux évolutions majeures de son support. D'abord, la première version, dite « bleue », du Memory Stick va disparaître seule subsistera la version « blanche » (la Magic Gate), dont la spécificité est d'intégrer un dispositif de protection du copyright. Un point important dans le contexte de lutte contre la copie pirate. De plus, la marque a déjà lancé au Japon le Memory Stick rom. À l'instar du CD-Rom, ce support peut être lu, mais n'est pas réinscriptible. Très peu cher (environ 0,86 EUR, le modèle 8 Mo au Japon), il est surtout utilisé comme support promotionnel gratuit.

Relayée par de puissantes campagnes de communication, la bataille des cartes mémoires ne doit cependant pas éclipser les solutions alternatives. Et depuis quelques mois, elles semblent venir du CD, avec l'apparition de produits utilisant les MiniCD de 8 cm. Un support qui, s'il n'a rien de nouveau, n'avait pas encore été vraiment exploité malgré deux avantages : une taille réduite adaptée aux appareils nomades et un coût du média très raisonnable (environ 2 EUR le MiniCD vierge).

Face à des cartes mémoires parfois plus chères que l'appareil lui-même, l'argument du prix pèse lourd. « Cette solution est beaucoup plus souple d'usage, ajoute Pascal de Boer, Marketing Operations Manager Europe chez Imation. Vous pouvez posséder plusieurs MiniCD-R et stocker vos données dessus, alors qu'il est presque impossible d'acheter plusieurs cartes mémoires étant donné leur tarif. Résultat : avec les cartes, vous passez vos soirées à décharger et recharger de la musique, c'est long et fastidieux. » Les tenants de la carte mémoire auront beau jeu de parler d'un discours passéiste et promettront, comme toujours, de rapides baisses de prix de leurs produits. Mais force est d'admettre qu'à ce jour les variations autour du support CD offrent encore le coût et l'universalité les plus séduisants. Comme souvent, le consommateur devra donc rechercher le plus juste compromis entre rêve technologique et réalisme budgétaire.

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