La télé sur tous les fronts

Longtemps perçu comme un segment majeur, mais calme, de l'électronique, le téléviseur redevient le théâtre d'une guerre technologique sans merci. Plasma et LCD sont en première ligne, en attendant une hypothétique troisième voie.

Un petit jeu est en passe de devenir un must dans les salons consacrés à l'électronique : réussir à trouver, sur les stands des grandes marques, un téléviseur dont l'écran n'est pas plat. Au salon Ifa de Berlin, fin août, quelques modèles étaient encore disponibles. Mais qu'il s'agisse de plasma, de cristaux liquides (LCD), de rétroprojecteurs ou de bons vieux tubes cathodiques, la tendance à l'aplatissement se confirme. L'enthousiasme s'en trouve renouvelé. Produit hyper-banalisé, le téléviseur retrouve un pouvoir de séduction évident, et chaque fabricant rivalise d'imagination pour proposer les designs les plus épurés. Sans parler de l'arrivée, maintenant imminente, de la télévision numérique terrestre. Si le démarrage anglais s'avère finalement modeste, cette technologie vient de faire son entrée sur le marché allemand et, malgré les cris d'orfraie des dirigeants de TF1 et du groupe Bouygues, elle verra très bientôt le jour en France. Et qui dit numérique terrestre dit achat de terminaux adaptés, voire de téléviseurs. L'avenir semble donc rose.

Côté technologies d'écrans, le plasma semble intéresser de plus en plus de marques. Panasonic, Pioneer, LG, Samsung, Fujitsu, Thomson Multimédia, Toshiba présentent de nouveaux produits dont le prix, malheureusement, reste élevé. Et NEC fait dans la surenchère, avec un modèle de 61 pouces de diagonale (155 cm !). Les fabricants de tubes ne s'endorment pas, puisque le constructeur allemand Loewe a présenté à Berlin un modèle de 102 cm. Mais c'est surtout autour du LCD que le mouvement s'accélère. Lancé par quelques marques asiatiques historiquement impliquées dans cette technologie, comme Sharp, le téléviseur LCD séduit maintenant des marques européennes comme Grundig ou Philips. Certains prédisent même que le LCD remplacera, à terme, le plasma comme technologie économique d'écrans plats. Tandis que Philips affirme déjà avoir trouvé mieux, avec sa technologie LCoS (pour Liquid Crystal on Silicon). Une sorte de déclinaison du LCD, présentée comme plus performante que le système TFT (Thin-Film Transistor) actuel. Autant d'annonces qui agacent au plus haut point Yves Brasart, le directeur général de Pioneer France : « L'écran plat, c'est l'avenir. C'est une certitude. Mais on sait que le LCD est adapté aux petites tailles d'écran, et le plasma aux grandes. Dire aujourd'hui que l'un va remplacer l'autre, cela n'a aucun sens ! Pourquoi ne pourraient-ils pas cohabiter ? »

Loin d'apaiser le débat, Sony, le numéro un européen, met à son tour de l'huile sur le feu. « Il y a eu beaucoup d'expériences sur les écrans, constatait à Berlin Jean-Michel Perbet, COO Europe. Pour nous, le développement du plasma est terminé. Ce n'est pas l'avenir. Nous travaillons actuellement sur une nouvelle technologie, qui devrait être annoncée l'an prochain et mettre fin à l'incertitude actuelle sur les standards. » Une troisième voie ? Sony ne dit pas de quoi il s'agit, mais affirme que la technologie sur laquelle il travaille est déjà connue. On pense donc aux écrans organiques électro-luminescents. Sony vient d'ailleurs de présenter au Japon un écran organique de 13 pouces. Une taille modeste pour un téléviseur, mais très honorable pour une technologie que l'on croyait cantonnée aux téléphones mobiles ou aux assistants numériques.

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Article extrait
du magazine N° 1741

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