Marchés

La truite fumée, reine des flots

|

Contrairement à son grand frère le saumon, la truite affiche une forme étincelante. Coup de projecteur sur les leviers d’un marché qui a affiché, l’an passé, une croissance proche des 10%.

Pêche responsable Aqualande, propriétaire de la marque Ovive, s’est vu décerner, en janvier, le « Trophée Développement Durable Carrefour?» dans la catégorie « Produits de marché ».
Pêche responsable Aqualande, propriétaire de la marque Ovive, s’est vu décerner, en janvier, le « Trophée Développement Durable Carrefour?» dans la catégorie « Produits de marché ».© dr

Dans un marché des produits de la mer qui, en grandes surfaces, a ­plongé l’an passé (un repli de ses volumes de 6%), la truite fumée a caracolé : ses ventes ont affiché + 6,9%, avec 278 000 tonnes vendues. Mieux : en valeur, la filière a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de 8,2%, soit 81 millions d’euros ventilés sur l’année, selon Iri. Autre preuve de l’éclatante attractivité du produit en France : « En 2013, la truite fumée a recruté 750 000 nouveaux consom­mateurs », observe Stéphane Dargelas, directeur marketing et commercial d’Aqualande (marques Ovive et Landvika), numéro un du secteur avec 70% de part de marché revendiqués (marques de distributeurs ­comprises).

Le saumon en eaux troubles

Pour expliquer ce vent en poupe de la truite, un coup d’œil s’impose sur le bilan comptable de son leader : ses deux marques (24% du marché générés en volume) ont affiché, l’année dernière, des progressions de leurs ventes de 34%, dont 45% pour la seule Ovive. « En période de crise, les mar­ques, qui rassurent, sont moins touchées que les MDD », constate Stéphane Dargelas (ces dernières se seraient repliées, en 2013, de 1%). La crise, justement, aurait-elle profité à la truite au détriment de son grand frère le saumon, plus cher « Certainement, poursuit le directeur marketing et commercial d’Aqualande. En période de conjoncture difficile, le désamour pour le saumon touche une large part de la population, alors que la truite séduit toujours les gens plus aisés. » Et d’ajouter : « Le reportage à charge d’Envoyé spécial, en novembre dernier, a porté un rude coup au saumon norvégien [le plus consommé en France, NDLR]. Un report des ventes s’est ensuite opéré sur le saumon bio, sur le saumon sauvage et sur la truite. » « Je ne serai pas si radicale, tempère Perrine Faille-Debbouz, chef de groupe marke­ting produits de la mer chez Labeyrie. La bonne santé de la truite ne s’est pas construite au détriment de celle, plus fragile, du saumon. Ces deux produits sont différents : le premier, plus accessible en termes de prix, se déguste quotidiennement, alors que le second se sert dans un cadre plus festif. Aussi, ils touchent des cibles de clientèles hétérogènes : la truite séduit notamment davantage de personnes âgées que le saumon [60% au-delà des 50 ans, NDLR]. »

« Filière transparente »

Le marché de la truite fumée peut également compter sur un autre levier : l’origine de sa production, l’Hexagone, soit « un argument fort qui répond aux attentes des consommateurs », soutient Perrine Faille-Debbouz. Estampillés « Origine France garantie » depuis deux ans, les produits d’Aqualande « rassurent » ses clients finaux de par cet attribut, selon Stéphane Dargelas. « Nous restons une petite filière, ajoute-t-il, ce qui nous engage à afficher, notamment en matière environnementale, une grande transparence vis-à-vis du consommateur. »

Les tendances

  • Affichant l’an passé + 6,9% en volume, la filière ne cesse de recruter de nouveaux clients finaux : 750 000 en 2013.
  • Le marché a bénéficié d’un report d’achat des habituels consommateurs de saumon, à la suite d’un reportage à charge de France 2 sur la filière du saumon norvégien.
  • Le « made in France » reste un moteur puissant des ventes.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter