Quand le salarié d'un entrepôt d’Amazon UK raconte les conditions de travail à Noël

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Horaires à rallonge, maux de dos… Un salarié du groupe détaille dans les pages du Guardian ses conditions de travail difficiles pendant la "peak season", les six semaines qui courent du Black Friday à Noël. 

Entrepot Amazon

Infiltré. Employé dans l’un des entrepôts britanniques d’Amazon, un travailleur raconte par le menu aux lecteurs du Guardian dans une série baptisée les “Amazon Diaries” son quotidien “d'extension de la machine”, où lui et ses collègues sont soumis à des “exigences de productivité herculéennes”. Exigences qui sont décuplées pendant la “peak season”, la période de six semaines qui court du Black Friday à Noël. 

Dans son dernier article, daté du 19 décembre, le salarié d’Amazon décrit la surchauffe qui s’empare des entrepôts du géant de l’e-commerce à ce moment de l’année : le lendemain du Cyber Monday, le sol de l’espace de stockage, d’habitude rangé, est jonché de paquets éventrés et de produits cassés tombés des tapis roulant circulant à très grande vitesse. Une lumière bleue clignote lorsque les employés ne travaillent pas assez vite. 

60 heures par semaine

Pour motiver ses troupes, l’e-commerçant affiche sur les murs de ses entrepôts des posters d’employées modèles, tenant leur scanette produits avec style “comme si elles posaient pour l’affiche du film Charlie’s Angels”. Amazon pousse ses équipes à “exploser les records” journaliers en offrant à ses salariés champions de la vitesse des cadeaux comme des enceintes Amazon Echo. L’entreprise propose aussi à ses collaborateurs de poster leurs photos de la “peak season” sur la page Instagram @amazonvestlife. 

Mais les salariés sont vite épuisés, souffrant de maux de dos et de poignets. Ils sont contraints de réaliser des heures supplémentaires et travaillent souvent jusqu’à 60 heures par semaine, 11,5 à 12 heures par jour. Les travailleurs à temps partiel sont fortement incités à cumuler autant de shifts que possible. Amazon recrute également en fin d’année des intérimaires pour renforcer ses équipes “qui sont moins payés et ne bénéficient d’aucun avantage”, souligne l’auteur des Amazon Diaries.

Face à ces attaques courantes contre les conditions de travail au sein de ses entrepôts, Amazon défend sa politique sociale. Le groupe souligne qu’il a créé au Royaume-Uni “25 000 emplois bien payés”. 

 

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