Marchés

La volaille à la fête

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Entier, en morceaux, cru, cuit, le poulet finit dans nos assiettes. Il bénéficie d'un effet prix - c'est la viande la moins chère du rayon - et d'une image nutritionnelle des plus saines.

Oubliées les mauvaises années de la viande blanche, le temps où pesaient sur elle les soupçons de la grippe aviaire ou la flambée des cours des céréales. « C'est une très bonne année pour la volaille, estime, ravie, Adeline Musset, chef de produit cru et élaboré de la marque Le Gaulois au sein du groupe LDC. Les consommateurs vont plus souvent en magasins et achètent davantage, environ 800 grammes en plus chaque année. » Avec 17,9 kg consommés par an et par foyer, pour un budget moyen de 123 €, selon les chiffres de Kantar Worldpanel, la volaille remporte tous les suffrages. 95,7% des foyers français en ont mangé en 2010. Dinde, canard et lapin peuvent bien pleurer, c'est le poulet qui se retrouve dans l'assiette des Français ! Et sous toutes ses formes. L'an passé, la volaille fraîche a vu ses ventes s'envoler de 6,5% en valeur, selon Kantar Worldpanel. Le cru élaboré (rôtis, brochettes...) remporte le même succès, avec des ventes en valeur qui décollent de 11%. Engouement identique pour le cuit élaboré.

La volaille, viande idéale en période de difficulté économique ? Adeline Musset en est persuadée. « Si la volaille se porte bien, c'est parce que nous sommes en période de crise, poursuit Adeline Musset. Et aussi parce que les Français retournent derrière les fourneaux. » En témoigne le bond des ventes d'abats : +15,9% en volume et +14,6% en valeur ! Rien de mieux que de faire soi-même son foie gras, c'est bien connu...

Le poulet a aussi bénéficié d'un effet prix, dû à une baisse continue des cours des céréales. En effet, à 3,60 € le kilo pour le poulet standard et 5,10 € le kilo pour le poulet label, c'est la viande la moins chère du rayon boucherie. Mais la remontée des cours céréaliers ces derniers mois risque de provoquer une hausse mécanique des prix en 2011.

En attendant, les gallinacées de toutes variétés profitent de l'attrait pour la volaille. Les poulets label Rouge enregistrent une hausse de 1,5% en volume et les certifiés de 3,8%. Le prix n'explique pas tout. Le poulet est apprécié aussi pour ses vertus nutritionnelles. Tout indiquée dans les régimes, cette viande blanche et maigre a toujours une bonne image, elle est consommable par tous et présente sous des formes variées, et permet de répondre à différents temps de consommation : plat familial, moment festif, barbecue, snacking...

 

Un produit d'appel pour la viande en grande surface

 

Poulet entier, découpe, le poulet plaît sous toutes ses formes. 49% des Français ont mangé un poulet entier en 2010 et 77% des morceaux de poulet. Le premier a vu ses ventes en volume progresser de 3,1% et atteindre ainsi le niveau de consommation de 2008. Seul hic, le marché ne se valorise pas, le rayon vivant au gré des promotions. « Les distributeurs en font un produit d'appel pour montrer aux consommateurs que la viande n'est pas chère en grande surface », estime un industriel, sous couvert d'anonymat. Sans compter la progression constante des marques propres, dont les parts de marché en volume ont bondi de plus de 9% en 2010 pour le poulet classique. Autant de facteurs - prix des céréales, montée des marques propres - qui pourraient changer la donne en 2011

Chiffres

  • 455 000 tonnes Le marché français de la volaille en volume, en 2010, à + 5,8%
  • 3,17 Mrds € Le marché de la volaille en valeur en 2010, à + 6,5%
  • 17,9 kg La consommation par foyer en 2010, pour un budget moyen de 123 €
  • + 6,5% La progression des ventes en valeur de poulet sur l'année 2010
  • + 11,1% La progression des ventes en valeur du cru élaboré (rôtis, brochettes, saucisses)
  • + 4,9% La progression des ventes en valeur du cuit élaboré (snack, confits)

Source : Kantar Worldpanel, origine industriels

LES RAISONS DE CETTE EMBELLIE

Les consommateurs achètent davantage de volaille, 800 grammes en plus cette année.

Ils ont retrouvé aussi le goût de cuisiner , les poulets prêts à cuire s'envolent, ainsi que les abats.

La volaille bénéficie d'un effet prix, le poulet devenant la viande la moins chère du rayon.

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