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Lactalis met la main sur Parmalat

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Après plusieurs mois de lutte, Lactalis rafle la majorité des sièges du conseil d'administration, avec 29 % du capital. Fin de l'histoire avec la cloture de l'OPA le 8 juillet, désormais sans surprise.

Enrico Bondi, directeur général de Parmalat, a annoncé son départ.
Enrico Bondi, directeur général de Parmalat, a annoncé son départ.© DR

Une affaire rondement menée ! Il n'aura même pas fallu attendre la fin de l'offre publique d'achat, lancée en avril et qui ne prendra fin que le 8 juillet, pour que Lactalis s'empare du pouvoir au sein du groupe laitier italien Parmalat, valorisé à 4,5 milliards d'euros.

Lors du conseil d'administration de Parmalat, qui s'est réuni le 28 juin pour son renouvellement, à Parme en Italie, le groupe familial basé à Laval a mis la main sur neuf des onze postes. Avec l'arrivée d'Antonio Sala, patron de Lactalis Italie, Daniel Jaouen, directeur général de Lactalis, et Olivier Savary, directeur financier du groupe. Parallèlement, l'assemblée a approuvé la nomination de Francesco Tato, ancien patron du groupe d'énergie Enel et candidat de Lactalis, à la présidence de Parmalat. Le directeur général devrait être nommé d'ici quelques jours, pour remplacer Enrico Bondi, qui a annoncé son départ le jour de l'assemblée générale.

« Avec ces neuf sièges, Lactalis a donc la majorité des voix et détient désormais un poids décisionnaire suffisant », explique Philippe Jaegy, vice-président de Solving Efeso. Et avec le pouvoir décisionnel au conseil d'administration, plus forcément besoin de rafler un maximum d'actions. Un bon moyen pour Lactalis, qui a réalisé, l'an passé, un chiffre d'affaires de 10,4 milliards d'euros, de ne pas trop s'endetter.

 

Propulsé au sommet de l'industrie laitière

Malgré la tentative de blocage de certains membres du gouvernement italien, les jeux sont désormais faits, même si, sur le papier, le groupe de la famille Besnier ne détient encore que 29 % du capital de Parmalat. La prochaine étape ce vendredi 8 juillet : les actionnaires qui apporteront, ou non, leurs titres à l'offre de 2,60 E par action sur 71 % du capital. Si Parmalat avait, jusqu'alors, jugé insuffisant ce prix, il n'a cependant pas fait connaître ses nouvelles prétentions et aucune contre-offre n'a émané. Cette opération va propulser Lactalis au sommet de l'industrie laitière mondiale, avec un chiffre d'affaires cumulé de 14 milliards d'euros. « Les gouvernements ont fini par se résoudre à cet accord, car il s'agit du développement d'une marque mondiale », confie Éric Toulemonde, managing director chez Rothschild, en charge des biens de consommation. Et pour ne pas se mettre la Péninsule à dos, Lactalis devrait maintenir la cotation de Parmalat en Bourse.

Pour Lactalis, mis à part le fait de prendre le leadership mondial sur le lait, cette acquisition ouvre les portes de nombreux nouveaux marchés : le Canada, l'Amérique du Sud et l'Australie. Par ailleurs, l'Italie, tout comme l'Espagne, connaît des déficits d'approvisionnement en lait, une bonne manière pour Lactalis « d'écouler » ses excédents de stocks.

Autre éventuel levier de croissance pour le futur géant du lait : l'activité de jus de fruits de Parmalat. Si cette dernière ne représente que 6 % des ventes du portefeuille en 2010, elle pourrait permettre à Lactalis de s'ouvrir à un nouveau segment ou d'utiliser cette activité conjointement avec le lait. « Il existe des passerelles entre les différents segments du lait et des jus de fruits. Il s'agit du même outil industriel, donc autant faire jouer les synergies », explique Philippe Jaegy.

Désormais, Lactalis va devoir gérer l'intégration de Parmalat au sein de son portefeuille. Si le français a l'expérience des acquisitions, il va falloir suivre les éventuels ajustements liés au respect de la concurrence. Un problème qui se réglera pays par pays dans les douze à dix-huit prochains mois.

 

LE LAIT DE CONSOMMATION S'IMPOSE

Le lait de consommation reste au coeur du business de Parmalat. L'activité jus de fruits, peu importante pour Parmalat, pourrait permettre à Lactalis de faire jouer des synergies.

 

Poids (%) des activités de Parmalat dans le chiffre d'affaires totalSource : Parmalat

Les chiffres

  • 4,3 Mrds € Le chiffre d'affaires de Parmalat en 2010 (+8,5 %)
  • 377,3 M€ Ebitda (+2,6 %)

Revenu par région

  • Italie 963,3 M€ : + 22,4 %
  • Europe 152 M€ : + 3,5 %
  • Canada 1,6 Mrd € : + 37,4 %
  • Afrique 415,9 M€ : + 9,7 %
  • Australie 742,1 M€ : + 17,3 %
  • Amérique centrale et du Sud 419,3 M€ : + 9,7 %

 

Source : Parmalat

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