Lagardère revend Doctipharma au suisse Zur Rose

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La consolidation des (para-)pharmacies en ligne se poursuit. Après le rachat de 1001pharmacies par Pharmasimple, Doctipharma rejoint le giron de Zur Rose, qui contrôle l'espagnol PromoFarma et le néerlandais Doc Morris.

Lagardère revend Doctipharma au suisse Zur Rose.
Lagardère revend Doctipharma au suisse Zur Rose.© Doctipharma

Un mois après le rachat du français 1001Pharmacies par le belge Pharmasimple, c'est au tour de Doctipharma, marketplace de produits de santé et de soins bâtie par Lagardère autour des forums de Doctissimo, de rejoindre un acteur étranger : le groupe suisse Zur Rose.

Inconnu en France, Zur Rose est pourtant l'un des leaders européens du secteur. Il contrôle notamment le néerlandais Doc Morris, qui avait en 2003 créé la jurisprudence du même nom autorisant la vente de médicaments en ligne dans l'Union européenne. Il est également propriétaire du leader espagnol PromoFarma, auquel Doctipharma va être rattaché. Dans les mois à venir, le français va en effet rejoindre la plateforme technologique de l'espagnol, afin de dégager des synergies et de forger une offre de produits élargie, susceptible de séduire davantage de cyberacheteurs. En Espagne, PromoFarma revendique 70.000 références d'hygiène-beauté de 5.000 marques, commercialisées et expédiés par 700 partenaires, à la fois pharmacies et fabricants de produits pharmaceutiques. Pour sa part, Doctipharma affiche 15.000 références d'hygiène-beauté vendues par une grosse centaine de pharmacies partenaires.

Ces deux acquisitions successives rappellent combien le secteur est encore fragile en France. Face au lobbying intense de l'ordre des pharmaciens et à une réglementation particulièrement contraignante, les pure players se sont recentrés sur la parapharmacie, allant chercher la croissance jusqu'en Chine, très adepte des marques de parapharmacie européennes. Dans l'Hexagone, la vente en ligne de médicaments sans ordonnance est autorisée depuis 2013, mais réservée aux officines (physiques) de pharmacie et, globalement, extrêmement encadrée, au point où elle empêche les acteurs français de se battre à armes égales avec leurs concurrents étrangers.

Le 5 mars, énonçant devant l'Autorité de la concurrence des pistes permettant de redonner du pouvoir d'achat aux Français, le Premier ministre Edouard Philippe a notamment indiqué vouloir assouplir les règles encadrant en France la vente en ligne de médicaments afin de faire jouer la concurrence et de faire baisser les prix. "Qui dit vente en ligne, dit plus grande transparence sur les prix. Des prix qui, pour des médicaments courants, varient du simple au triple", a-t-il affirmé, ajoutant que l'e-commerce de médicaments ne pèse que 1% du marché français contre 15% en Allemagne. "Les conditions de la vente en ligne de médicament dans notre pays apparaissent trop restrictives", a-t-il ajouté, désignant la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour mener ce chantier "en concertation avec les professionnels de santé, médecins, pharmaciens, et avec les représentants des patients".

Aucune échéance n'a cependant été annoncée. En attendant que la réglementation évolue, le secteur devrait donc continuer à se reconfigurer.

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