Larousse se lance dans les encyclopédies multimédias

Avec Kléio, sa première encyclopédie généraliste sur CD-Rom, Larousse s'attaque au trio Microsoft (Encarta), Hachette Multimédia et Encyclopaedia Universalis. Une rude bagarre en perspective.

Deux disques de 12 cm de diamètre au lieu d'une dizaine de volumes de plusieurs kilos : Larousse tente l'aventure de l'encyclopédie généraliste multimédia avec « Kléio ». Après « Encyclopaedia Universalis », Microsoft avec « Encarta » et Hachette Multimédia. Signé Larousse Multimédia (filiale de Vivendi, comme « LSA »), « Kléio » a été conçue avec Havas Interactive et bénéficie ainsi d'un « double savoir-faire », selon Jean-Paul Naddeo, directeur général de Larousse. « Elle tire parti à la fois d'un siècle d'expertise encyclopédique et des technologies d'un des leaders mondiaux du multimédia. »

Le lancement en France aura lieu mi-octobre. Avec comme objectif, ambitieux, de s'adjuger 35 % de la valeur du marché dès la première année en se hissant à la deuxième place d'un secteur dominé par Microsoft (hors vente directe, où « Encyclopaedia Universalis » excelle). « Nous n'attaquons pas ce marché comme un challenger mais comme un leader en engageant la crédibilité de Larousse », confie Jean-Paul Naddeo. « Kléio » se veut « la première véritable plate-forme encyclopédique et la plus riche base de médias en quantité et qualité ». Elle mise aussi sur la notoriété de la marque Larousse, présente dans 89 % des foyers français. La communication sera à la hauteur des ambitions de « Kléio » : 60 millions de contacts, 800 démonstrations en magasins, spots TV en novembre, PLV, marque-pages dans les ouvrages du groupe

Reste que Larousse n'arrive pas en terrain conquis. Présent dans les magasins français depuis octobre 1996, Microsoft s'apprête à lancer la version 2000 de son encyclopédie « Encarta », qui existe en 6 langues. « Nous avons acquis un savoir-faire qui nous permet d'enrichir chaque année notre produit en texte et multimédia selon les demandes de nos utilisateurs », explique Nathalie Prinet-Houairi, chef de produits.

Sur le marché depuis mars 1998 avec « l'Encyclopédie Hachette », Hachette Multimédia reste très serein. « Tout le monde travaille pour la collectivité, estime Roland Le Parc, responsable marketing. Les encyclopédies sur CD-Rom ont au moins deux belles années devant elles, avec des taux de croissance de l'ordre de 20 % en corrélation avec l'équipement des foyers en ordinateurs multimédias. « Le plan de lancement de notre version 2000 dépassera les 20 millions de francs avec une campagne qui sort du ghetto de la presse informatique pour s'orienter vers des revues grand public, car notre cible s'élargit chaque année », précise Roland Le Parc.

Un agrément pour vendre l'« Encyclopaedia Universalis »

Enfin, cette année, Microsoft et Hachette devront aussi compter avec la concurrence directe de la « bible » « Encyclopaedia Universalis », distribuée jusqu'alors par vente directe (VPC et courtage). « Nous avons pris deux décisions pour la version 5 de notre encyclopédie, dont le contenu multimédia a été très enrichi, qui paraîtra mi-octobre, explique Denis Fasse, responsable du marketing. D'une part, son prix passera à 1 497 F contre 1 980 F l'an dernier (228,22 contre 301,85 e). D'autre part, dans le but de rajeunir et d'élargir notre clientèle, nous la proposerons dans les grandes surfaces et les magasins sélectifs qui auront reçu l'agrément Universalis. » Une décision prise après un test positif de plusieurs mois dans quelque 50 points de vente (Fnac, Boulanger, Casino, Auchan ) des régions de Lille et Toulouse. Concrètement, Milledis, la filiale de distribution de l'éditeur Montparnasse Multimédia, se chargera de sélectionner, d'équiper en PLV et de former les vendeurs des magasins retenus (environ 100, dont les 53 Fnac pour l'an 2000). « Encyclopaedia Universalis », qui a écoulé 80 000 unités de sa version 4, vise 120 000 exemplaires pour la nouvelle édition, dont 10 000 en magasins.

Si le marché est porteur, la lutte s'annonce sportive pour les quatre intervenants. À court terme, comme le dit Roland Le Parc, il s'agit « de vendre un maximum de produits pour fidéliser un public qui, ensuite, rachète les mises à jour de la même marque ». Mais, à plus long terme, le marché ne permettra pas la cohabitation des quatre acteurs. « Bien sûr, Larousse jouera une carte maîtresse, prédit Pierre Raiman, PDG de Montparnasse Multimédia. Mais, malgré, et peut-être justement à cause de son prix plus élevé, la surprise peut aussi venir de l'« Encyclopaedia Universalis », dont le positionnement se démarque des trois autres, trop voisins. »

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1646

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous