Lars Olofsson succédera à José Luis Duran chez Carrefour

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ORGANISATION - En remerciant José Luis Duran, Carrefour poursuit sa réorganisation marquée par l'arrivée d'un homme de marketing de haut vol et de terrain. Les trois dernières années auront été bien plus qu'une simple période de transition.

Issu de la finance, on le disait forcément patron de transition, dès sa prise de fonction en 2005. L'entrée de Bernard Arnault et de son allié de Colony Capital, en 2007, rendait encore plus aléatoire l'avenir de José Luis Duran à la tête de Carrefour. Nommé directeur général, mais écarté du conseil d'administration depuis juillet, lui-même affirmait, au contraire, avoir les mains plus libres, puisque n'ayant plus à prendre les décisions collégialement avec le directoire. Impliqué dans une double stratégie de redimensionnement du groupe à l'international et d'affirmation de la marque - la fameuse convergence de marque -, José Luis Duran aura pourtant, en un peu moins de quatre années, profondément modifié le visage de Carrefour.

L'épine de l'immobilier

La période aura été rude, cependant, en termes de résultats. Parts de marché en montagnes russes, action en chute, échec de la stratégie sur les segments non alimentaires, difficultés persistantes des hypermarchés... « La conjoncture n'est pas pour rien dans la décision du conseil d'administration », affirme cependant une source interne. « Mais le moment était venu de nommer un nouveau dirigeant, afin de passer à une nouvelle étape dans le développement du groupe. Ce sera le cas avec Lars Olofsson, actuel numéro de deux de Nestlé, homme de produits, grand spécialiste des marchés alimentaires et du marketing de précision. » Un homme peut-être plus proche du terrain, en somme, « alors qu'on pouvait reprocher à José Luis Duran d'avoir une vision à trop long terme », estime un observateur.

Il est certain, enfin, que les divergences de vue sur la question de l'immobilier ont envenimé dès le départ les relations entre le nouvel actionnaire et le dirigeant du groupe. « Chacun a mis ensuite de l'eau dans son vin, rappelle un analyste, mais quand il y a une perte de confiance dès le départ, cela laisse forcément des traces. » Adoubé par les nouveaux actionnaires de référence et les administrateurs sous la présidence d'Amaury de Sèze, Lars Olofsson, qui prendra ses fonctions le 1er janvier, arrivera, lui, avec un vrai capital confiance. Il sera même proposé au conseil d'administration, lors de la prochaine assemblée générale d'avril 2009, renforçant au passage le poids du tandem Arnault-Colony. Outre son expertise produits, Lars Olofsson est aussi un homme de l'alimentaire. Signe que Carrefour s'apprête à tirer un trait définitif sur le non-alimentaire ?

Si tout semblait écrit d'avance, la surprise vient du calendrier. José Luis Duran pensait rester aux commandes pour assurer au moins la fin de l'exercice. « Faire cette annonce au moment où s'ouvre la période la plus importante sur le plan commercial, c'est plutôt gênant, juge un analyste. En outre, le nouveau patron, venu de l'industrie, va mettre plusieurs mois à comprendre le groupe, ce sera encore autant de temps perdu. »

On va beaucoup s'interroger, dans les semaines qui viennent, sur l'opportunité de recruter un patron de l'industrie, une vraie révolution pour Carrefour. Certains font déjà les comptes - et ils ne sont pas bons - sur ces dirigeants transfuges. D'aucuns avancent le nom de Luc van de Velde comme un précédent moyennement convaincant...

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Article extrait
du magazine N° 2067

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