LDC est confiant dans l'intégration d'Arrivé et de Marie

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Fort de la reprise de la consommation de volailles, le champion français de la volaille entame l'intégration de ses deux dernières acquisitions avec confiance. L'avenir de sa branche surgelée reste en question.

La consolidation des 247 millions d'euros de chiffre d'affaires de Marie et des 310 millions apportés par l'acquisition d'Arrivé (les Fermiers landais et leurs 99 millions d'euros de chiffre d'affaires et la Nutrition animale, 149 millions d'euros, doivent être cédés) ne se fera réellement qu'en 2011. Elle va doper le chiffre d'affaires de LDC de près de 30 %.
L'acquisition de Marie place la branche traiteur de LDC à proximité des deux leaders du marché (sans compter Herta, qui ne figure pas dans le classement du fait de l'importance de la charcuterie dans ses ventes) et dote le groupe d'une marque très forte. De quoi justifier les 70 millions d'euros investis dans Marie, contre 60 millions d'euros pour Arrivé. Deux rachats qui équivalent à une année d'autofinancement pour LDC, qui s'est réservé une ligne de crédit négociée de 60 millions d'euros, « si jamais une autre opportunité se présentait ».

Denis Lambert, le président du directoire, avait le sourire en présentant les résultats semestriels de LDC, le 25 novembre à Paris. On l'aurait à moins. La veille, l'autorité de la concurrence avait avalisé le rachat de son concurrent vendéen Arrivé, numéro quatre de la volaille en France avec 530 millions d'euros de chiffre d'affaires, aux conditions anticipées par LDC : la cession des Fermiers landais, mais aussi l'interdiction de pratiquer des accords de gamme avec les marques acquises.

Une année historique

Le patron du groupe volailler sarthois voit l'avenir avec d'autant plus d'optimisme que l'horizon s'éclaircit sur le marché de la volaille, contribuant à une nette amélioration des résultats de l'entreprise. « Nous avons enregistré quatre trimestres consécutifs de hausse de la consommation de la volaille, constate Denis Lambert, soit une croissance moyenne de 2 à 3 % qui devrait se maintenir dans les mois à venir, sachant que le potentiel reste élevé en France, avec une consommation par habitant de 25 kg, contre 50 kg en Europe. » Cette reprise de la consommation, ajoutée à la baisse des prix des matières premières et aux bonnes performances de la volaille (+ 5 %, contre + 2,1 % en moyenne pour le marché GMS) a fait remonter la marge opérationnelle de LDC à 4,2 % de son chiffre d'affaires au premier semestre de l'exercice (à fin août), contre 2,6 % un an plus tôt, et revoir à la hausse la prévision du résultat opérationnel annuel, à 80 millions d'euros.

Deux entreprises idéalement complémentaires

De quoi boucler une année historique, marquée par l'acquisition d'un autre gros morceau, Marie, le spécialiste des plats cuisinés et ses 247 millions d'euros de chiffre d'affaires. L'intégration des deux entreprises « à la complémentarité idéale pour le groupe » va faire bondir mécaniquement ses ventes de près de 30 % à l'horizon 2011, pour dépasser les 2,5 milliards d'euros. Et surtout, accélérer la mutation de LDC vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Près de 40 % des ventes d'Arrivé, soit 120 des 310 millions d'euros qui seront consolidés, sont des produits élaborés de volaille (snacks, rôtis, farcis), contre 30 % chez LDC. Côté traiteur, l'intégration sera encore plus bénéfique pour l'actuelle branche traiteur de LDC dont 62 % des ventes se font sous MDD, quand Marie réalise deux tiers de son activité sous marques nationales. Très vite, la signature Marie va couvrir les recettes développées par LDC traiteur, à commencer par les pizzas et les sandwichs. Ce glissement s'achèvera début 2011 et vise à améliorer la marge opérationnelle de la branche traiteur, qui s'établit à 1,7 % seulement, contre 4,6 % pour la volaille.

Les surgelés à travailler

Début 2011, les ventes sous marque Marie devraient dépasser les 150 millions d'euros, contre 110 aujourd'hui. Cette « griffe » est évidemment l'un des intérêts majeurs de la fusion. Avec ses 51 millions de produits vendus, ses 42 % de Français consommateurs et ses 45 % de notoriété, Marie réalise de bien meilleurs scores que Loué, malgré ses vingt ans d'existence. Un écart appelé à grandir puisque LDC veut multiplier par 2,5 le budget de communication de Marie pour le porter à 9,7 millions d'euros. « Il faut aider les commerciaux à rattraper les 1 000 tonnes de plats cuisinés perdues en 2009 », explique Denis Lambert.

Les commerciaux fusionneront avec la force de vente de LDC traiteur, avec pour mission de rééquilibrer dès 2010 le résultat d'exploitation de Marie, dans le rouge à - 2,8 millions d'euros. Ce retour passe aussi par un travail de fond sur l'activité surgelés, qui génère 55 % des ventes de Marie et l'essentiel de ses pertes. « La marque sera conservée mais pour l'outil, tout reste ouvert, y compris la sous-traitance ou la cession », précisent les dirigeants de LDC.

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Article extrait
du magazine N° 2114

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