LDC toujours plus ambitieux

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Le groupe leader de la volaille française, dont le chiffre d'affaires augmente de 8,6% sur l'exercice 2011-2012, accroît encore sa puissance sur son marché de prédilection, et entend repousser les frontières de sa suprématie jusqu'au pôle traiteur, à coups d'innovations.

Le siège social du groupe Doux, à Châteaulin, dans le Finistère.
Le siège social du groupe Doux, à Châteaulin, dans le Finistère.© DR

Accélération des ventes de volaille dans un contexte devenu difficile pour la viande blanche, et redressement progressif du pôle traiteur sur un marché dont la croissance ralentit : telles sont les deux prouesses réalisées par LDC sur l'exercice 2011-2012. Sur cette période, le chiffre d'affaires de la firme a ainsi augmenté de 8,6%, atteignant 2,77 milliards d'euros. « En cinq ans, nous avons plus que doublé notre chiffre d'affaires », se réjouit Denis Lambert, PDG de LDC. Dans le détail, c'est surtout le second semestre qui a permis de telles performances.

 

Faire passer les hausses en GMS

Les deux chantiers n'ont pas été de tout repos. Le premier semestre a, en effet, été peu dynamique pour LDC. La raison : « Nous tenions absolument à faire passer les hausses auprès de la GMS. Une revalorisation tarifaire de 2% a été acceptée sur la marque Marie, mais il aurait fallu 5%, lâche Denis Lambert. Préserver nos marges fait partie de nos objectifs. Nous visions 80 millions d'euros en résultat opérationnel courant, nous sommes, à la fin de l'exercice, à 93,4 millions d'euros. » Pour y parvenir, un recentrage des activités a été opéré sur plusieurs domaines, comme les pâtes à dérouler en hard-discount.

Sur la volaille, où le groupe réalise plus de 68% de son activité, soit un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros, LDC progresse bien plus vite que le marché, en baisse de 1,2% : + 8,9% en valeur, et 1,4% en volume, selon l'entreprise. Les escalopes milanaises à marque Le Gaulois ont enregistré les plus fortes hausses (+ 19%). L'arrivée de la marque Maître Coq sur la catégorie des poulets entiers, en ce début d'année, devrait aussi participer à sa croissance. Le léger repli du prix des céréales, qui représente environ 60% du coût de revient d'une volaille, a également profité au groupe.

 

La juste position de Marie

L'autre pôle sur lequel le groupe entend poursuivre ses efforts, c'est le rayon traiteur, encore déficitaire chez LDC, à hauteur de 5,6 millions d'euros. « Les pertes ont été divisées par quatre entre le premier et le second semestre », souligne Denis Lambert, qui prévoit un retour à l'équilibre en 2012-2013 pour cette famille de produits. Pour enrayer les - 4% en volume enregistrés par LDC, quand le traiteur est à + 2,6%, la marque Tradition d'Asie devrait proposer de nouvelles références, afin de prendre le leadership du traiteur exotique. Marie, marque acquise en octobre 2009, a le même impératif sur la catégorie des plats cuisinés. Pour y parvenir, LDC crée la gamme Juste Cuisson, qui propose, entre autres, une viande micro-ondable, dont la cuisson est ajustable selon le temps de réchauffage. Plus généralement, le groupe entend revenir en masse dans le rayon via les sandwichs, les pizzas, « et nous concentrerons aussi nos efforts sur les pâtes à dérouler », avance, sans plus de précisions, Philippe Gelin, responsable du traiteur pour LDC. Marie devra aussi faire ses preuves au rayon surgelés. Ici, les cinq salariés de la cellule de R et D, mise en place en avril 2011, ont travaillé sur un nouveau process dans la fabrication de la pâte à pizza.

 

À la conquête du far west ?

Pour étendre son domaine, les 60 sites industriels du groupe sont en capacité d'accueillir de futurs projets, et les nouveaux marchés possibles sont examinés à la loupe. Numéro trois en Pologne, le groupe sarthois vise un autre marché européen, dont le nom reste secret. En France, le leader de la volaille lorgne son voisin Doux, en grande difficulté,et pourrait faire du Grand Ouest un terrain conquis.

Chiffres

2,77 Mrds € Le CA total, à fin 2011,soit une progression de 8,6% (+ 2,1% en volume)

Source : LCD

 

2012-2013, encore plus de croissance

  • 2013 doit être synonyme du retour à l'équilibre pour le pôle traiteur. Pour y parvenir, les innovations déferlent (création de la cellule R et D sur le traiteur en 2011), soutenues par un budget média en nette hausse pour 2012-2013 (plus de 10 M €, contre 7,8 M € pour l'exercice 2011-2012)
  • Le groupe martèle vouloir préserver ses marges, la nouvelle hausse du prix des céréales est donc vue d'un mauvais oeil
  • Son ambition sur le marché français et européen est réelle. Après l'Espagne et surtout la Pologne (numéro trois sur ce marché), LDC devrait s'ouvrir à un autre pays « où la population est nombreuse et la grande distribution bien implantée », distille le PDG Denis Lambert, en gardant secret le nom dudit pays

 

Les faits marquants en 2011-2012

  • La revalorisation tarifaire, passée en partie sur la marque Marie, et la baisse temporaire du prix des céréales, ont permis à LDC de gagner des parts de marché sur la volaille 
  • L'abandon de domaines où les hausses n'ont pas été consenties pour conserver les marges 
  • Le redressement progressif de la marque Marie en frais et en surgelés (offres innovantes, frein sur les promotions) 
  • Maître Coq (ex-société Arrivé) arrive sur le segment des poulets entiers pour la première fois en GMS

 

Doux au bord de la faillite

Pour le volailler, numéro un sur le marché européen (1,4 Mrd € de CA en 2011), et deuxième sur le marché français, avec la marque Père Dodu, en grande difficulté, deux solutions se profilent : Barclays, le principal créancier, pourrait transformer sa créance de 140 M € en capital. Pour combler la dette (environ 437 M €, selon la CGT), l'investissement de fonds complémentaires serait nécessaire. L'autre issue serait le dépôt de bilan. Après le désengagement de Doux au Brésil, annoncé le 23 mai, JBS, leader mondial des volailles, a accepté de louer les usines implantées là-bas, mais n'a pas repris la dette du groupe, plongeant le volailler breton en mauvaise posture. Le lendemain, deux dirigeants sont remerciés. Guy Odri, directeur général délégué depuis 2003, cède sa place à Jean-Charles Doux, jusque-là directeur de la filiale Père Dodu et fils de Charles Doux, actuel président. Le secrétaire général, Herick Pinguet, aurait aussi été suspendu de ses fonctions, selon les Échos. LDC s'est déclaré intéressé par les activités du groupe pour le marché français, et non pour la partie export (notamment vers les pays arabes). Le sort de Doux devrait être fixé cette semaine, selon le Comité interministériel de restructuration industrielle, en charge du dossier.

 

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Article extrait
du magazine N° 2230

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