LDLC rachète Materiel.net pour s’imposer dans le high-tech

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Le projet de rachat de 100% du capital de Materiel.net par LDLC pourrait faire émerger un puissant acteur sur le marché du high-tech, avec des appuis tant dans le monde physique que sur le digital.

Laurent de La clergerie

Ce rapprochement sonne comme un message à destination des distributeurs spécialisés. Le groupe LDLC a bien l’intention d’être de ceux qui comptent durablement sur l’échiquier du high-tech. Entré en négociations exclusives avec la société Domisys, le 7 décembre, LDLC s’apprête, en effet, à mettre la main sur son concurrent historique, Materiel.net. Une annonce qui tombe à peine quelques semaines après l’offre de rachat de Fnac sur Darty, et quelque temps après que Rue du ­Commerce est tombé dans l’escarcelle de Carrefour, et encore après que GrosBill et Pixmania ont été rachetés par l’allemand Mutares.

De multiples synergies à faire valoir

Pour Laurent de La Clergerie, président-fondateur du Groupe LDLC, c’est une question de contexte, mais aussi de timing : « Cela fait dix ans que nous discutions d’un éventuel rapprochement avec Materiel.net, nous étions les deux derniers indépendants du web spécialisés dans le high-tech. La consolidation, ces derniers temps, du secteur a accéléré notre conviction de nous allier. C’est le bon moment. » D’autant que le futur couple a des arguments à faire valoir face à une concurrence bien plus solide qu’il y a encore quelques mois en arrière.

Les synergies possibles entre les deux entreprises sont multiples. Tout d’abord, LDLC étant plus gros que Materiel.net, il bénéficie de conditions d’achats plus avantageuses que ce dernier et pourra donc lui en faire bénéficier. Une fois réunies, les deux entités auront encore plus de poids, et négocieront bien davantage auprès des fournisseurs pour obtenir des conditions tarifaires plus favorables. « Nous serons ainsi plus compétitifs et donc mieux positionnés aux yeux de nos clients », assure Laurent de La Clergerie. Aussi, l’offre produits étant plus large chez LDLC que chez Materiel.net – 30 000 références pour le premier contre 11 000 pour le second –, ce dernier devrait bénéficier d’une offre élargie. L’enjeu étant de trouver le point d’équilibre dans l’assortiment afin de ne pas brouiller les positionnements respectifs des deux enseignes.

Enfin, disposant chacun d’un entrepôt, les stocks seront mutualisés pour plus d’agilité à la fois sur la disponibilité des produits et pour leur livraison.

Une fois cumulés, les chiffres d’affaires des deux enseignes donneraient naissance à un groupe générant près de 500 millions d’euros par an. Peu d’e-marchands peuvent se prévaloir d’un tel niveau d’activité et de croissance 2015 (+ 11,4 % pour LDLC au premier semestre, + 12 % pour materiel.net).

Capitaliser sur les magasins

Aussi, le président-fondateur de LDLC a-t-il bien l’intention de capitaliser sur leurs points de vente respectifs aux localisations très complémentaires, comme leviers de croissance durable (12 pour LDLC, 10 pour Materiel.net). « Nous avions pour objectif d’en ouvrir 40 d’ici à 2018, détaille Laurent de La Clergerie. Désormais, notre objectif est d’en détenir 100 d’ici à 2021, et de doubler notre chiffre d’affaires dans la foulée. » Soit près de un milliard d’euros. S’agissant des magasins, rien n’est gravé dans le marbre, mais le jeune patron a sa petite idée sur leur avenir. « Positionner l’enseigne Materiel.net un peu plus “retail” que LDLC, un peu comme l’enseigne Boulanger. » Le message à l’intention de la distribution spécialisée est clair, à l’avenir, il faudra compter encore plus avec LDLC. 

Les chiffres

  • 500 M€ : le CA cumulé estimé en 2015
  • Objectif à 2021 : doubler le chiffre d’affaires
  • 100 points de vente d’ici à 2021
  • Modalités Acquisition réalisée par échange de titres et en cash avec une augmentation de capital qui ne dépasserait pas 10%
  • 285,7 M€ : le CA de LDLC en 2014-2015 + 12% vs 2013-2014
  • 480 collaborateurs
  • 12 points de vente en franchise
  • 150,5 M€ : le CA de Materiel.net en 2014
  • + 13% vs 2013
  • 200 collaborateurs
  • 10 points de vente en France

Sources : LDLC, Materiel.net

« Nous étions les deux derniers indépendants du web spécialisés dans le high-tech. La consolidation du secteur a accéléré notre conviction de nous allier. C’est le bon moment. »

Laurent de La clergerie, président fondateur du Groupe LDLC

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Article extrait
du magazine N° 2392-2393

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