Le bazar discount prend corps dans l'île de Beauté

Longtemps absents du paysage commercial corse, les GiFi, Foir'fouille et autres Casa multiplient les ouvertures. Ils s'imposent sur un marché jusque-là détenu par les hypermarchés.

Un GiFi ouvert en juin 2000 à Corte, en Haute-Corse, un autre le mois suivant à Propriano, en Corse du Sud Cinq ans après l'ouverture de son premier magasin à Ajaccio-Rocade, l'enseigne de bazar est aujourd'hui à la tête de 8 unités pour une surface totale proche de 8 000 m2. Et ce n'est pas fini : un neuvième point de vente devrait ouvrir au début de l'été à L'Île-Rousse, en Balagne (dans la région de Calvi).

Dominique Demedardi, 34 ans, est l'heureux propriétaire de ces magasins franchisés. Mais, malgré ses 15,2 millions d'euros de chiffre d'affaires, il reste modeste : « Ma chance est d'avoir trouvé la bonne enseigne au bon moment, explique-t-il. Les responsables de la centrale ont su me faire confiance et me soutenir. Aujourd'hui, je profite d'une place de leader mais je dois encore conforter cette position. »

Longtemps, le marché corse a semblé être ignoré par les marques nationales. Aujourd'hui, la tendance s'inverse. « Ce n'est qu'une question d'hommes, analyse Marius Vendasi, propriétaire de 2 magasins La Foir'fouille, à Biguglia (900 m2) et à Ajaccio (720 m2). Les études menées par ma centrale avant de m'accorder une franchise prouvaient que le marché corse est porteur, encore faut-il parvenir à s'y développer. »

Après trois années difficiles, où il lui a fallu découvrir un secteur et même un métier (il était dans le bâtiment avant de se lancer dans le bazar discount), Marius Vendasi a su trouver ses marques, et ouvrir un second magasin à Ajaccio. « Mais je préfère me développer lentement en pérennisant chacun de mes investissements », explique-t-il.

Son contrat de franchisé indépendant l'amène à chercher par ses propres moyens des fournisseurs tant au niveau local que sur le continent ou à l'étranger. « J'achète à ma centrale principalement les publicités qui me semblent adaptées au marché local. Pour le reste, je me débrouille et, bien entendu, je suis livré franco de port à Marseille. Je subis donc le surcoût du transport. » Malgré tout, avec un chiffre d'affaires de 2,6 millions d'euros, Marius Vendasi s'estime, dans une logique de développement et envisage d'ouvrir à court terme au moins deux petits magasins de proximité dans des zones rurales de l'île.

Le marché continue de se développer

Dominique Demedardi, de son côté, reconnaît que le fonctionnement de la centrale GiFi lui convient parfaitement : « Mon enseigne me livre en totalité, prenant en charge le transport jusqu'aux magasins. Et c'est cette réactivité qui fait sa force. » Chaque semaine, les livraisons tiennent compte de la demande de la clientèle. Les ajustements sont constants et les ventes conséquentes, très certainement dopées aussi par la politique d'ouverture le dimanche pratiquée par l'enseigne.

Le marché continue donc de se développer : la direction de la concurrence l'estime au total à quelque 23 millions d'euros. L'offre est très vaste et touche toute la population insulaire. Avec seulement quatre enseignes de grandes surfaces alimentaires - Carrefour, Géant, Système U et Monoprix -, la présence du discount bazar dans l'île semble donc répondre à une demande spécifique des Corses dans ce secteur.
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Article extrait
du magazine N° 1715

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