Marchés

Le bio, clé d'entrée du commerce équitable

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Alors que le commerce équitable poursuit son essor en France en 2015, la part de la grande distribution dans les produits équitables a peu évolué. À l’inverse, celle des boutiques bio monte en puissance.

Caddy

Même en période de crise, la consommation responsable reste un facteur d’attractivité. Preuve en est, le commerce de produits équitables a crû de 17,5% en 2015, à 663,8 millions d’euros, selon les données publiées à l’occasion de la Quinzaine du commerce équitable (14 au 29 mai) par la Plate-forme pour le commerce équitable (PFCE). Des ventes réparties à hauteur de 555 millions d’euros (+ 11,5%) pour le commerce des pays du Sud vers ceux du Nord, et de 108 millions d’euros pour celui des pays du Nord vers le Nord. « C’est la première année que les données prennent en compte les ventes Nord-Nord, issues d’un commerce avec des producteurs sur le territoire français », indique Julie Stoll, déléguée générale de la PFCE. D’où un dynamisme accentué, même si la croissance perdure depuis plusieurs années puisque, sur la période 2012-2015, le secteur de l’équitable au global affiche une croissance de 72%.

Les produits alimentaires dominent toujours, à 91,78%. Avec une suprématie des boissons chaudes, du chocolat, des biscuits et des fruits. En non-alimentaire, le textile et la cosmétique sont en forte progression, avec respectivement 20,6% et 17,7% des ventes totales, le reste se répartissant entre les fleurs, l’artisanat et le tourisme. Autre tendance, la convergence de plus en plus forte avec le bio. Depuis 2012, les produits bio­équitables dans les ventes de produits issus du commerce équitable Sud-Nord sont en constante augmentation, et 100% du commerce équitable Nord-Nord est bio. « 71,2% des produits équitables Sud-Nord sont bio, contre 63% en 2012, note Julie Stoll. Cette convergence répond à la demande des consommateurs et aux besoins des producteurs en leur permettant de se positionner sur des marchés complémentaires. »

Les Français en dixième position

La croissance est, d’ailleurs, tirée par les enseignes bio, qui représentent 22,6% des débouchés, contre 15,6% en 2012. Parmi elles, Naturalia, Bio c’Bon, Les Nouveaux Robinson ou Biocoop. « En plus d’être 100% bio, Biocoop a pris l’engagement d’être 100% équitable sur les filières riz, cacao, thé et café », souligne Julie Stoll. À l’inverse, la GMS qui pesait 41,89% des débouchés en 2012, n’atteint que 43,4% en 2015. « Elle a une attitude attentiste », observe Julie Stoll. Mais avec de belles initiatives. « Système U a remplacé ses roses par celles issues du commerce équitable, constate Dominique Royet, directrice générale de Max Havelaar France. C’est un signe fort, même si Carrefour reste l’enseigne qui propose et vend le plus de produits équitables. » Avec une jolie marge de progression pour les consommateurs français qui, avec un panier moyen de 9,96 € par habitant et par an, se situent en dixième position, loin derrière les Suisses sur la première marche du podium, avec 58 € dépensés en moyenne par an et par habitant. Pourtant les Français plébiscitent la démarche. C’est ce que révèle un sondage OpinionWay/Max Havelaar d’avril selon lequel 94% de nos ­compatriotes trouvent important que leurs achats garantissent un juste prix pour le producteur.

Communiquer sur le prix juste

« C’est une préoccupation croissante des Français qui veulent donner du sens à leurs achats. Communiquer sur le prix juste permettra de faire progresser le panier moyen », déclare Dominique Royet. Pour Max Havelaar France, les produits labellisés issus de 192 entreprises ont pesé 442 M€ en 2015, à + 13% vs 2014. Avec des industriels plus engagés à l’instar de Malongo ou de Lobodis, premier torréfacteur français à avoir proposé, en 1993, des cafés équitables labellisés Max Havelaar. La PME bretonne a choisi d’aller au-delà des exigences des principaux labels produits avec une démarche responsable Act&Respect. « Nous voulons revisiter la filière café à travers la mise en place d’un écosystème répondant à cinq enjeux transversaux : Éthique et respect des personnes dans les pratiques, Respect de l’environnement et optimisation des ressources naturelles, Pérennisation de l’activité caféière, Valorisation des produits et des savoir-­faire, Développement des territoires et des circuits courts », énumère son directeur général, Franck Delalande. Pour cela, Lobodis a imaginé une charte basée sur des critères obligatoires et de progrès. La mise en conformité pour les producteurs et partenaires s’établira sur trois ans avec un plan de développement adapté, de l’accompagnement et un rapport annuel pour faire état des progrès réalisés. « Cette démarche concerne 14 pays, environ 35 producteurs et 70 000 personnes au total. L’objectif est de faire rimer performance économique et démarche sociétale », conclut Franck Delalande.

« Système U a remplacé ses roses par celles issues du commerce équitable. C’est un signe fort, même si Carrefour reste l’enseigne qui propose et vend le plus de produits. Une grosse partie de la croissance de l’équitable en GMS repose sur la banane, dont les ventes ont progressé de 34% en valeur. »

Dominique Royet, directrice générale de Max Havelaar France

Les chiffres

  • 91,7% : la part de l’alimentaire dans le commerce équitable Sud-Nord
  • 71,2% : la part du bio dans le commerce équitable Sud-Nord, à + 1,2 % vs 2014

Source : FCPE

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