Le bio, tous convertis !

Le bio, tous convertis !

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DossierDOSSIER Les années passent et tout continue à sourire au bio. Le marché, tous circuits confondus, a enregistré un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros en 2015, en progression de 10% versus 2014, selon l’enquête menée en janvier et décembre 2015 par l’Agence Bio / CSA auprès de 500 personnes.

Fruits
Fruits© Aleksandar Mijatovic - Fotolia.com

Selon cette étude, 90% des personnes interrogées déclarent consommer du bio de manière occasionnelle au cours de l’année (versus 75 % en 2014), et 65% au moins une fois par mois (versus 49% en 2014). Ils ne sont donc plus que 11% à être non- consommateurs, contre 25% en 2014. « En 2015, nous avons connu un record d’acheteurs et de consommateurs de bio. Ce marché concerne toute la population. L’image et les perceptions changent dans l’esprit des Français, car les principes de cette agriculture sont de mieux en mieux connus », indique Élisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio. Et si le segment touche désormais une grande part de la population en 2015, il ressort cependant un profil type : principalement une femme (55%), de 48 ans en moyenne, avec des enfants (48%), selon une enquête réalisée par Senseva et Opinionway pour Organics Cluster et Cosmébio, du 2 au 14 février 2016, auprès de 1 076 personnes. Au niveau ­géographique, 25% des consommateurs de bio habitent dans le Sud-Est, 22% dans le Nord-Ouest, 21% en Ile-de-France, 21% dans le Nord-Est et 11% dans le Sud-Ouest.

Fort intérêt pour la MDD bio

Les Français se tournant vers ces références ont des motivations de plus en plus fortes. Ils sont à la recherche de sens, de valeur, de ­qualité et de proximité. Les convertis – 50% achètent du bio depuis moins de cinq ans – sont persuadés que c’est une alimentation meilleure pour leur santé (89%) et une solution d’avenir face aux problèmes ­environnementaux (78%). Plus qu’une simple consommation, le bio est devenu une habitude, un réflexe du quotidien. L’étude de l’Agence Bio révèle que les adeptes n’achètent plus, à 47%, tout à fait les mêmes produits qu’avant. Selon Organics Cluster, 48% affirment cuisiner eux-mêmes et 26% achètent surtout des produits non transformés et privilégient le frais. Seulement 10% se rendent dans des fast-foods.

Par ailleurs, le choix des marques en bio n’est pas le même que pour le conventionnel. Alors que les marques de distributeurs reculent en traditionnel, 31% des consommateurs se tournent vers les MDD pour le bio, 32% sur des griffes spécifiques, à l’instar de Jardin bio’, Priméal, 20% sur le vrac, et 13% sur les marques nationales avec des références bio comme Puget, Knorr, Candia… Si la clé d’entrée du bio se fait par l’alimentaire, les « convertis » s’ouvrent désormais à d’autres catégories. Ils sont plus nombreux que la moyenne à acheter de l’entretien ménager, des cosmétiques et de l’hygiène bio, des produits de jardinage, mais aussi du ­textile.

Adapter les canaux de distribution

Pour dynamiser encore le marché, industriels et distributeurs doivent prendre en compte les attentes des clients. Car 63% des Français achèteraient plus de produits bio si les prix étaient moins élevés, 55% si les références étaient davantage locales, et 11% si elles étaient de saison (Organics Cluster). De plus, ils souhaitent une plus grande offre en GMS (69% des sondés), dans les magasins bio (24%), sur internet (17%) et via le drive (5%), selon l’Agence Bio. À l’avenir, le rythme d’achat devrait progresser. Car 27% des consommateurs comptent accroître le budget alloué à ce poste, 70% pensent le maintenir, et 3% le diminuer.

Alors, quel est avenir du bio ? Organics Cluster, le réseau des entreprises bio en Rhône-Alpes, élabore différents scénarios à l’horizon 2025 : le « bio partagé » sera en extension et en ­compétition économique avec le conventionnel ; le « bio gagnant » aura convaincu le plus grand nombre, avec des aides publiques et des acteurs fédérés ; le « bio business », avec le développement de l’offre en GMS, et une domination des MDD. Enfin, le « bio dilué » aura été conc­urrencé sur son propre terrain, avec une amélioration de l’offre du conventionnel, l’apparition d’éventuels scandales alimentaires et une diminution des surfaces agricoles bio. Le scénario le plus plausible à l’heure actuelle ? Le « bio partagé ».

Mais il faudra innover, même sans les moyens financiers des grands groupes, renforcer le réseau sélectif pour gagner en crédibilité, sécuriser les approvisionnements, prévenir d’éventuelles crises et savoir y répondre. Vigilance, donc, car les Français font confiance aux marques (82%), et une crise sanitaire serait dévastatrice. « Il faut garder un rythme accru de contrôles sur les produits afin d’éviter le scénario noir. On peut s’attendre à une concentration des acteurs, car le marché attire des investisseurs financiers et coopératifs. L’avenir sera sous le signe de la croissance, mais peut-être pas aussi forte que ces dernières années », assure Benoît Soury, directeur général de La Vie claire. En attendant, l’heure est au développement et à la consolidation du marché.

Le contexte

  • Le marché touche 90% des Français, qui affirment avoir consommé du bio au cours de l’année.
  • Les adeptes ont confiance dans ses marques et produits.
  • Les filières se développent pour créer une autosuffisance.

Les chiffres

  • 5,5 Mrds € : le CA du bio en France (tous circuits confondus) en 2015, + 10% versus 2014
  • 1,3 M d'hectares : la surface bio en 2015 en France soit à + 17% versus 2014
  • 65% : la part des Français qui ont consommé du bio en 2015, versus 49 % en 2013 et 2014
  • 11 % des Français ne consomment pas de bio versus 25% en 2014

Qui sont les acheteurs du bio en 2016 ?

  • 55% des consommateurs de bio sont des femmes
  • 48,8 ans d’âge moyen pour les consommateurs
  • 40% sont inactifs (31% des CSP + et 29% des CSP -)
  • 48% des clients ont des enfants (48 % n’en ont pas)
  • 25% sont en région Sud-Est (22% dans le Nord-Ouest, 21% en Ile-de-France, 21% dans le Nord-Est et 11% dans le Sud-Ouest)
  • 48% des consommateurs de produits bio pratiquent une activité hebdomadaire de plein air
  • 44% font du sport (collectif ou individuel) de manière hebdomadaire

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Article extrait
du magazine N° 2413

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