Marchés

Le bloc-notes du rédacteur en chef

MICHEL BIERAUD  LIDL
MICHEL BIERAUD LIDL© © lætitia duarte

La bio, victime de son succès

La bio est un vrai phénomène en France. Une tendance de fond dont nous avons pris la mesure chez Lidl, avec l’installation de corners dédiés. À ce jour, 1 500 corners au rayon « sec », comptant 24 produits au total, ont été mis en place mais seulement 800 pour le frais, qui proposent, eux, 22 produits. La demande est là. Le problème, ce sont les volumes ou plutôt l’absence de volumes suffisants pour répondre à la demande. Et, avec elle, la question du développement des filières, comme dans le concombre, par exemple. En cela, on peut dire que la bio est déjà victime de son succès.

 

Les MDD et rien d’autre

Les MDD représentent 90% de notre assortiment, contre 10% pour les grandes marques. Cet équilibre n’a pas vocation à bouger. Je peux affirmer qu’avec un tel assortiment (1 650 références), nous couvrons l’ensemble des besoins. Tout le monde devrait acheter des MDD. Je ne vois pas pourquoi il faudrait dépenser deux fois plus pour une marque. Rien ne justifie les écarts de prix. Et, en aucun cas, la qualité !

 

La bonne formule pour le non-alimentaire

Si le non-alimentaire va mal en GMS, c’est, à mon sens, simplement parce que les distributeurs le travaillent mal. Chez nous, cela fonctionne très bien. Cette activité suit la dynamique de l’enseigne, soit une croissance à deux chiffres. Notre positionnement est simple : faire des coups, répondre à cette envie des Français de trouver la bonne affaire. Nos opérations éphémères du lundi et du jeudi sont à ce titre de vrais rendez-vous pour nos clients. L’une de nos meilleures ventes ? Un hachoir à 9,99 €, qui s’est écoulé à 250 000 exemplaires en quarante-huit heures.

 

Le terroir, un atout maître

Comme le bio, c’est une vraie tendance de fond, à laquelle nous entendons répondre de plus en plus. Il y a deux ans, nous avons lancé la gamme Saveurs de nos régions, qui englobe 100 références. L’objectif est d’élargir cette offre, en ajoutant 100 références d’ici à deux ans. Nous avons la chance d’être en France, au pays de la gastronomie. Mais comme nous ne mangeons pas la même chose en Alsace et en Bretagne, nous avons développé – et allons le faire plus encore à l’avenir – un assortiment régional. Par exemple, la choucroute est proposée toute l’année en Alsace, mais seulement quatre fois par an en Bretagne.

 

Les produits « sans », une niche à exploiter

Ce n’est pas encore une priorité mais nous regardons ces marchés de près. En Allemagne, il existe déjà une gamme complète de produits sans gluten et sans lactose. Plus globalement, la nutrition est une vraie préoccupation pour Lidl. La preuve, j’ai fixé à mes équipes l’objectif de réduire de 20% la teneur en sel et en sucre de tous nos produits à l’horizon 2020.

 

Mobilisation contre le gaspillage alimentaire

Toutes les initiatives contre le gaspillage alimentaire menées par les distributeurs (comme les Fruits et légumes moches d’Intermarché ou Tous antigaspi de Carrefour), je trouve ça top ! Nous sommes face à une réalité : nous ne pouvons plus nous permettre de jeter autant. C’est à la fois une aberration écologique et économique. De notre côté, nous avons récemment mis en place une opération qui connaît un gros succès. Le principe : vendre à 1 € une cagette de 5 kg de fruits et légumes qui ne peuvent plus être proposés à la vente séparément. Sachant que la moitié est reversée aux Restos du cœur, je vous laisse imaginer le montant qui sera récolté… Nous avons aussi décidé de vendre le jour de la DLC les barquettes de viande, de volaille et les produits frais à 0,50 €. Ce n’est que le début des solutions que nous souhaitons mettre en place. D’autant que tout montre que ce sont des modèles vertueux où tout le monde est gagnant.

 

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