Le bonheur vite fait, bien fait

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epicerie HD.jpg© © hervé pinel

Dans un contexte de crise, les Français demandent à être courtisés, mais aussi guidés, orientés, assistés. Les acteurs de l’épicerie salée l’ont fort bien compris, et se plient à l’exercice avec délectation. Dans l’univers de l’appertisé, D’Aucy, par exemple, explique à ses consommateurs ­comment cultiver leur jardin à travers son Concours potager, et leur propose des recettes à base de conserve avec la contribution de grands chefs. Les acteurs des pâtes travaillent quant à eux sur les associations pâtes et sauces pour offrir différentes recettes et donner des idées au public.

Les industriels surfent ainsi sur l’engouement toujours plus important des Français pour la cuisine et le fait-maison et cherchent à partager la vision d’une cuisine simple à partir d’ingrédients de qualité. Les références proposées sont plus brutes, comme dans la nutrition infantile, pour encourager les parents à participer et s’impliquer davantage.

Même dans les plats cuisinés, les clients sont invités à se les réapproprier avec des emballages qui suggèrent les modes de préparation plus que les modes d’usage. L’idée est de casser l’image industrielle au profit de la naturalité, qui bat son plein. Les marques mettent en avant des recettes débarrassées d’agents chimiques agressifs, sans huile de palme, sans sucre… Les promesses santé se multiplient, avec le sans-gluten chez Barilla ou, chez Tramié, avec le lancement d’une huile d’olive vierge extra oméga 3 enrichie d’une molécule DHA, censée apporter des renforts aux niveaux de la vision, du cerveau et de la partie cardiovasculaire. Les marques se font ainsi fort de soigner les corps, mais aussi les esprits, sans oublier, évidemment, de faciliter la vie des consommateurs. L’accessibilité, la rapidité et la praticité dominent, à travers, par exemple, des bouchons propres, des produits à cuisson rapide ou encore des spaghetti en nids pour éviter de déborder des casseroles. La moutarde, de son côté, met de la couleur dans ses offres et, dans les chips, l’allemand Vico nous apprend à lâcher prise avec sa Vicothérapie. Voilà que l’épicerie salée promet le bonheur à ses clients. Avec des petites joies simples, comme celles de l’apéro, qui continuent d’afficher des taux de croissance insolents. Elle est pas belle la vie ?

Sylvie Lavabre

 

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Article extrait
du magazine N° 2334

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