Le bricolage tchèque, chasse gardée des Allemands et des Autrichiens

Les Tchèques, dont un ménage sur sept possède une résidence secondaire, sont des passionnés de bricolage et de jardinage. Par goût ou par nécessité, la pénurie de services et de matériels sous le communisme leur a enseigné à faire beaucoup par eux-mêmes. Ils ont dépensé en 2000 environ un milliard d'euros en matériels divers. Avec près de cent magasins, davantage que d'hypermarchés, pour une surface totale de 350 000 m2, les grands distributeurs spécialisés détiennent plus de la moitié du marché, les grandes surfaces généralistes et le petit commerce se partageant le reste.

L'Autrichien Baumax, pionnier du grand magasin de bricolage en République tchèque, et l'Allemand Obi (groupe Tengelmann), leader du marché, assurent les deux tiers du chiffre d'affaires des six spécialistes présents dans le pays. Numéro un allemand, Obi qui a ouvert en mai dernier son 15e magasin tchèque - le 5e à Prague -, attire le chaland grâce à une offre diversifiée (60 000 références) sur une surface moyenne de 7 500 m2. Prévoyant de doubler le nombre de ses magasins dans les cinq ans à venir pour atteindre sa taille définitive, trois autres ouvertures sont prévues en 2001. En revanche, avec 20 unités (22 d'ici à la fin de l'année), Baumax, l'enseigne la plus connue spontanément des consommateurs mais seconde en préférence et en chiffre d'affaires, offre depuis 1991, 35 000 références sur une surface moyenne de 5 000 m2. Trois autres spécialistes allemands et un distributeur privé tchèque se disputent le dernier tiers du chiffre d'affaires des grandes surfaces de bricolage. Le dernier arrivé sur la scène tchèque, Hornbach, qui a ouvert depuis 1998 trois magasins - les plus grands du segment avec 14 000 m2 de surface marchande pour 70 000 références - occupe le troisième rang en chiffre d'affaires (60 millions d'euros). Il devance ainsi Baumarkt du groupe Globus (hypermarchés) qui dispose de 9 magasins depuis l'ouverture du premier à Brno en 1996. Le dernier Allemand, Bauhaus, avec 4 magasins dont deux à Prague, est devancé par le Tchèque Mountfield. Davantage spécialisé dans le jardinage, ce dernier compte, après dix ans d'existence, 43 points de ventes, soit un dans chaque ville de moyenne importance. Bien connu du public local grâce à ses traditionnelles campagnes publicitaires de printemps, il jouit de la meilleure image pour la qualité de ses services et de son personnel. Les différentes enseignes de bricolage comptent poursuivre de manière soutenue leur expansion dans les cinq prochaines années.

La croissance du chiffre d'affaires enregistrée à la fin de la décennie écoulée - doublement entre 1998 et 1999 - ne devrait plus se répéter, mais une progression à deux chiffres est attendue pour les prochaines années. Les dépenses moyennes atteignent déjà les 30 euros, un quatorzième du salaire moyen.
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Article extrait
du magazine N° 0057

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