Le campeur s'embourgeoise

|

ENQUÊTE - Les campeurs sont multiples dans leurs profils et leurs attentes parfois dichotomiques. Les uns s'embourgeoisent dans les campings trois ou quatre étoiles. Les autres, nouvelle espèce en voie de développement, poursuivent les étoiles de l'art dans les festivals.

Alors que les « juillettistes » ont déjà entamé leur transhumance estivale, les réservations enregistrées pour l'été confirment le succès grandissant des emplacements dits « locatifs » - c'est-à-dire dotés d'un logement de type bungalow, chalet ou mobile home -, au détriment du brave carré de pelouse où l'on plante sa tente. De même, les campeurs plébiscitent les services et équipements haut de gamme pour s'assurer un confort qui n'a pas toujours été inhérent à ce mode d'hébergement.

Une population rajeunie

Les vacances en camping ont longtemps été synonymes de séjours économiques, en famille et à la bonne franquette. C'est encore vrai, mais la description est désormais réductrice. « J'aime le camping mais le vrai, pas le déménagement du mois d'août dans un HLM-caravanes », s'insurge Anne, une Parisienne âgée de 25 ans. Si les campings étaient remplis de tentes il y a quelques années, près de un emplacement sur cinq est aujourd'hui équipé d'un mobile home. Et c'est sans compter avec les autres habitations en dur. Le nombre de terrains détenteurs de une ou deux étoiles diminue au profit des emplacements de standing supérieur. On trouve même des cybercampings dotés d'une couverture wifi accessible depuis tous les emplacements.

En fait les campeurs - donc les campings - ont entamé leur mutation depuis des années, et celle-ci continue de s'accélère. « Il y a quinze ans, la clientèle avait vieilli, mais elle se renouvelle, en particulier grâce à des vacanciers de 20 à 30 ans qui viennent en célibataires, en couples, avec ou sans enfants », confirme Olivier de Silans, directeur général de Campingaz.

Parallèlement à ce rajeunissement des troupes ont émergé une envie de confort et des exigences nouvelles chez les campeurs de tous âges et de toutes catégories sociales. Frédéric, informaticien de 35 ans, a passé l'été dernier trois semaines dans un chalet au coeur d'un camping trois étoiles à Anduze, dans le Gard. « Nous cherchions un endroit confortable qui se situe dans un cadre plutôt familial et naturel pour nos deux enfants qui aiment partir se balader sans nous. Il nous fallait un lieu calme pour nous reposer et un joli site un peu sauvage mais pas isolé de tout ; ce mode d'hébergement remplissait toutes les conditions. »

Du calme mais pas trop, un zeste d'aventure mais la sécurité... Les ambivalences des campeurs sont sans limites. Que dire alors des différences entre sédentaires, nomades ou festivaliers ! « S'il a besoin d'un réchaud pour préparer ses repas, le campeur sédentaire veut un modèle qui lui permet de faire des grillades, des saucisses ou du poisson tout en possédant des rangements et une bonne autonomie. Le nomade recherche un modèle simple et léger dont il ne se sert que pour le petit déjeuner, tandis que le globe-trotteur privilégie un appareil qui dispose d'une connexion internationale », remarque Olivier de Silans.

 

Cohabitation de profils très variés

Rien que chez les sédentaires, des profils très variés se côtoient. Certes, on croise au détour des allées les fameux « bobos », mais ils ne sont pas les seuls à préférer les plaisirs du bungalow aux joies de la tente. On peut toujours y rencontrer Ginette et Bernard, pastis en main, pliants déployés près de la glacière alors qu'ils font la pause entre deux parties de pétanque. Entre Ginette, le bobo de service et le couple d'étudiants, il y a tout un petit monde cosmopolite qui cohabite le temps des congés payés.

 

La tente sous toutes ses formes

« Notre clientèle est constituée de plusieurs types de campeurs. Il y a les randonneurs, des radicaux qui pratiquent le bivouac. Comme ils transportent leur matériel sur le dos, ils préfèrent les équipements ultracompacts, notamment des tentes légères peu sophistiquées », résume Jean-François Ratel, chef de produits Quechua pour Décathlon. Parmi les adeptes potentiels de Quechua, il y a aussi les pratiquants du camp de base. « Auparavant, ils s'installaient pour un mois ; aujourd'hui, c'est plutôt pour une quinzaine de jours. Ils investissent dans une grande tente familiale très confortable. ». Décathlon a encore identifié une nouvelle espèce de campeurs, ceux pour qui la tente, une fois plantée dans le jardin, est simplement un moyen d'augmenter la capacité d'accueil.

Quelles que soient leurs préférences, les campeurs ne risquent pas de manquer de choix pour leurs vacances. La France est en effet le pays européen qui possède le plus grand nombre de terrains. Le camping reste d'ailleurs le premier mode d'hébergement touristique marchand dans l'Hexagone.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2053

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Nos formations