Franchise Expo Paris 2014

Le cap de la franchise

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L’année 2014 sera une année clé pour la franchise. Depuis des lustres, cette forme juridique du commerce ne cesse de progresser. À tel point que l’on dénombre quelque 1 700 réseaux et 65 000 franchisés. Ce secteur a été porté par une attente des consomma­teurs qui recherchent des enseignes à forte notorié­té. Il a contribué à moderniser nombre de villes moyennes. Mais il doit surtout son succès à des entrepreneurs dynamiques, qui, à l’instar des indépendants et des coopérateurs, se retroussent les manches, se serrent les coudes et innovent.

Ces compétences et investissements partagés permettent de vite couvrir un marché. Sans oublier que la moitié des créations de nouvel­les affaires viennent d’anciens salariés du monde de l’entreprise ! Ce secteur est donc un formidable outil de développement et de reconversion professionnelle.

Mais gare à l’euphorie ! L’année dernière, le chiffre d’affaires cumulé de la franchise a chuté de 2 milliards, passant de 50 à 48 Mrds €. Les acteurs ne peuvent échapper à la crise économique, à la problématique du pouvoir d’achat et aux arbitrages des consommateurs. Les prochains mois seront donc cruciaux, car ils permettront de voir si les professionnels en question sauront rebondir, s’ils subiront moins les aléas de la conjoncture que leurs homologues succursalistes. Tous secteurs ­confondus et toutes formes juridiques comprises, il apparaît évident que des magasins souffrent, que des comptes d’exploitation sont dans le rouge. La faute à la conjoncture, mais aussi au fait que les bons emplacements qui deviennent de plus en plus rares et chers. Et bon nombre de centres commerciaux affichent une baisse de leur fréquentation, voire des emplacements vacants. De plus, si des marchés se portent encore très bien, comme les services, d’autres sont à la peine. Tous les regards sont tournés vers l’immo­bilier, la décoration de la maison ou le prêt-à-porter.

L’année 2014 sera également charnière parce que le commerce électronique ne peut que progresser. La franchise doit accompagner ce mouvement et non le subir. En développant des sites internet, et en trouvant l’équilibre financier entre franchiseurs et franchisés et en misant sur le click and collect.

Autre inquiétude, des succursalistes se lancent eux aussi dans la franchise. Ils y voient des relais de croissance avec… peu d’investissement. En théorie, le pari est largement à leur portée tant ce phénomène n’est pas nouveau. Mais si ceux qui se lancent aujourd’hui ne remportent pas le ­succès escompté, il est à craindre que leurs échecs refroidissent quelques ardeurs. Autre sujet : le pari de l’international. Ces implantations permettront-elles de trouver cette croissance qui fuit l’Hexagone Des aventures tout autant passionnantes que périlleuses. De plus, il convient de ne pas oublier le débat autour des marges. La pression sur les prix, notamment poussée par les intégrés, pose sérieusement la question de la valorisation de la marge et de sa répartition. D’autant plus que, si franchisés et franchiseurs n’ont pas forcément le même avis sur ce point, il existe également des différen­ces notables entre la vision d’un simple franchisé exploitant et celle d’un multifranchisé.

Dernier point, la capacité d’innovation. La franchi­se a toujours su humer l’air du temps. L’enjeu est de savoir si, demain, les innovations seront ­aussi fortes et nombreuses. Ou si, avec internet et la société de l’information en temps réel, elles seront plus diffuses et rapides, donc moins faciles à saisir de façon pérenne pour le commerce. Voilà pourquoi 2014 ne sera pas anodine pour une fran­chise qui ne manque pas d’atouts. ypuget@lsa.fr

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