Le casse-tête du nouvel étiquetage alimentaire

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Le 13 décembre 2014, tous les produits alimentaires mis sur le marché à cette date devront porter une étiquette conforme au règlement Inco, pour, notamment, offrir plus de transparence aux clients. Mais la mise en application est loin d’être simple.

La révolution est en marche dans le monde alimentaire. À partir du 13 décembre 2014, le règlement Inco (Information des consommateurs), relatif à l’étiquetage, entre en application dans tous les pays européens pour tous les produits alimentaires, emballés ou non, fabriqués à partir de cette date. Pour ceux produits avant, industriels et distributeurs auront jusqu’à 2016 pour se plier aux nouvelles normes.

Travail minutieux

Objectif de Bruxelles : harmoniser, au niveau européen, les données nutritionnelles et informatives des produits avec un référentiel commun, et garantir plus de transparence et d’informations aux consommateurs. Mais ce recueil de données est un travail de longue haleine, car, jusqu’à présent, les industriels avaient peu obligation de mention sur le packaging, comme la liste des ingrédients et de la présence d’allergènes.

Mais désormais, ils doivent fournir une douzaine de mentions obligatoires : liste d’ingrédients, pays d’origine et lieu de provenance pour un ingrédient primaire (plus de 50%), présence d’allergènes (en couleur), liste des nutriments obligatoire (valeur énergétique, matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines et sel), quantité des ingrédients… Puis les référencer et les mettre en forme sur le packaging. « Il faut une synergie entre les industriels et les distributeurs au niveau de la gestion du partage des informations », confie Thierry Villate, responsable référentiel chez Carrefour. Car Inco prévoit dans son règlement de fournir les mêmes informations relatives aux produits, qu’ils soient en magasins, sur un prospectus ou en vente sur le web. Outre les informations de recettes, les industriels vont devoir mentionner les conditions de conservation du produit, le nom et la raison sociale de l’entreprise (industriel pour une marque et distributeur pour une MDD) afin de fournir un point de contact au public. 

Les industriels en retard

Si les multinationales œuvrent depuis 2011 à ce nouveau règlement, pour les PME et TPE, le travail n’est pas le même à fournir. Et certaines petites entreprises n’étaient pas au courant du chantier au mois d’octobre ! « Lorsque la Commission européenne avait présenté le projet en 2009, elle avait mentionné un calendrier adapté aux PME, mais, aujourd’hui, dans le règlement, il n’y a rien de spécifique pour les petites structures », explique Katia Merten-Lentz, avocate chez Fieldfisher. Et, niveau timing, il y a encore du travail. « Les industriels sont loin d’être prêts. Ça va être le rush quelques jours avant l’entrée en vigueur de ce règlement », prévient Virginie Lameger, responsable marketing chez l’éditeur de solutions Lascom. 

Encore du flou

Par ailleurs, les données sont plus facilement identifiables sur des produits emballés que sur le vrac et les rayons traiteur. Il faut alors trouver des solutions. « Sur ces linéaires, l’information peut être délivrée sous plusieurs formes : sur des tableaux, via les vendeurs, des bornes interactives… Mais le système de flashcode ne peut pas être généralisé, car il ne serait pas accessible à l’ensemble des consommateurs », détaille Virginie Lameger.

Si ce règlement a pour objectif de rassurer les consommateurs à la suite des récents scandales alimentaires, il réside encore quelques zones de flou : certains items restent facultatifs et les mentions telles que « teneur élevée en… » ou « une consommation excessive… » ne sont pas encore définies. Par ailleurs, ces changements de réglementation ont engendré des coûts et des investissements importants pour les industriels, « qui seront probablement répercutés sur les marges et de manière logique dans les prix de vente consommateurs », indique Virginie Lameger. Un vaste programme dont la mise en place va assurément demander du temps. 

 

De nouvelles contraintes 

  • Un gros travail de recensement des informations sur les produits.
  • Si les multinationales se penchent sur le sujet depuis 2011, les PME ont pris du retard.
  • Des coûts importants qui vont se répercuter sur les marges et les prix de vente.
  • Des informations supplémentaires à indiquer sur un packaging identique.
  • Des incertitudes persistent encore concernant certaines indications.

 

 

Le travail pour récolter les informations des produits n’est pas aussi simple pour les multinationales et les PME. Il avait été question, à un moment, d’un aménagement de calendrier pour les petites structures, mais rien n’a été prévu dans le règlement. »
 

Katia Merten-Lentz, avocate chez Fieldfisher

 

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Article extrait
du magazine N° 2346

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