Le CD-Rom indique la route

Les systèmes de navigation embarquée ne font plus figure de gadget pour voitures de luxe. L'heure est à l'intégration de dispositifs multimédias et aux premières tentatives de standardisation.

Plus de 100 modèles de voitures livrés de série avec un système de navigation. Un taux d'équipement de 30 % prévu pour l'Europe dans moins de dix ans. Pas de doute : ces dispositifs - qui remplacent les traditionnelles cartes en papier par un écran couplé à une commande vocale - s'installent. Et à défaut de disposer de la voiture « intelligente » promise depuis longtemps, il est déjà possible d'adopter pour une somme raisonnable (moins de 1 524 EUR pour les premiers prix) un appareillage complet de navigation. Soit, principalement, un lecteur, une carte sur CD-Rom, un écran et un GPS, ce dernier permettant la localisation du véhicule sur la carte.

Les équipementiers automobiles - Philips, Clarion, Pioneer et Alpine en tête - ont si bien démocratisé le concept qu'aujourd'hui c'est au tour des marques généralistes de se lancer. Avec, pour conséquence, une véritable inflation de l'offre, des systèmes home cinéma complets prenant place dans les sièges avant, tandis que des consoles de jeux et des fonctions dignes d'un PC portable intègrent le tableau de bord. Sans parler du mariage avec la téléphonie et, évidemment, internet. En Suède, Volvo s'est allié à Ericsson et à l'opérateur local Telia pour développer un dispositif. Et en France, Ford, Citroën et Vivendi proposeront bientôt un portail internet entièrement dédié à l'automobile - mais pas spécifiquement à la navigation - et accessible sur téléphone mobile Wap : Wappi ! Autant dire que les initiatives de tous ordres se multiplient, au risque d'égarer les consommateurs.

Les fabricants embarqués dans des rassemblements

Pour certains fabricants, l'heure est d'ailleurs déjà aux tentatives de standardisation. Partenaire de longue date de Citroën et de ses prototypes multimédias, Microsoft aimerait imposer son environnement léger Windows CE comme le système d'exploitation de référence. Et vient de s'allier à Mitsubishi pour développer son offre au Japon. Un marché où 40 industriels se sont réunis cet été autour de Sony, de Matsushita et de l'opérateur téléphonique NTT afin d'élaborer un standard japonais de navigation embarquée. Autre regroupement : le Magic Services Initiative. Alpine, Pioneer, Panasonic, VDO, Microsoft et l'éditeur de cartes TeleAtlas y sont rassemblés, et visent eux aussi à établir une norme.

Fort heureusement, un secteur au moins échappe à la confusion : celui des cartes elles-mêmes. Véritable coeur du système, elles sont compilées sur CD-Rom, chaque disque contenant, en général, les données d'un pays : réseau routier, plans des villes, nom des voies et numéro des rues.

Sur ce marché, deux acteurs seulement s'opposent et tentent de rallier les constructeurs d'automobiles ou de systèmes de navigation à leur bannière : TeleAtlas et NavTech. Le premier vient d'ailleurs d'innover avec une interface vocale améliorée. Depuis longtemps, en effet, les dispositifs de guidage accompagnent les indications graphiques inscrites sur l'écran d'avertissements vocaux du type : « Tourner à gauche, dans 200 mètres. » Avec voix - synthétique - féminine ou masculine, selon les goûts des conducteurs. Désormais, celui-ci peut à son tour prendre la parole et indiquer vocalement sa destination au système. Le plus grand pas dans le dialogue entre l'homme et la voiture depuis le lancement de la Renault 11 Electronic.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1705

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous