Marchés

Le choc de l'arrivée de Carrefour Sainte Geneviève, il y a 50 ans

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Dossier Avec 1900 hypers et 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires (carburants compris), on ne se rend pas compte aujourd'hui de la nouveauté qu'a représenté l'arrivée du premier hypermarché en France, le Carrefour de "Saint Ge", le 15 juin 1963. Notamment en matière d'offre, avec ses 5000 références déployées sur 2500 m². Du jamais vu à l'époque. Retour sur cette abondance nouvelle. Et sur 10 anecdotes liées à cette ouverture.

Le 15 juin 1963, lors de l’ouverture du Carrefour de Sainte-Geneviève-des-Bois, le magasin n’a pourtant rien d’excitant. En face d’un parking de 450 places, le magasin de 2500 mètres carrés, l’équivalent d’un supermarché d’aujourd’hui, n’a pas de façade. La nuit, un rideau de métal permet la fermeture. Autour ? Il n’y a rien. On est en rase campagne, loin de la ville de l’époque. Mais à l’intérieur, près de 5000 références, à des prix 15 à 20 % inférieurs à la concurrence, ont attirés des clients dans un rayon de 30 à 40 kilomètres. « On vendait n’importe quoi ! Il suffisait de mettre quelque chose en rayon pour que cela parte aussitôt », se réjouit encore Anne-Marie Rousseau, ancienne comptable du magasin. Les journées sont régulièrement entrecoupées de fermetures, pour réapprovisionner le  magasin. « Au bout de 15 jours, il y a eu un nouveau recrutement d’employés », raconte Jérôme Peyrou, actuel directeur de Sainte-Geneviève-des-Bois.

                Surtout, les Français découvrent une nouvelle manière de faire leurs courses, presque festive. « Ils se laissent impressionner par ce qu’ils voient en rayon, par la découverte de produits dont ils n’imaginaient pas l’existence », témoigne Jean-Marc Villermet, auteur de « Naissance de l’hypermarché ». « C’est qui est extraordinaire, c’est ce succès foudroyant, avec des cohues incroyables, dans une atmosphère de fête foraine, poursuit Jean-Claude Daumas, historien. Pour l‘ouverture du premier hyper Auchan, à Roncq, Gérard Mulliez a fait un malheur avec une promotion sur le whisky Johnny Walker. Il a fallu fermer le magasin 3 ou 4 fois dans la journée pour réapprovisionner les rayons, et permettre aux clients d’évacuer. »

De cette époque pionnière restent encore de nombreuses anecdotes, en voici 10 concernant le magasins de Sainte-Geneviève-des-Bois :

1. Pour son inauguration, le magasin de Sainte-Geneviève-des-Bois a eu l'honneur d'avoir Françoise Sagan comme marraine. Le signe d'une longue histoire qui s'écrit depuis 50 ans ! 

2. Pour l'ouverture du magasin, un curé était présent pour bénir le premier hypermarché de France...comme pour lui assurer une longue vie ! 

3. Le "must" du libre-service dans le magasin ? Une tireuse à vin pour se servir soi-même...mais à consommer avec modération 

4. Plus de 2500 clients se sont rendus dans l'hyper le jour de son ouverture

5. Après la valse des voitures sur le parking, la découverte des chariots dans les allées du magasin a donné lieu a de drôles d'accrochages aux intersections de rayons

6. En raison d'un problème d'approvisionnement en lait, une vache d'une ferme voisine a été installée à l'entrée du magasin. Les hôtesses de caisse de l'époque se succédaient pour servir le lait frais directement depuis le pis de la vache 

7. Dès son ouverture, une pompe à essence était installée sur le parking. Le litre d'essence coûtait alors 0,93 Francs soit 5 centimes de moins que le prix de vente moyen en France

8. A l'origine, la société devait s'appeler "Agora" selon une idée de Marcel Fournier. Pourtant, il décida de l'appeler "Carrefour" car il avait peur que les clients y cherchent des chats, alors que c'était bien une des rares choses qui ne s'y trouvait pas (image du premier logo Carrefour)

9. A l'arrivée des premiers collaborateurs le 15 juin, une centaine de clients impatients attendait déjà devant le magasin une heure avant son ouverture, prêt à sauter sur ces 5000 références de produits

10. Le magasin a du fermer un moment le jour de son ouverture afin de réapprovisionner les rayons dévalisés. Les clients pensaient qu'un tel concept avec "tout sous le même toit" ne durerait pas

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