Le chocolatier suisse Lindt investit sur la France

|

Évoluant sur un marché du chocolat premium dynamique, le chocolatier Lindt va investir 70 millions d'euros dans son usine française et ouvrir son plus grand magasin à Paris en septembre prochain.

Alain Germiquet PDG de Lindt France
Alain Germiquet PDG de Lindt France

Alors que la plupart des industriels de l'alimentaire serrent les dents pour traverser la crise, avec un mois d'avril et un mois de mai désastreux pour les ventes, il y en a au moins un qui fait montre d'optimisme : Alain Germiquet, le tranquille PDG suisse de Lindt France. « Nous avons la chance de faire partie d'une catégorie de produits très résistante, les produits se vendent bien, et notamment Lindt, qui est un chocolat premium. Le marché ne cesse de croître en valeur », révèle-t-il. Et les Français seraient très réceptifs aux nouveaux produits et aux références festives, Lindt réalisant une bonne part de son chiffre d'affaires avec les boîtes de chocolat pour les cadeaux de fin d'année, notamment avec ses marques Lindt, Lindor et Pyrénéens.

 

L'Hexagone, terre d'investissement ?

Au niveau mondial, c'est pareil. Le groupe affichait l'an dernier une croissance insolente - en période de crise - de son chiffre d'affaires, de 7,3%, à plus de 2 milliards d'euros, dont 12% réalisés en France, qui est le deuxième marché du groupe après l'Allemagne. Dans l'Hexagone, Lindt détient une usine, à Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées (64) qui emploie 1 200 personnes.

«Nous sommes les seuls à transformer en France depuis la fève de cacao jusqu'à la tablette; c'est notre centre de compétences pour le chocolat noir. » Or, cette société va bénéficier de 70 millions d'euros d'investissement dans de nouvelles lignes de production, avec la création d'une cinquantaine d'emplois. Un cas suffisamment rare dans l'industrie alimentaire en France en ce moment, alors que les fermetures d'usines et les plans sociaux se multiplient. La France, terre d'investissement ?

 

Un magasin vitrine, le plus grand du groupe

«C'est vrai, le coût du travail est plus élevé en France avec les trente-cinq heures et les charges sociales, le CICE est une usine à gaz... Nous avons eu un peu de mal à convaincre par rapport aux autres pays pour la compétitivité, mais nous avons réussi », confie Alain Germiquet.

Ce n'est pas tout. Lindt va également ouvrir en France, au mois de septembre, son plus grand magasin au niveau mondial à Paris, sur 360 m2. Un flagship qui va s'insérer sur la prestigieuse place de l'Opéra, entre la boutique Nespresso et celle d'Uniqlo ! Il s'agira du 160e magasin du groupe.

«Nous pourrons y exposer toute la richesse de notre gamme. Car malheureusement, en France, les acheteurs ne s'intéressent qu'au prix et pas à notre capacité d'innovation. En Allemagne, on monte même des shops-in-the-shop avec les enseignes, c'est impossible ici.» Et la concurrence de Nestlé ou Kraft ? «Lindt ne fabrique que du chocolat, nous sommes un spécialiste, eux sont des généralistes qui vendent un peu de tout. » Et ça change tout...

De grands projets dans le pays

  • Lindt affiche une croissance de 7,3%, à plus de 2 milliards d'euros en 2012, dont 12% réalisés en France, qui est le deuxième marché du groupe après l'Allemagne.
  • Son usine d'Oloron-Sainte-Marie va bénéficier de 70 millions d'euros d'investissement dans de nouvelles lignes de production, avec à la clé la création d'une cinquantaine d'emplois.
  • Le fabricant va inaugurer en septembre, son plus grand magasin au niveau mondial à Paris, sur 360 m2, place de l'Opéra, entre la boutique Nespresso et celle d'Uniqlo. Il s'agira du 160e magasin du groupe.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2279

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Nos formations