Le chômage augmente, le déficit public baisse, peut-être l’occasion d’accélérer les réformes…

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Malgré quelques bons signaux de l’économie, le chômage a augmenté en février 2015, tandis que le déficit public poursuit sa baisse à 4 % du PIB, ce qui est une bonne nouvelle. Le gouvernement devrait se saisir de l’occasion pour baisser les charges sur les emplois peu qualifiés pour lutter contre le chômage de masse…alors que le gouvernement semble empêtré dans le marais de complexité de la loi Macron... 

Michel Sapin obtient un déficit public meilleur que prévu
Michel Sapin obtient un déficit public meilleur que prévu

Alors que le chômage avait baissé en janvier, il est reparti à la hausse en février 2015, avec 12 800 demandeurs d’emplois supplémentaires, portant la hausse sur un an à + 4, 6 % et 150 000 chômeurs de plus en 2014. Le Premier ministre, Manuel Valls, veut plutôt voir une baisse si l’on cumule les deux premiers mois de 2015, puisque le chômage avait reculé de 19 100 inscrits à Pôle Emploi.

« C’est la première fois depuis 2008 que l’on observe une baisse du chômage au cours des deux premiers mois de l’année », a indiqué le Premier ministre sur France 3. Vrai, mais en réalité, il faudrait parler de stabilité, d’autant que les chiffres mensuels restent très fragiles : sur le marché du travail entrent et sortent 10 000 salariés par jour !

Une cagnotte pour baisser les charges sur les bas salaires…

Le gouvernement a trouvé un autre motif de satisfaction que les chiffres du chômage : celui du déficit public, plus bas que prévu à 4 % du PIB au lieu de 4,1 %. Pour l’essentiel, grâce aux taux d’intérêts sur la dette qui sont devenus quasiment nuls, et probablement à une forte hausse de la TVA. "Cette diminution du déficit s’est faite sans accroître le niveau de prélèvements ni renoncer à nos priorités. Le taux de prélèvements obligatoires reste stable. C’est la première fois après une hausse continue depuis 2009", s'est félicité Michel Sapin, ministre des Finances. .Résultat, le gouvernement retrouve un peu d’air. Ce quii pourrait  lui permettre de faire baisser le chômage en poursuivant l’allégement des charges sur les bas salaires.

La loi Macron comme véhicule ?

La loi Macron, qui va entrer en discussion à l’Assemblée nationale sous peu, pourrait en être l’occasion. La baisse des charges sur le SMIC et le CICE ont déjà donné de l’air aux entreprises qui semble avoir permis une reprise de l’emploi, encore faible, dans le commerce et les services – de l’ordre de 4 000 après en avoir perdu 30 000 sous le poids des mesures fiscales sur les entreprises au cours des trois années précédentes. Le problème, c'est que la loi Macron est devenu un marais de complexité pour les commerçants, surtout pour ce qui concerne l'ouverture du dimanche et en soirée. 

Redonner de l’emploi aux moins qualifiés

Le gouvernement a donc l’occasion d’agir, pour faire reculer le chômage des salariés les moins qualifiés, qui sont les plus exposés. La FCD, qui vient de rencontrer Emmanuel Macron et qui cherchent à rencontrer le Premier ministre, Manuel Valls, a des propositions à faire en matière d’emploi. Notamment sur l’ouverture du dimanche, l’ouverture en soirée qui est remise en cause, ou quant à la formation aux nouveaux métiers du commerce, numérique ou cross canal, pour accompagner la transformation en cours. Reste à savoir si ces évolutions sont vraiment souhaitées par Manuel Valls et Emmanuel Macron. 

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