Le code-barres en perpétuelle évolution

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Traçabilité, transparence des prix, accélération du passage en caisse... Les acteurs soulignent le rôle central du code-barres, tout en constatant l'arrivée de nouveaux usages et besoins, qui pourraient faire bouger les lignes.

Table ronde prestataires

Pour les prestataires et offreurs de solutions de l'écosystème de la grande distribution, la comparaison entre l'avant-code-barres et l'après est, là encore, spectaculaire. Jean-Pierre Gaucher, directeur général adjoint de SymphonyIRI, en livre un exemple à travers un outil qu'utilisent tous les industriels et distributeurs du monde : les panels. « Aujourd'hui, l'information que nous restituons à nos clients professionnels est exhaustive et instantanée : elle se fait au rythme de leurs propres clients au moment de leur passage en caisse et du scanning du code-barres du produit. Avant que le pictogramme n'existe, nous livrions nos panels tous les deux mois. »

Le saviez-vous ?

Joseph Woodland, l'inventeur du code-barres, avec son associé Bernard Silver, déposent le brevet en 1952 et le vendent Philco pour 15 000 $ en 1962. Le brevet tombe dans le domaine public en 1969.

C'est l'Euromarché d'Évry, dans l'Essonne, qui est le premier, en France, équipé de scanners optique pour lire les codes-barres en 1980.

Avant le code-barres, un étudiant en commerce, Wallace Flint, imagine, en 1932, dans une thèse un supermarché où les clients perforeraient des cartes suivant les produits choisis, les introduiraient dans un lecteur à la caisse qui déclencherait un tapis roulant apportant les achats.

Le 26 juin 1974 a lieu la première lecture optique d'un article dans un supermarché Marsh de Troy (dans l'Ohio). Il s'agit d'un paquet de chewing-gum Juicy Fruit de Wrigley.

Jacques Pictet, l'un des fondateurs de Gencod (ancêtre français de GS1), en 1972, est aussi celui du magazine LSA, en 1958.

Laurent Houitte, directeur marketing de Wincor Nixdorf, souligne aussi le spectaculaire bond en avant de la qualité de service pour le client du magasin. « Le temps d'attente en caisse reste l'une des préoccupations majeures, rappelle-t-il. Le code a délesté les hôtesses d'une tâche considérable, celle de lire et saisir les prix. Le consommateur a gagné du temps, et il a peu à peu assimilé ce geste, même s'il ne lui paraît pas encore naturel. Ce qui lui permet aujourd'hui de bénéficier d'alternatives pour passer plus rapidement en caisse : scanner lui-même ses articles et les régler à une caisse dédiée [self-scanning, NDLR], ou scanner et payer à un automate en ligne de caisse [self-checkout, NDLR]. »

Autre constat, de moins en moins de scannings trébuchent sur la lecture de code-barres. La dernière étude GS1 France sur la qualité des codes-barres, en septembre 2012, démontrait que, de 1,9% en 2006, le taux d'articles rencontrant un problème de lecture chutait à 0,4% en 2011. « Et encore, ce chiffre tient compte des articles qui sont scannés deux fois avant de finalement être enregistrés », complète Pierre Georget, le directeur général de GS1 France.

 

Plusieurs facteurs d'amélioration

Scanners plus agressifs, meilleur respect des standards GS1 (qualité d'impression, taille, couleur du code-barres)... Plusieurs facteurs expliquent cette amélioration. « L'autre avantage du code-barres, par rapport à la RFID, par exemple, réagit Christophe Heurtevent, le vice-président de Trace One, c'est qu'il n'est pas une technologie " destructrice " : l'hôtesse peut toujours saisir le code manuellement. La vente n'est pas perdue. Le problème se pose différemment dans une configuration de caisse automatique. »

 

« La technologie ne garantit pas les bonnes pratiques »

Pour Maël Barraud, dirigeant de Fluid-e, l'adoption de la gestuelle du scanning par les clients sera d'autant plus rapide que les nouveaux usages ou services récompenseront l'acte : information produit, paiement, etc. Un sujet fécond pour les prestataires, qui mettent aussi sur la table la question de l'avenir de la RFID dans le commerce, d'autant que GS1 propose un standard en la matière (RFID/EPC). « Dans le textile, de nombreux distributeurs l'utilisent déjà, dans la logistique ou en magasins, avec, à la clé, des inventaires quasi parfaits », annonce Pierre Georget. L'hypothèse d'une cohabitation entre étiquettes RFID et codes-barres prend de l'épaisseur. « Nous équipons Marks et Spencer en étiquettes RFID pour leurs produits textiles, confie Lionel Courbebaisse, responsable solutions supply chain d'IER. Cela leur sert pour l'inventaire permanent. » Même si les solutions de caisses RFID existent, avec un passage éclair à la clé, le paiement classique par scanning de codes-barres reste la norme.

Pragmatiques, les prestataires examinent les avantages de chaque pictogramme à l'aune de la finalité recherchée, et de son efficacité dans les processus déjà bien rodés de la distribution moderne. « La RFID apporte un progrès : l'inventaire permanent sur le lieu de vente permet un réassort efficace et tire la chaîne vers l'excellence, juge Karl de Battista, market development manager chez Avery Dennison. Mais l'on retombe sur le même niveau d'exigence que pour le code-barres : les données à intégrer dans la puce doivent être fiables. Et la qualité de la technologie ne garantit pas que les process seront bien exécutés. »

Les QR codes soulèvent eux aussi un grand intérêt. « C'est l'objet marketing par excellence, et les jeunes consommateurs se sont approprié l'usage de sa lecture avec leur smartphone. Cela ouvre une voie intéressante de dialogue et de communication pour les industriels », souligne Benoît Picard, responsable développement France de Tiflex. Mais, comme pour la RFID, « le QR code, ciblé sur un usage marketing, va s'additionner sur le packaging avec le code-barres. »

Le QR code ouvre une voie intéressante de dialogue et de communication avec les clients pour les industriels.

Benoît Picard, responsable développement France, Tiflex

Le code-barres offre au client des alternatives pour passer plus rapidement en caisse: le self-scanning et le self-checkout.

Laurent Houitte, directeur marketing, Wincor Nixdorf

Le casse-tête de la traçabilité

Quant à la question centrale de la traçabilité des produits, une doléance de plus en plus forte des acteurs de la consommation comme des clients, les avis sont plus partagés. « La traçabilité par filière d'approvisionnement fonctionne bien en l'état actuel des choses, comme la crise de la viande de cheval l'a montré », analyse Alain Guinberteau, président d'Agena 3000. « Là où cela se complexifie, réagit Christophe Heurtevent (Trace One), c'est que les fabricants sont parfois de simples assembleurs de produits d'origines différentes. Il devient difficile de garantir la provenance. » Jacky Rieucau, directeur commercial de Tiflex, met aussi en avant le fait que « même une traçabilité bien assurée ne prémunise pas contre les fraudes. Le marquage à l'encre indélébile sur certains lots est peut-être une piste d'avenir. » La solution miracle existe d'autant moins que, comme le soulignent les prestataires, « lorsque le produit passe d'entreprise en entreprise, chacun le réétiquette avec son propre code-barres. À chaque fois, une re-saisie des données, quand elle est manuelle, peut générer des erreurs. Et c'est systématiquement la dernière étiquette apposée qui fait foi. » Là encore, la technologie ne peut pas tout.

La RFID apporte un progrès : l’inventaire permanent sur le lieu de vente permet un réassort efficace et tire la chaîne vers l’excellence.

Karl de Battista, EMEA market development manager in store solutions, Avery Dennison

Le client scannera d’autant plus volontiers lui-même les codesbarres, quand il bénéficiera de services ou usages associés.

Maël Barraud, CEO, Fluid-e

Le problème de la traçabilité se complexifie, les fabricants sont parfois de simples assembleurs de produits d’origines différentes.

Christophe Heurtevent, vice-président, Trace One

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Article extrait
du magazine N° 2268

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