«Le commerce en danger à Paris », lettre ouverte de 10 fédérations à Anne Hidalgo

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Plans de circulation interdisant l’accès à certains quartiers, fermeture de la rue de Rivoli aux automobiles, exclusion des habitants de la première couronne, décisions ruinant le capital image de la Capitale aux yeux de ses habitants et de ses visiteurs… Ce sont quelques-uns des griefs que les représentants de 10 fédérations de commerce lancent contre Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Extrait de la lettre qui donne le ton. «Récemment, la situation a empiré avec la fermeture aux véhicules privés de la rue de Rivoli (photo). Certaines associations procèdent à des recours juridiques, non par rébellion mais par obligation, au risque de disparaitre ! C’est un appel au secours ».
Extrait de la lettre qui donne le ton. «Récemment, la situation a empiré avec la fermeture aux véhicules privés de la rue de Rivoli (photo). Certaines associations procèdent à des recours juridiques, non par rébellion mais par obligation, au risque de disparaitre ! C’est un appel au secours ». © Banque d’images 123RF - Satina

Ils sont dix présidents, vice-présidents ou directeurs généraux de fédérations de commerces (voir en fin d’article) à signer une lettre ouverte à destination d’Anne Hidalgo, la maire de Paris. Son titre «Le commerce en danger à Paris, trouvons vite ensemble des solutions ! ». Son incipit «Madame le Maire de Paris, l’objet de notre lettre ouverte est de vous adresser une demande simple et de bon sens : écoutez mieux les commerçants de Paris ». Son ton, des plus critiques, on s’en doute, contre les plans de circulation décidés par la maire et leurs effets jugés désastreux pour le commerce. En voici l’intégralité.

Fermeture des voies sur berges et de la rue de Rivoli

«Nous souhaitons avant tout être intégrés au sein des commissions de travail où vous êtes amenée à décider certains aménagements pour la ville de Paris qui nous concernent directement sur un plan économique. Les plans de circulation que vous décidez affectent bien souvent la fréquentation de nos commerces. Un exemple : lors de votre action « Paris Respire », certains commerces enregistrent une baisse de 30 % de leur activité à cause de la fermeture des quartiers, l’accès aux parkings publics devenant impossible. L’origine des difficultés remontent à la fermeture des voies sur berges. Récemment, la situation a empiré avec la fermeture aux véhicules privés de la rue de Rivoli. Certaines associations procèdent à des recours juridiques, non par rébellion mais par obligation, au risque de disparaitre ! C’est un appel au secours ».

Appel à la concertation

« Votre dernière annonce ce week-end sur la circulation Est-Ouest, alors que vous avez décidé de fermer les quais, nous inquiète au plus haut point. Avant d’agir, essayez de nous proposer des alternatives. Vous venez de dire sur les médias ce weekend que vous n’aimiez pas ce qui vient d’en haut, en défendant l’idée d’une concertation permanente. Vous avez raison. Or, nous constatons que vous décidez parfois sans concertation, la veille pour le lendemain, sans même prévenir, selon leurs dires, les maires d’arrondissements qui pourraient favoriser le dialogue avec les acteurs économiques. De plus, ces différents dispositifs visant à réduire les déplacements urbains en voiture ont plusieurs effets ».

Paris doit rester une Capitale mondiale attractive, propre et élégante

Et de lister les effets néfastes de ces mesures pour le commerce. A savoir :

- « Mettre massivement les citoyens dans les transports en commun qui ne sont pas calibrés : attention à l’effet Cluster ;

- Limiter, notamment le soir, la venue des habitants en première couronne.

- Pénaliser les populations seniors ou à mobilité réduite.

- Le vélo et donc les pistes cyclables ne constituent aucunement un substitut rentrant dans la stratégie d’évaporation de la voiture.

N’oublions pas que Paris doit rester une Capitale mondiale attractive, propre et prête à rester le reflet de l’élégance ».

Proposition de rencontre

« Madame le Maire, la crise que vit le commerce parisien est sans précédent. La quasi-disparition des touristes et le maintien d’une large partie de la clientèle habituelle en télétravail ont des conséquences dramatiques. L’existence de nombreux commerces est en jeu. Les commerçants et artisans commerçants de Paris méritent une meilleure prise en considération étant donné que sans leur savoir-faire, leurs métiers, leurs valeurs, Paris ne serait pas ce qu’elle est. C’est un affaiblissement de l’image de Paris qui risque de se produire aux yeux de ses habitants et de ses touristes si ces métiers disparaissent. Madame le Maire, travaillons ensemble ! Nous sommes à votre disposition pour un rendez-vous sans délai ».

Les dix signataires

Suit la liste des signataires. Soit Patrick Aboukrat, président du Comité Francs Bourgeois ; Sophie Brenot, présidente de la Fédération Nationale des Détaillants en Maroquinerie Voyage ; Jean-Pierre Chedal, vice-président alimentaire de la Confédération des commerçants de France (CDF) ; Jean-Claude Delorme, président de la Fédération française des associations de commerçants (FFAC) ; Jean-Pierre Gonet, président de la Fédération des détaillants en chaussures de France (FDCF) ; Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France (CDF) ; Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce ; Alexis Roux de Bezieux, président des Epiciers de France ; Lionel Saugues, vice-président de la Fédération française des associations de commerçants (FFAC) ; Thierry Veron, président de la Fédération des Associations de Commerçants et Artisans de Paris (FACAP).

 

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