Le Crédit lyonnais convoite le marché des extensions de garanties

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Le service Antidote lancé par la banque vient concurrencer les extensions de garantie vendues par les distributeurs spécialisés. Des produits sur lesquels ils feraient la majorité de leurs marges.

La scène se passe dans une gondole à Venise. Lui : « Tu sais, pour cinq appareils électroménagers et audiovisuels, les extensions de garantie sur trois ans coûtent en moyenne entre 485 et 745 E. Tandis que le Crédit Lyonnais nous offre une seule garantie pour 270 E. » Elle, l'air vexé : « C'est tout ce que tu as à me dire ? » « Non, du coup, j'ai pris la suite royale », réplique-t-il fièrement. Plein d'humour, ce film publicitaire présente le service Antidote, lancé le 3 mai par le Crédit lyonnais. Jusque-là proposées en direct par les vendeurs de hi-fi, audiovisuel et électroménager, les extensions de garantie à cinq ans viennent compléter la garantie gratuite du fabricant ou du distributeur, de deux ans. Et, alors que les produits sont de plus en plus fiables, elles se vendent cher. Darty annonce, par exemple, 79 E pour un four ou un lecteur DVD, 139 E pour un lave-linge.

Un système lucratif

La banque a donc lancé une offre moins chère et inédite, puisque le client paye sa garantie à l'année et non d'un coup, à l'achat du produit neuf. « Nous avons constaté qu'il y avait matière à monter un système économique plus serré, tout en gagnant de l'argent », souligne Philippe Fauconnet, responsable du marketing assurances au Crédit lyonnais.

Soulevé au Royaume-Uni par la Commission de la concurrence, le débat sur les extensions de garantie avait fait ressortir le niveau de marges qu'en tiraient les ensei-gnes concernées. « Dixons réalisait 7 % de son chiffre d'affaires sur les extensions de garantie, et on estime de 30 % à 50 % leur participation au résultat d'exploitation », affirme Armel Coville, analyste chez Oddo. Or, il n'y a pas de raison de croire que les enseignes françaises concernées (Darty, Conforama, la Fnac...) soient moins rentables dans le domaine. Sauf si elles sous-traitent le risque à une compagnie d'assurance. Ce qui ne semble pas être le cas.

Autant dire que le Crédit lyonnais ouvre une brèche dans un pré-carré particulièrement lucratif. Non pas en étant le premier à proposer ce type de service - quel-ques assureurs le font déjà -, mais en communiquant fortement et en s'appuyant sur un comparatif prix sans appel. Évidemment, les enseignes revendiquent leur qualité de service (charte du contrat de confiance Darty...) et leur connaissance du métier, tandis que le Lyonnais, bien qu'adossé à April Solutions et à un réseau de 1 500 réparateurs agréés, fait office de débutant peu légitime. Pourtant, avec l'objectif de vendre 50 000 à 100 000 extensions de garantie cette année, le novice pourrait entraîner une prise de conscience chez les clients. Ou, à défaut, une réaction des associations de consommateurs.

Après le lancement, en début d'année, d'une liste de mariage sur compte rémunéré, la Happy Liste, le Lyonnais ne cache plus son intention de venir chasser sur les terres de la grande distribution... qui, elle-même, chasse sur le terrain des produits bancaires.

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Article extrait
du magazine N° 1861

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