Le débat sur les OGM refait surface

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réglementation - Le projet de loi sur les OGM et la « clause de sauvegarde » concernant la culture des OGM ont été l'occasion de sérieuses passes d'armes et ont remis le sujet sur le devant de la scène.

C'est le président de la République lui-même, lors de sa conférence de presse très médiatique, qui a en grande partie relancé le sujet très sensible des OGM. Un sujet qui fait toujours l'objet d'âpres débats entre scientifiques, agriculteurs et écologistes, et auquel les Français semblent toujours opposés. Nicolas Sarkozy a annoncé que la loi sur les OGM, qui devait être examinée lors d'un débat parlementaire au Sénat le 15 janvier, n'était plus urgente. Il a en outre déclaré que la France invoquerait la clause de sauvegarde concernant la culture du maïs Monsanto 810, le seul autorisé en France, si la Haute Autorité des OGM trouvait des éléments scientifiques nouveaux.

La colère de la FNSEA

Quelques jours auparavant, le leader altermondialiste José Bové s'est installé à Paris pour une grève de la faim, afin de peser sur la décision gouvernementale. Et le soir même de la déclaration du président de la République, le ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, annonçait le retrait de la loi sur les OGM - qui devait être adoptée en urgence le 8 février -, provoquant la fureur du président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer.

Lors d'une conférence de presse, ce dernier est sorti de ses gonds. « La loi est retirée dans la plus grande pagaille. Lorsque le ministre de l'Écologie retire le projet de loi, celui de l'Agriculture défend au même moment le fait que le débat parlementaire va avoir lieu. Mais le plus grave, ce n'est pas la pagaille, c'est la reculade », tance le leader syndical. Il demande des clarifications. « Si les OGM posent problème, il faut dire pourquoi. Des dizaines de millions de tonnes de soja et autres denrées génétiquement modifiées sont importées chaque année dans nos ports. S'ils nuisent, il faut stopper ces importations dans les plus brefs délais. » Il menace d'aller « manifester aux frontières », pour démontrer l'incohérence de la politique gouvernementale, et de se rendre « dans les rayons ».

Dans la foulée, Jean-Michel Lemétayer précise que le président de la République a souhaité le recevoir d'urgence. Le leader de la FNSEA veut lui rappeler la nécessité « de plus de cohérence et de vérité ». Certes, déjà, il fait la distinction entre la loi sur les OGM, qu'il veut voir débattue, notamment en matière d'étiquetage, et la culture du maïs Monsanto 810. « Je ne suis pas le défenseur de Monsanto », affirme-t-il pour éviter l'amalgame.

Au final, l'Élysée indique que la loi sera examinée au Sénat le 5 février. Les débats se poursuivront à l'Assemblée nationale après les élections municipales. Jean-Michel Lemétayer s'affirme « rassuré » par sa rencontre avec Nicolas Sarkozy et considère que « l'agitation politico-médiatique est close ».

La Haute Autorité balance

La Haute Autorité des OGM remet alors son rapport : il fait état « de doutes sérieux » sur le maïs transgénique de Monsanto, mettant en avant les risques de dissémination, les effets sur la faune et les micro-organismes... avant que 14 de ses 15 membres contestent cette formulation ! Ils auraient préféré «interrogations ». Pascal Ferey, spécialiste de la question et vice-président de la FNSEA, considère lui aussi qu'il s'agit de faux arguments. « La Haute Autorité n'apporte rien de nouveau : elle met en avant les mêmes éléments qui ont conduit l'Allemagne à activer la clause de sauvegarde, ensuite repoussée par la Commission de Bruxelles. Rien ne devrait amener le gouvernement à invoquer cette clause à moins d'agir de façon politicienne. » Nicolas Sarkozy active tout de même la clause de sauvegarde et satisfait ainsi les écologistes et José Bové.

Interrogé par LSA, José Luis Duran, président de Carrefour, qui s'est, par le passé, beaucoup impliqué en mettant en place un approvisionnement de soja non modifié en provenance du Brésil, a indiqué que la position de son groupe n'avait pas changé : « Carrefour garantit que ses marques de distributeurs sont sans OGM. Si Jean-Michel Lemétayer veut venir chez Carrefour, pour un dialogue positif, il sera le bienvenu. » Visiblement, le président de la FNSEA n'aura pas besoin d'actions spectaculaires pour se faire entendre. C'est déjà fait. Le débat sur les OGM aura bien lieu, mais après les municipales. En attendant, toute culture de maïs OGM sera interdite cette année.

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Article extrait
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