Le deuxième souffle du développement durable

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Dossier À force de faire passer les économies de coûts pour écologique, le développement durable a perdu en crédibilité. Pourtant, distributeurs et industriels s'attaquent petit à petit à de nouveaux sujets de société, à commencer par le gaspillage, et n'hésitent plus en mettre en oeuvre de nouvelles solutions, plus complexes.

Pas si simple de faire de l'écologie en entreprise... Les groupes du monde entier assurent se démener pour sauver la planète. Pourtant, la lecture des rapports RSE, sur la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, est souvent décevante. « Tout le monde a une approche défensive, lâche un spécialiste de la distribution. S'il n'y a pas d'intérêt économique, ou une pression gouvernementale, les entreprises ne font rien. » Et, de fait, tous les acteurs de la filière verte vous le diront : sans intérêt financier, pas de développement durable ! « Pour que cette démarche soit efficace, il faut une adéquation entre enjeux environnementaux, sociaux et économiques. On ne va pas se mentir, c'est impératif pour que cela fonctionne au sein d'une boîte », admet, sans fard, Sandrine Mercier, directrice développement durable chez Carrefour. Le genre de réflexion qui fera le bonheur des sceptiques...

Les enjeux

  • Redonner du crédit au développement durable, qui se cantonne souvent à des réductions de coûts
  • Trouver de nouvelles solutions pour mieux répondre aux attentes sociétales du public, notamment la lutte contre le gaspillage et le gâchis
  • Mettre sur pied et expérimenter des techniques originales, moins connues ou plus efficaces

« Les deux jambes d'un même projet »

« Mais il ne faut pas trop forcer le trait de la caricature, avertit Jean-François Brunet, consultant pour le cabinet de conseil Actility et ancien de la direction des équipements de Carrefour. C'est vrai que, quand untel se félicite de remplacer ses ampoules par des leds, c'est limite. Qui ne le fait pas ? Mais la direction développement durable d'une entreprise peut faire avancer les sujets. L'intérêt économique et le projet écologique sont les deux jambes d'un même projet. »

De fait, au-delà d'une stricte gestion des coûts, les distributeurs ont récemment multiplié les efforts pour lutter contre le gaspillage, à commencer par l'alimentaire. Face aux chiffres alarmants de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation (FAO), selon laquelle un tiers de la production alimentaire finirait à la poubelle, Guillaume Garot, ministre de l'Agriculture, a mis sur pied un « Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire » le 14 juin. Plusieurs distributeurs se sont empressés de signaler leur adhésion au programme (p. 32).

 

Recherche et astuce

Moins en vue, les spécialistes de l'équipement de la maison travaillent déjà à la collecte, au recyclage, voire à la revente des produits usagers (p. 34). « Depuis deux ans, la collecte d'ampoules usagées dans la grande distribution explose, avec une augmentation de plus de 50% par an, se félicite Hervé Grimaud, directeur général de Recylum, un organisme de collecte et recyclage d'équipements électriques. J'ai reçu récemment un appel d'un distributeur qui souhaitait se renseigner sur le recyclage des leds, pour tenir compte dans sa politique d'achat de leur impact environnemental. La collecte des lampes usagées devient quelque chose de valorisant et constitue une attente du client. » Dans le prêt-à-porter, où 75% des vêtements usagers finissent au rebut, H et M teste, depuis février en France, un système de collecte de vêtements (p. 38).

Et les solutions « durables » se font de plus en plus sophistiquées : Adidas vient ainsi de développer une technologie baptisée DryDye, qui permet de teindre des tee-shirts sans utiliser d'eau et qui utilise deux fois moins d'énergie et de produits chimiques que la méthode traditionnelle. « Pour cet été, Adidas a produit 50 000 tee-shirts DryDye et a économisé 1,2 million de litres d'eau. Ce n'est qu'un début, Adidas DryDye sera appliqué à d'autres vêtements dans les prochaines saisons », explique le fabricant.

Sur le plan énergétique, Actility est allé dénicher une subtilité méconnue du Réseau de transport de l'électricité (RTE), qui achemine la production EDF. « En cas de pic de consommation, RTE met en route des centrales thermiques, au fuel ou au charbon, très polluantes, pour répondre à la demande, explique Jean-François Brunet, consultant pour Actility. Pour l'éviter, il peut rémunérer de gros consommateurs pour qu'ils se débranchent du réseau quelques heures. » Comme les hypermarchés ont, par obligation légale, tous un groupe électrogène de secours, Actility leur propose de les mettre en route contre indemnisation afin de soulager le réseau électrique. Économique... et écologique.

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Article extrait
du magazine N° 2282

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