Le DG France de Petit Navire réagit au classement de Greenpeace

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Suite à la publication du classement des marques de conserve de thon vendues en France, établi par l'association de protection de l'environnement Greenpeace selon leurs performances environnementales, Amaury Dutreil, le directeur général France de la marque Petit Navire répond à nos questions.

Amaury Dutreil, directeur général France de Petit Navire
Amaury Dutreil, directeur général France de Petit Navire

LSA - Vous êtes parmi les mauvais élèves du classement des marques de thon selon les techniques de pêche, effectué par Greenpeace, avec une note de 2,1 sur 10. Comment réagissez-vous ?

Amaury Dutreil, directeur général de Petit Navire –  Nous partageons le même but que Greenpeace qui veut aller vers des pêches durables, puisque c’est la pérennité de notre activité qui est en jeu. En revanche, nous ne partageons pas les mêmes constats et solutions. Concernant le classement établi par Greenpeace, nous ne retrouvons pas les éléments que nous lui avons communiqués, ce qui n’est pas très fair-play.  Plus grave, Greenpeace jette le discrédit sur une industrie traditionnelle de la conserverie qui se démène pour bien faire son travail.

LSA - Selon Greenpeace, 87 % des thons albacores que vous vendez  proviennent de stocks surexploités…

A. D. - C’est inexact. 80 % des thons que nous vendons proviennent de stocks sains. Nous avons établi un dispositif qui nous permet d’être présents sur deux océans (Indien et Atlantique) et nous privilégions les espèces et les zones de pêche qui sont les plus saines. Aujourd’hui, nous avons réduit à 20% le pourcentage de thons issus de l’Atlantique, où les réserves sont problématiques, et nous allons poursuivre notre effort. Il existe des règles internationales visant à renouer avec une situation saine de l’albacore dans l’Atlantique. Il y a notamment des quotas et beaucoup d’actions mises en place pour éviter la pêche illégale. La profession n’a pas attendu Greenpeace pour agir. Notre industrie est très organisée et travaillent avec des experts indépendants à maintenir les niveaux de stocks et les efforts de pêche.

LSA - Vos méthodes de pêche ont également été mises en cause puisque, selon l’association, 98,9 % des thons que vous vendez seraient pêchés de façon non sélective.

A. D. - Là encore, Greenpeace n’a pas pris en compte les données que nous lui avons fournies, puisque 35 % de notre thon est pêché avec les méthodes de pêche qu’elle recommande. Les 65 % restants le sont avec des dispositifs de concentration de poissons (DCP), une méthode décriée par Greenpeace, notamment en raison des prises annexes d’espèces protégées comme des requins ou des tortues. Il faut savoir que dans 93 % cette technique nous permet de pêcher les espèces visées. Dans les 7 % restants, on trouve une majorité d’espèces qui ne sont pas en danger, comme les daurades et qui sont vendues au port aux populations locales. Il est vrai qu’une infime partie est constituée d’espèces en danger. Cela nous préoccupe depuis longtemps. De nombreuses initiatives ont déjà cours : des systèmes d’échappement ont été mis en place pour éviter l’étranglement des requins et des tortues dans les filets. Nous avons aussi formé les équipages à la manipulation de ces espèces en danger, et les DCP sont équipés de sonars qui permettent de vérifier la nature de la faune sous les DCP. Sans oublier la présence d’observateurs indépendants dans nos bateaux.

LSA - Comment se porte Petit Navire ?

A. D. – A part cette attaque qui nous touche, mais va nous inciter à faire davantage de pédagogie auprès des consommateurs, nous allons bien. Nous avons réalisé une année de redéploiement commercial et marketing avec des opérations de revalorisation et de modernisation du rayon à travers le merchandising. Notre pavé de thon lancé il y a dix-huit mois est un succès, avec un taux de rachat de 40 % sur ce produit. En 2014, nous misons sur une croissance volume et valeur de 3 à 4 %, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 220 millions d’euros.

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