Le « five » à la conquête de la planète foot

Dossier Cette nouvelle variante de football, qui se joue à cinq contre cinq, a déjà séduit près d'un million de Français. Moins physique, plus dynamique, il attire toute une frange d'amateurs découragés par les contraintes du foot à onze.

Taper le ballon entre copains au coin de la rue, c'est sans doute aussi ancien que l'invention dudit ballon. Sur du béton, un terrain vague ou de la terre brute, à 11 contre 11, ou 6 contre 5, selon les forces en présence, cette « discipline » en a toujours singulièrement manqué. Mais depuis quelques années, le foot à 5 contre 5 se pose en réelle alternative au sport qui fait la fortune des Messi et autres Cristiano Ronaldo. Cette tendance, déjà forte au Royaume-Uni, a été introduite en France par plusieurs réseaux qui multiplient les ouvertures de centres dédiés à cette pratique.

QU'EST-CE QUE C'EST ?

Ce jeu se joue à cinq contre cinq, avec un gardien dans chaque équipe, sur l'équivalent d'un terrain de handball. « On touche beaucoup plus la balle, les courses sont plus courtes, avec moins de passes dans les intervalles et plus de buts », résume Adrien Seugé, responsable sports collectifs chez Adidas. La France compterait environ 1 million d'adeptes. Au Royaume-Uni, ils sont déjà près de 6 millions.

Leader des centres, le Five

Le Five est pour l'instant leader du marché avec une vingtaine de centres, mais il est suivi de près par d'autres franchises comme Urban Football ou Soccer 5. Le principe ? Chaque centre regroupe plusieurs aires de jeux, couvertes ou non, de la taille d'un terrain de handball. Les équipes comptent cinq joueurs, dont un gardien, et peuvent jouer en rebonds avec les parois qui bordent le terrain. Le résultat est un foot plus rapide, avec de nombreuses touches de balle, et beaucoup de buts. Satisfaction garantie !

Pour un coût de 5 à 10 € par personne et par heure, cette formule plaît aux footballeurs du dimanche, mais aussi aux entreprises qui veulent organiser des événements fédérateurs, ou encore aux familles en quête d'un anniversaire original. « Nous offrons une solution à un manque d'infrastructures évident en zone urbaine, analyse Aymeric de Tilly, directeur commercial d'Urban Football. Sans oublier que, trouver 22 copains pour jouer, c'est compliqué et, en club, il faut de l'assiduité, un certain niveau, la visite médicale, etc. » Le nombre de pratiquants en France est estimé à un peu plus de un million, dont 40% de réguliers, contre 1,9 million de licenciés à la Fédération française du football (FFF). Outre-Manche, ils seraient déjà près de 6 millions d'adeptes du foot à 5...

LE CALCETTO DE KIPSTA, UN BALLON PAS COMME LES AUTRES

Il rebondit moins que le ballon standard, et il est moins dur qu'une balle de futsal. Le calcetto, du nom du foot à 5 en Italie, est une synthèse de ce qui existait jusqu'à maintenant dans le commerce, spécialement adaptée à cette nouvelle pratique. Plus facile à contrôler, plus petit (taille 4), et plus résistant, il sera en vente chez Décathlon à partir du mois de juillet au prix de 9,95 E.

Des produits adaptés

Un tel potentiel attise forcément l'appétit des marques. Kipsta, la division sports collectifs de Décathlon, va lancer en juillet un nouveau ballon spécialement conçu, le calcetto. « Sur un jeu court, un ballon de foot traditionnel est difficile à manier, il rebondit trop, explique Guillaume Steffe, directeur de l'offre football chez Kipsta. Tandis que ceux pour le futsal, qui se joue en intérieur, sur parquet, sont trop durs. » La taille réduite du calcetto est adaptée aux petits espaces, et son rebond intermédiaire en facilite le contrôle.

Autre équipement spécifique, la chaussure. « De plus en plus de centres de foot à 5 encouragent l'utilisation de chaussures pour terrain dur, se réjouit Guillaume Steffe. Pour le moment, beaucoup de gens viennent encore avec une paire de runnings, voire une paire de tennis mode. Pourtant, les nombreuses accélérations et les changements de direction intempestifs rendent les crampons utiles. » De plus, les contacts fréquents avec le ballon et les frappes à répétition du bout du pied usent rapidement les chaussures standards. Résultat, que ce soit Adidas, Nike, Puma ou Kipsta, toutes les marques possèdent une collection adaptée. Les semelles sont pourvues de petits crampons pour terrain dur ou synthétique, et la pointe est renforcée pour supporter les chocs.

Si ce marché n'en est qu'à ses débuts, sa croissance est rapide. « En l'espace de deux ans, nous avons triplé le chiffre d'affaires », se félicite Adrien Seugé, responsable sports collectifs chez Adidas. Et aussi longtemps que les centres se structureront, il y aura de la croissance. » Zinedine Zidane, qui s'est associé avec Adidas pour ouvrir un centre près de Marseille, le Z5, ne dira pas le contraire.

DES CHAUSSURES RENFORCÉES

Les contacts fréquents avec la balle usent plus vite les chaussures. Les marques ont répondu à cette contrainte avec des chaussures à bout renforcé. Un ajustement d'autant plus utile que les tirs se font souvent du « pointu », rarement du plat du pied. Enfin, la semelle est dotée de petits crampons conçus pour les terrains durs ou synthétiques.

LES CENTRES DE PRATIQUE SE MULTIPLIENT

Le partenariat entre Adidas et Zinedine Zidane pour l'ouverture du complexe Z5, près de Marseille, reste une exception. Le marché est encore largement aux mains des indépendants, même si des réseaux comme Urban Football, le Five, Soccer 5, etc. sont en train de structurer le marché.

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Article extrait
du magazine N° 2231

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