Le foie gras affûte sa stratégie de relance

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CONJONCTURE - Après des années de croissance, le foie gras n'échappe plus à la crise. Si la situation est moins préoccupante que celle des autres produits festifs, la profession organise déjà la mobilisation...

Après avoir affirmé sa bonne santé d'année en année, le marché du foie gras accuse le coup. Le bilan de la saison, dévoilé la semaine dernière par le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), est bien terne, en effet. Pour la première fois depuis cinq ans, le marché voit ses volumes régresser de 1,8 %. Les principaux indicateurs de consommation sont en berne. Cependant, le chiffre d'affaires affiche une timide progression (1,4 %). Ce bilan s'inscrit dans un contexte de crise. « En 2008, les Français ont marqué une vraie rupture dans leur comportement de consommation. Ils ont moins fréquenté les GMS et se sont recentrés sur l'essentiel, achetant moins de produits de confort », affirme le Cifog.

Un rebond à Noël

Résultat, à l'approche des fêtes, les distributeurs se sont montrés très prudents. « Le mois de novembre s'inscrit en fort recul. Les ventes se sont faites au dernier moment. Cependant, décembre affiche de beaux résultats. Ce qui prouve bien que lorsque les produits sont implantés, ils n'ont pas de mal à se vendre », insiste Jean Schwebel, vice-président du Cifog et PDG de Feyel.

Les professionnels du marché gardent d'autant plus le moral que, de tous les produits festifs, le foie gras est finalement la catégorie qui a le moins souffert en 2008 : le chiffre d'affaires du champagne est en recul de 12 %, celui des chocolats a fondu de 4 %, les huîtres ont reculé de 9 %. Même le mousseux voit son chiffre d'affaires baisser de 2 %.

Poids lourd du marché, le mi-cuit représente 73,9 % des volumes sur l'année et 79,7 % sur la période festive. La conserve s'arroge une part de marché de 25,3 % sur l'année et de 19,5 % sur les fêtes. Avec 93,1 % du marché sur l'année et 92,3 % sur la période festive, le canard continue de représenter le gros des ventes. Cependant, les ventes de foie d'oie ont progressé de 6,8 % en volume et de 6,1 % en valeur, pour atteindre une part de marché de 6,8 % pour l'ensemble de l'année et de 7,7 % sur les fêtes.

Signe des temps difficiles, les consommateurs ont privilégié le bloc avec morceaux, qui est l'appellation de foie gras la plus accessible financièrement (40,8 % du marché en volume sur l'année), suivi du foie gras entier (35,7 %), puis du bloc (22,4 %). Ce dernier segment affiche une progression de 1 % en volume.

Près de 80 % des volumes ont été vendus par les GMS. Avec 48 % des volumes vendus, contre 41 % l'année précédente, les hypers affichent une belle progression de leur part de marché. De même, le circuit traditionnel, qui représente 4 % des ventes - contre 3 % l'année dernière -, progresse bien, signe que les consommateurs sont en quête de sécurité. Quant au hard-discount, sa part de marché en volume reste stable (14 %).

Les hypers, même s'ils ont plutôt bien tiré leur épingle du jeu, grâce notamment à une forte activité promotionnelle, ont néanmoins joué la carte de la prudence, réduisant le nombre de références et privilégiant surtout leurs MDD. Sur le mi-cuit, ces dernières progressent de 1,8 %, permettant aux distributeurs de peser presque 50 % sur ce marché.

Sur ce même segment, les intervenants à marque affichent des performances contrastées. Delpeyrat, dont la part de marché volume est de 5 %, voit ses ventes progresser de 9,7 %. Cette belle croissance est le fruit d'un important investissement en termes de politique commerciale. Labeyrie, poids lourd avec 21 % du marché en volume, maintient ses positions, malgré un très léger tassement de ses ventes (- 0,8 % en volume). Au contraire, Montfort accuse un recul de ses ventes deux fois plus important que le marché global du mi-cuit (- 3 %, contre - 1,3 %). La lecture du panel Iri Secodip montre un sérieux recul des petits intervenants sur le mi-cuit : - 37 % en volumes pour Larnaudie, - 5 % pour l'alsacien Feyel. « Cette année, nous avons renouvelé notre portefeuille de clients, privilégiant surtout les enseignes de proximité qui ne sont pas suivies par les panels. Nos données internes montrent une progression de 12 % de notre chiffre d'affaires global », explique Arthur d'Espous, directeur général de Larnaudie.

Communication forte

Même satisfaction affichée chez Feyel. « Nous avons privilégié des produits frais, dont la date limite de consommation ne dépasse pas trente jours. Ces derniers affichent une progression de leurs volumes de 7,3 % en décembre. Ce choix explique le recul apparent de Feyel sur le segment du mi-cuit, dominé par des produits à plus longue DLC », explique volontiers Patricia Houdebert, directrice du marketing de Feyel.

Malgré un contexte difficile, les professionnels restent confiants et se mobilisent afin de protéger l'équilibre économique de la filière. Ainsi, l'interprofession, qui recommande à ses adhérents de réduire la production de 10 % pour 2009, devrait être entendue. Un nouveau dispositif complet de communication a été mis au point et est déjà activé pour Pâques, autre temps fort pour le foie gras. Reste à savoir si les distributeurs, rassurés par la bonne tenue des ventes en décembre, accepteront de jouer le jeu. Réponse dans quelques semaines...

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Article extrait
du magazine N° 2084

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