Le gouvernement de Manuel Valls en cours de formation

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LÉGISLATION - LOIS La passation de pouvoirs à Matignon entre Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse. « J’ai été fier d’avoir été votre ministre, je suis fier de vous succéder », a indiqué le nouveau Premier ministre, qui s’est installé dans les lieux. Objectif, former le gouvernement répondant à la logique « PRPS », pacte de responsabilité et pacte de solidarité voulu par le président de la République.

Le nom des membres du nouveau gouvernement dévoilés mercredi 2
Le nom des membres du nouveau gouvernement dévoilés mercredi 2

Former le gouvernement, c’est à quoi va se consacrer le nouveau Premier ministre, en cherchant à satisfaire le maximum de courants socialistes tout en visant un gouvernement resserré à 15 ministres et qui soit «de combat », comme le souhaite François Hollande. On commence d’ailleurs à voir se profiler les portefeuilles, ne serait-ce que par les rumeurs qui entourent les ministres restant au gouvernement.

Michel Sapin, le ministre le plus proche de François Hollande, devrait conserver le Travail et pourrait se voir confier les Affaires sociales. Mais il pourrait tout aussi bien prendre le ministère de l’Economie. En tous les cas, il fera partie de l’équipe gouvernementale. Stéphane Le Foll, que l’on dit partant de l’Agriculture, trouverait lui aussi un poste gouvernemental, mais il n’est cité pour aucun portefeuille. Arnaud Montebourg s’est fait discret, mais il aurait pactisé avec Manuel Valls, de même que Benoît Hamon.

L’actuel ministre du Redressement productif se verrait confier un portefeuille élargi à celui de la Consommation et du Commerce, indépendant du ministre de l’Economie et des Finances. Il récupérerait à l’occasion la puissante DGCCRF, de 2500 agents, en plus de ceux de la DGCIS. Les vrais habitués du pouvoir savent toujours compter leurs troupes. Même si les mois de pouvoirs l’ont contraint au réalisme vis-à-vis des plans sociaux – qu’il n’a pas réussi à empêcher, il garde un forte identité de gauche.  En tant que ministre de la Consommation, c’est lui qui devrait gérer l’aspect « pouvoir d’achat » que François Hollande a mis dans son «pacte de solidarité». A partager avec le ministre du Travail si le pouvoir d’achat est augmenté  via une baisse des cotisations sociales.

Idem pour Benoît Hamon, dont quelques fuites le donnent comme ministre d’Etat et de l’Education nationale. Il serait alors l’autre membre du pacte de solidarité, qui passe par l’éducation des jeunes et peut-être de la formation professionnelle. Mais on donne aussi Benoît Hamon au ministère des Affaires sociales ou au Travail. En tous les cas, il devrait  y être. C’est un autre visage de l’aile gauche du parti socialiste. Son ami Claude Bartolone, qui visait la place de Premier ministre, était ce mercredi 12 à Matignon pour discuter avec Manuel Valls. Lui-même ou ses courants seront présents.

Laurent Fabius resterait au Quai d’Orsay, mais il reprendrait le Commerce extérieur de Nicole Bricq. Ancien ministre de l’Economie, Laurent Fabius avait déjà pris position à ce sujet depuis plusieurs mois et partageait le problème de la balance commerciale avec Pierre Moscovici. Dans la diplomatie d’aujourd’hui, la bataille économique est devenue aussi importante que le maintien des équilibres géopolitiques.  

Parmi ceux qui resteraient, Jean-Yves le Drian pourrait prendre le ministère de l’Intérieur ou garder celui de la Défense. On ne sait pas où va atterir Stéphane Le Foll, mais il devrait quitter l'Agriculture. Parmi les arrivants, on ne sait toujours pas quel portefeuille occupera Ségolène Royal – affaires sociales, éducation, justice… » mais son arrivée au gouvernement ne fait pas de doute. On parle aussi pour l’Intérieur de Jean-Jacques Urvoas, un proche de Manuel Valls, ou de François Rebsamen, qui voit lui échapper la présidence du Sénat pour cause de vague bleue. A l’Egalité des Territoires, devrait être nommé le président du parti Radical de gauche, Jean-Michel Baylet.

Enfin, reste le problème des écologistes. Cécile Duflot a annoncé qu’elle ne fera pas partie du gouvernement : contrairement à Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, elle n’a pas pactisé avec le nouveau Premier ministre avec lequel elle ne s’entend pas. Emmanuelle Cosse, la président d’ELLV, négocierait avec Manuel Valls. Le problème est épineux. S’il s’agit de deux ou trois ministères autour de l’Ecologie, de l’Energie et des Transports, il faut gérer la question du nucléaire, de l’écotaxe qui a créé le mouvement des bonnets rouges, et les hausses de prix de l’électricité et des carburants, avec des courants politiques très contraires même au sein de la gauche et des écologistes. Qui viendra s’y frotter ? Cécile Duflot, elle, avait habilement récupéré le ministère du Logement, bien moins problématique.  

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