Le grand commerce alerte Manuel Valls sur l'avalanche de mesures qui le touchent

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Dans une lettre au Premier ministre, Manuel Valls, que LSA s'est procurée, la fédération du Commerce et de la distribution (FCD) demande que les dirigeants qui représentent les grandes enseignes comme Carrefour, Auchan, Darty ou Lidl, puissent être reçus afin d'évoquer l'avalanche de mesures, comme la Tascom ou la loi Macron, qui risquent de les fragiliser face aux géants de l'internet. 

Le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel, cosigne la lettre au Premier ministre avec François Bouriez, président
Le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel, cosigne la lettre au Premier ministre avec François Bouriez, président © © DUARTE FILET Laetitia

Trop c'est trop ! Alors que tous les présidents de fédérations  de commerçants - Conseil du commerce de France, FCD, UCV, FEH, FCA - étaient conviés pour un déjeuner à Bercy ce 25 mars en présence d'Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, pour évoquer les dispositions de la loi Macron qui touchent le commerce, la FCD monte également au créneau au niveau du Premier ministre. Une lettre datée du 16 mars lui demande de "recevoir personnellement les dirigeants de nos principales entreprises, réunis au sein du Bureau de notre fédération". Pour y évoquer tous les sujets qui les fâchent. 

La Tascom, l'injonction structurelle

La lettre liste les nombreuses mesures fiscales ou sociales qui coûtent cher à la grande distribution. En premier lieu figure les temps de pause intégrés dans le calcul des allégements de charge, l'augmentation de 50 % de la Tascom - disposition votée à la demande du gouvernement pour répondre à la critique des députés sur les montants obtenus par les grandes enseignes via le Cice, mais aussi l'injonction structurelle contraignant les enseignes à revendre des magasins en cas de position dominante dans une zone de chalandise, notamment. Cette dernière disposition figure dans la loi Macron. Et tout cela coûte cher en activité et en emplois...

La fermeture de magasins alimentaires

D'autres sujets, comme l'obligation de fermeture de tous les magasins alimentaires à 21 heures partout en France, à la suite d'un arrêt de la cour de Cassation, heurte aussi les commerçants. 20 000 salariés travaillant actuellement le soir seraient touchés. Une avalanche de mesures qui "accroitra les distorisions de concurrence vis à vis des pure players américains", dit la lettre. Si la Tascom ne peut être révisée que dans le cadre d'une loi de finances - les débats auront lieu en fin d'année, les autres dispositions négatives pour le commerce pourraient être repoussées dans le cadre de la loi Macron. Reste à savoir si Manuel Valls y sera sensible...

 

 
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