Le Groupe 3SI mise sur les services

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L'ex-groupe 3 Suisses a inauguré sa filiale de préparation de commande, Dispeo, qui entend couvrir l'ensemble des besoins de la supply chain. Une plate-forme pensée et conçue pour l'e-commerce.

Dans la famille service chez 3SI, je demande le traitement de commande ! Cette fois, c'est fait. La nouvelle filiale Dispeo, qui a démarré fin février avec les 3 Suisses comme premier client, a été inaugurée en grande pompe en présence de Martine Aubry, présidente de Lille Métropole, et du préfet. « C'est le plus grand centre français de préparation de commandes ouvert aux enseignes d'e-commerce », a annoncé Denis Terrien, le PDG de 3SI.

Dispeo couvre l'ensemble des besoins de la supply chain : réception des marchandises venant du monde entier, acheminement depuis les plates-formes d'approvisionnement, stockage, préparation de la commande, mise à disposition du transporteur choisi par le client et traitement des retours. Avec 145 000 m2 d'entrepôts au sol, dont le tout nouveau centre de Hem (59) de 40 000 m2, Dispeo dispose d'une capacité de stockage de plus de 1 million d'emplacements de boîtes. Largement automatisé, il peut traiter 80 millions d'articles par an à pleine capacité, soit, environ, 150 000 colis/jour.

Le champ d'intervention de 3SI

  • La livraison de colis à domicile Mondial Relay
  • La production de contenus numériques Quai de l'image
  • L'information adressée Tailormail
  • Le recouvrement Contentia
  • La relation client Mezzo

Une nouvelle corde

« C'est une solution modulaire et pensée pour l'e-commerce (à l'exclusion des produits périssables), puisque le site de Hem fonctionne six jours sur sept et que les colis sont préparés dans un délai d'environ deux heures », précise Bernard Avril, directeur général de Dispeo. C'est donc une nouvelle corde à l'arc de 3SI. Dispeo complète un dispositif qui a pesé 300 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année et comprend déjà la livraison de colis à domicile (Mondial Relay), la production de contenus numériques (Quai de l'image), l'information adressée (Tailormail) ou encore le recouvrement (Contentia) et la relation client (Mezzo). Le groupe n'a pas vocation à aller sur tous les services, mais se focalise sur les compétences développées par le passé.

Au total, ce sont près de 200 millions d'euros qui ont été investis dans les systèmes d'information, l'outil logistique et la formation. Et la moitié des effectifs du groupe dédiés aux services, soit 3 500 collaborateurs, dont 1 millier sur Dispeo, issus des anciens services logistiques.

 

« Une ruée vers l'or »

« Nous sommes, aujourd'hui, le premier opérateur privé de service Français, avec plus de 58% du chiffre d'affaires réalisés hors groupe en 2012 », indique Denis Terrien, qui y voit la preuve de la réussite de la mutation profonde du groupe en quatre ans. « Tailormail, par exemple, leader de l'information adressée, a réalisé, l'an passé 17%, de son chiffre d'affaires hors groupe, poursuit le PDG. L'e-commerce est une ruée vers l'or. Il y a eu 20 000 nouveaux sites en 2012. Certains trouvent des filons, d'autres en cherchent. Mais tous auront besoin de pelles et de tamis. Il n'y a pas d'e-commerce sans services innovants. » Au titre de ses clients, le groupe annonce plus de 3 000 e-commerçants, parmi lesquels des pure players (Groupon, Showroomprivé, Spartoo...), des retailers (Castorama, Décathlon, Sephora...), les VADistes (La Redoute, Damart, Yves Rocher...) ou encore les marques (L'Oréal, Nespresso, Kraft Foods...).

Les propositions des autres e-commerçants

  • La livraison de colis Relais Colis (La Redoute)
  • Les services de stockage et d'expédition Amazon et PriceMinister (via ADS), mais uniquement à leurs vendeurs 
  • Le consulting Vente-privée, via sa division Vente-privée Consulting
  • Solutions globales d'e-commerce Pixmania, via sa filiale E-merchant

Retour de la rentabilité

Si les perspectives côté services sont bonnes grâce à la croissance du web marchand et à l'arrivée de nouveaux clients, le groupe reste plus discret sur les résultats de la société dans l'e-commerce, qui a perdu 2 millions de chiffre d'affaires entre 2011 et 2012. « Les ventes des 3 Suisses sont en recul », reconnaît d'ailleurs le PDG du groupe, qui a également cédé le site Bleu Bonheur, à destination des seniors et arrêté 2 X moinscher et Quelle pour se concentrer sur la rentabilité.

Depuis l'an dernier, 3SI a retrouvé la rentabilité, qui sera également atteinte cette année. « Si nous vous avions dit, il y a quatre ans, que nous serions le premier opérateur privé de plus de 3 000 e-commerçants, vous ne nous auriez pas crus. Aujourd'hui, plus d'un client nous rejoint chaque jour dans l'activité services », se réjouit Denis Terrien.

D'autres commerçants ont vu dans les services une source de profits. C'est le cas de Pixmania, avec sa filiale E-merchant, ou de La Redoute, avec son service de livraison de colis à domicile, Relais Colis. Mais « il n'y a pas de concurrence en France pour cet ensemble de service, assure Denis Terrien. Nous avons ponctuellement un concurrent par service. Amazon propose de louer ses entrepôts à ses propres vendeurs, mais nous ne sommes pas dans le même champ, car il ne s'ouvre pas à des clients de l'extérieur. » Pour le moment.

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Article extrait
du magazine N° 2270

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