Le groupe Axa assure l'avenir de Camaïeu

Au terme de l'opération qui se réalisera le 31 janvier, le fonds d'investissement d'Axa contrôlera 39,6 % du capital de Camaïeu. Le premier attend du second qu'il réussisse à l'étranger.





L'hypothèse d'un LBO a dû effleurer la direction de Camaïeu. Mais seulement effleurer. « Nous n'avions pas les moyens de racheter ! », s'amuse aujourd'hui Jean-François Duprez, président du directoire du groupe nordiste. Il faut dire que l'OPA lancée par Axa Private Equity, le fonds d'investissement de l'assureur Axa, valorise l'enseigne d'habillement à 515 millions d'euros, contre 456 millions avant l'OPA. Ce qui signifie une plus-value de 40 % par rapport au cours du 12 janvier 2004. Annoncée le 13 janvier, l'opération est rendue possible par le désengagement des familles fondatrices Torck et Giraud-Verspieren. Le fonds d'Axa, dont c'est la première opération dans la distribution, détiendra un bloc de contrôle de 39,6 % du capital et de 54,7 % des droits de vote. Avec comme objectif de monter jusqu'à 95 % du capital.



Si l'opération est apparue totalement inattendue, elle devrait se dérouler dans la continuité. « Axa connaissait le management et les actionnaires depuis de nombreuses années », précise Dominique Gail-lard, membre du directoire d'Axa Private Equity. « C'est une excellente nouvelle pour Camaïeu », se félicite Jean-François Duprez, qui gardera sa place au directoire. Jean- Pierre Torck, le fondateur de l'enseigne en 1984, restera président du conseil de surveillance. « Celui-ci voulait s'en aller, officiellement pour diversifier son patrimoine familial, explique Henri Bierer, analyste chez Wargny. Il a trouvé un partenaire. » Un partenaire de long terme - Axa se dit engagé pour dix ans -, mais qui risque de s'avérer exigeant. « Camaïeu est l'un des plus brillants distributeurs d'habillement cotés, mais Axa attend un rendement interne de 10 %, poursuit Henri Bierer. Or, à ce jour, ce taux de rendement interne* atteint 4 %. » Pour le nouveau propriétaire, les gisements de rentabilité se trouvent à l'international.







Pas rentable à l'étranger




Si l'enseigne, qui cible une clientèle féminine de 25 à 40 ans, a fait ses preuves en France, avec un ratio de résultat net sur chiffre d'affaires de 10 %, le développement à l'étranger reste la difficulté principale. Le rythme des inaugurations en Italie, en Espagne, en Pologne, en République tchèque ou en Russie est toujours élevé - une vingtaine sont prévues en 2005 -, mais la rentabilité reste à démontrer. « C'est un peu plus long que prévu », concède Jean-François Duprez. En attendant, Axa pourra se consoler avec le marché français, « loin d'être saturé » pour Camaïeu. « Nous ouvrirons une vingtaine de magasins en 2005 », signale Jean-François Duprez. Dans un secteur où la concurrence est féroce et la demande en faible progression (+ 2 %, selon l'Institut français de la mode), l'enseigne a réussi ces dernières années à maintenir ses marges. Jusqu'à quand ? « Le marché est de plus en plus difficile, souligne Jean-François Duprez. Il y a des aléas sur le chiffre d'affaires 2005. Les prix ont encore baissé de 6 à 7 % en 2004, après une déflation de 8 % en 2003. Pourvu que ça cesse ! » Axa est sûrement de cet avis.



* TRI, taux mesurant la rentabilité annuelle moyenne d'un projet financier.



















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Article extrait
du magazine N° 1890

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