Marchés

Le groupe Doux en voie de démembrement

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Sept « repreneurs » ont déposé des offres de reprise pour le groupe Doux à peu près dans les temps, sauf Terrena qui a pris un quart d’heure de retard, pour reprendre le groupe Doux.

Xavier Belin, pilote de
Xavier Belin, pilote de

Comme LSA l’a révélé, Glon Sanders dirigé par Philippe Tillous-Borde et sa holding Sofiprotéol, qu’il dirigeait il y a encore quelque mois et qui est présidée par Xavier Beulin, président de la FNSEA, est le pilote d’un « attelage » qui comprend les coopératives Terrena, Triskalia, adhérentes de Coop de France, présidé par Philippe Mangin, ainsi que des groupes privés. Le leader de la volaille en France, grand concurrent de Doux, LDC, en fait aussi partie, de même que Duc et Tilly-Sabco, spécialiste de la volaille surgelée à destination du Moyen Orient et qui s’intéresse à cette branche spécifique de Doux. Un attelage dont le risque est tirer à hue et à dia. L’offre de Sofiprotéol ne concerne pas tous les sites de production, puisque ceux de Quimper, Pleugadeuc et Graincourt ne seraient pas repris, de même qu’un tiers des emplois, soit entre 1 000 et 1 500 emplois supprimés. Surtout, l’offre de Sofiprotéol, globale au départ, vise à créer trois sociétés, l’une pour le frais et la marque Doux, l’autre pour le surgelé à l’export et la troisième pour l’élaboré, qui bénéficierait de la marque Père Dodu.

Dans le grand ouest, 2 des 13 sites (3-Quimper et 8-Pleucadeuc) sont condamnés, ainsi que celui de Graincourt dans le Nord :

Les autres sites en suspens

1-Châteaulin ; 2-La Harmoye ; 4-Plouray ; 5-Pluguffan ; 6-Bannalec ; 7-Sérent ; 9-Laval ; 10-Elven ; 11-La Vraie Croix ; 12-L’Oie ; 13-Chantonnay

 

La contre-offensive de Charles Doux

A l'issue d'une première session du CCE, présentant les projets de reprise, les syndicats ont estimé que les offres n'étaient «pas intéressantes» et s'attendaient à « une grosse casse sociale ». L'actuel patron du groupe en déconfiture Charles Doux avancera une «contre-offre» assurant le financement du groupe de 3.400 salariés durant la période d'observation, qui court jusqu'en décembre, selon ses avocats. Le ministre du Redressement productif a immédiatement réagi sur la reprise proposée par Sofiprotéol, qui tient bien compte d’une reprise globale, telle qu'il l'envisage, mais qu'il estime insuffisante sur le plan social : « Le compte n’y est pas, a déclaré un membre de l’entourage du ministre du Redressement productif. Nous demandons aux repreneurs potentiels d’améliorer leur offre. »

Parmi les sept repreneurs figurent aussi La Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Madrange) dirigée par l’insatiable Mme Monique Piffaut (plus d’1 milliard de CA et une vraie capacité d’intégration des sociétés), la société Daviet, un éleveur qui réalise 14 M€ de CA et qui ne paraît pas avoir la taille pour la reprise, la Cavac (une coopérative agricole de 500 millions de CA), et LDC, Terrena et Triskalia. Mais cette fois pour leur propre compte et pas celui de Sofiprotéol ! Difficile de s’y retrouver... Les candidats ont encore quelques jours pour améliorer leur offre, notamment en matière sociale, le ministère du Redressement productif, Arnaud Montebourg, y tenant particulièrement. Apparemment, d’après des sources syndicales, les administrateurs judiciaires n’ont pas fait part de précisions à ce sujet et choisiront la meilleure offre économique permettant la poursuite de l’activité des entreprises.

Que des repreneurs Français autour de la table

Parmi les surprises, le fait qu’aucun repreneur étranger, pourtant cité dans la presse, ne soit présent, ni du Moyen-Orient, ni du Brésil, ni de fonds luxembourgeois comme un grand quotidien en faisait état. Il n’est pas rare que lors des cessions, les vendeurs fassent état de repreneurs fantômes, pour inciter les autres à améliorer leur offre ou en attirer de nouveaux. En réalité, il n’y a que des repreneurs français pour cette entreprise en quasi-faillite. Les activités du Brésil, (Doux Frangosul) placées en location gérance auprès du géant de l’alimentaire JBS, ne font pas partie de l’offre de Sofiprotéol, et probablement pas des autres sociétés. La situation de l’activité brésilienne n’est pas limpide. Pour certains, elle est vendue, pour d’autres non. En revanche, sa dette est estimée à 170 millions d’euros, et la dette ne fait pas partie des offres de reprise. Or, elle est gigantesque, de l’ordre de 500 millions d’euros si l’on tient compte des estimations pour le Brésil, et des chiffres connus pour la France et révélés par les administrateurs judiciaires, qui s’élèvent à 363 millions d’euros. C’est la Barclays, qui détient un emprunt de 140 millions d’euros, qui paraît la plus exposée, mais la BNP, très discrète, devrait aussi voir le 20 % de part de capital du groupe Doux qu’elle détient réduite à néant. La dette pour la France s’élève à 363 millions d’euros pour l’activité en France. Si les offres n’étaient pas améliorées, il s’agirait donc d’un désastre pour les banques, et plus du désastre social.

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