Le groupe espagnol Fagor avale Brandt et voit double

Plus qu'une intégration, la reprise de Brandt n'est, pour l'heure, qu'une addition de forces. Le 12 avril 2005 restera pourtant comme ayant propulsé Fagor à la cinquième place de l'électroménager européen.





Donnant une certaine autonomie à Brandt et faisant le choix de s'appuyer sur deux marchés stratégiques (France et Espagne), le nou-veau Fagor apparaît plus bicéphale qu'uni. Le fabricant espagnol, qui a annoncé le 12 avril le rachat des parts d'Elco dans ElcoBrandt pour 162,5 millions d'euros, n'a pas encore défini ses intentions. Javier Gantxegi, président du conseil recteur de Fagor Electrodomésticos, a juste précisé que l'opération changeait, de fait, la donne, faisant de Fagor « une entreprise différente, lancée vers une nouvelle dimension. » Avec Brandt, Fagor double de taille (ventes, effectifs, marques...) et se hisse à la cinquième place des fabricants d'électroménager européens. Objectif : conquérir, d'ici à quatre ans, 10 % de ce marché. Côté résultat d'exploitation, le doublement attendra 2006.



La concurrence juge cette union positive. « Nous préférons la solution Fagor, plutôt qu'un fabricant chinois ou turc, explique Alberto Morgando, le directeur du marketing d'Indesit France. Mais ce rapprochement présente des difficultés à cause des nombreux sites industriels et marques. Fagor doit pren- dre les décisions qui s'imposent. »







« Richesses locales »




Le statut de coopérative de Fagor ne facilitera pas les restructurations. De là à dire que Fagor n'en n'aura pas la carrure, pas sûr. « Aucune entreprise n'a comme culture de mener des restructurations. C'est vrai que Fagor n'a jamais fermé d'usine, mais notre objectif est de maximiser notre entre- prise pour créer des emplois », a rappelé Pablo Mongelos avec ferveur. La concurrence, elle, finalise ses délocalisations (Electrolux, BSH...). « Nous croyons que pour être leaders dans nos pays, on doit créer de l'emploi et des richesses localement », a précisé pourtant Pablo Mongelos.



Outre ses investissements en Espagne, le groupe compte sur son site polonais et sa plate-forme d'achats de composants en Chine, qui devrait générer une économie de 13 millions d'euros en deux ans. Car le rachat de Brandt n'est qu'une pierre de l'internationalisation du groupe qui serait numéro un en Pologne et au Maroc, et réalise désormais 65 % de ses ventes hors d'Espagne.



















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Article extrait
du magazine N° 1903

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