Le groupe Fagor-Brandt repart sur de nouvelles bases

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Après une année de restructuration, le numéro un français de l'électroménager veut renouer avec la croissance et la rentabilité en multipliant les innovations, conformément au plan stratégique du groupe.

>Soulagement pour les instances dirigeantes de Fagor-Brandt. « Un an et demi après son rachat, la phase d'intégration de Brandt dans le groupe Fagor est bouclée », confirme Iosu Ugarte, directeur général de Fagor-Brandt. Pour celui qui a repris, début 2006, les rênes du nouvel ensemble, l'exercice, qualifié de transitoire, s'est révélé à hauts risques notamment sur le plan social. Marquée par la mise en place d'un plan de restructuration, l'année s'est soldée par la suppression de 328 postes, essentiellement dans les fonctions support, et par le licenciement, in fine, de 87 personnes.

Tous les sites français ont été touchés, et plus particulièrement celui d'Aizenay, en Vendée (105 postes sur 220 salariés), dont la production de fours micro-ondes a été délocalisée en Chine. « Mais la coopérative a adopté un parti pris social volontariste en décidant de préserver la production en France », soulignait en novembre dernier Bruno Rameaux, directeur des ressources humaines (LSA n° 1976). Les syndicats qui ont assisté l'an dernier au transfert d'une ligne de lave-linge de Lyon et d'une ligne de cuisinières d'Orléans vers l'usine de Wroclaw, en Pologne, restent vigilants.

De Dietrich en forme

Sur le plan commercial, un travail de rationalisation du portefeuille a également été réalisé au cours de l'année 2006. La marque Thomson a été arrêtée et les autres ont été repositionnées : Fagor s'ancre sur l'entrée de gamme, entre les 1er et 2e quartiles, Brandt, autre marque « B », monte en gamme, pour se hisser sur les 3e et le 4e quartiles, Vedette se concentre sur le lavage, Sauter confirme son statut de spécialiste de la cuisson et De Dietrich sa position sur l'encastrable haut de gamme.

Tous ces mouvements n'ont pas été favorables au développement du leader français. Pénalisé sur le marché du lavage, en raison de difficultés d'approvisionnement, suite au transfert de la fabrication des machines à laver top de Lyon vers la Pologne, le groupe a réussi, toutefois, à stabiliser son activité sur le périmètre France (+ 12 % à l'export), grâce au dynamisme de Sauter et de De Dietrich, lequel s'affirme comme le porte-drapeau du groupe. « L'objectif est de multiplier par trois le chiffre d'affaires de cette marque en Europe, et de s'appuyer sur celle-ci pour pénétrer les marchés allemand, britannique et russe », a déclaré Txema Gisasola, DG de Fagor électrodomestique.

Cap sur la rentabilité

Iosu Ugarte aborde l'année 2007 avec un réel optimisme. En ordre de marche, le groupe entend conforter son leadership en gagnant 0,8 point de part de marché. Il mise pour cela sur l'innovation - Driron, le concept de pressing à domicile, en est un exemple - sur le boom de l'encastrable, et plus spécialement de l'induction (lire encadré). Globalement, le groupe souhaite accélérer les sorties produits, en passant d'un délai de mise en oeuvre de deux ans à dix-huit mois. L'année sera marquée aussi par le lancement de Brandt en petit électroménager. Les observateurs sont sceptiques quant à ses chances de percer sur ce marché très compétitif. « Cet élargissement de la gamme conforte notre statut de multigénéraliste et va nous permettre de renforcer notre poids auprès des distributeurs », répond Iosu Ugarte.

Enfin, comme Txema Gisasola l'a répété à l'envi, lors de la conférence de presse des résultats annuels à Bilbao, la priorité sera donnée à la rentabilité. Le groupe a triplé ses bénéfices l'an dernier à 12 millions d'euros, mais les comptes de la France, en raison du plan de restructuration, restent négatifs. L'année 2007 devrait aussi être celle du retour aux bénéfices.

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Article extrait
du magazine N° 1989

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