Le groupe Leroy Merlin devient Groupe Adeo

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L'enseigne de bricolage de la famille Mulliez s'efface au profit d'Adeo. Un changement de nom destiné à mettre les 6 enseignes et les 17 entreprises du groupe sur un pied d'égalité malgré des tailles différentes.

>C'est en parlant du « Groupe Leroy Merlin » aux équipes italiennes d'un Bricocenter, autre enseigne de l'entreprise, que Damien Deleplanque, son directeur général, a eu le déclic. « Personne n'a rien dit, mais j'ai bien senti qu'il y avait un malaise... » Continuer à ne citer qu'une partie d'un groupe quand ledit groupe compte 17 entreprises et 6 enseignes différentes n'avait plus de sens, d'où l'idée de créer le groupe Adeo, un mot issu du latin qui signifie « aller de l'avant, être en mouvement ». Une définition de circonstance. En 2006, celui qui s'appelait encore Groupe Leroy Merlin a réalisé un chiffre d'affaires de 7,9 milliards d'euros, soit une hausse de 15 % « pour la quatrième année consécutive ». Damien Deleplanque promet de maintenir le cap en 2007.

« Contre la croissance externe à tous crins »

 

Côté international, l'enseigne, détenue par la famille Mulliez, inaugurera cette année son premier magasin en Grèce, à Athènes, et projette d'investir le marché polonais du discount, avec un premier Bricoman à Varsovie. En France, ce dernier ne compte que 22 magasins, contre 80 pour son concurrent Brico Dépôt (groupe Kingfisher). Si l'écart paraît difficile à combler dans l'Hexagone, « rien n'est joué en Europe », insiste Damien Deleplanque, qui se déclare « contre la croissance externe à tous crins », même s'il n'exclut pas le rachat de petits intervenants locaux. « Lorsque vous rachetez une entreprise, vous payez ce qu'elle a déjà fait [...]. Nous préférons les créer, même si c'est plus dur au début, comme cela a été le cas en Chine. » L'enseigne qui avait annoncé, fin 2003, l'implantation d' « une vingtaine d'unités d'ici à cinq ans », n'y possède toujours qu'un unique point de vente, à Pékin.

50 % du chiffre d'affaires réalisés en France

 

En France, Adeo se développera essentiellement sur son enseigne principale, Leroy Merlin, avec quatre ouvertures prévues en 2007. Aucun projet n'est, à l'inverse, déclaré pour Bricoman dans l'Hexagone. « Il y a un moment où le discount va devoir se poser la question : jusqu'où ses clients sont-ils prêts à faire des concessions en termes de produits, de qualité de service (accueil, largeur de gamme) pour obtenir des prix bas ? », déclare Damien Deleplanque, manifestement dubitatif quant au potentiel de l'enseigne sur son marché domestique.

Côté moyennes surfaces, Adeo poursuit la remise à niveau du groupement Domaxel, dont il détient 70 % du capital. Le choc des cultures se fait toujours sentir trois ans après le rachat. Même s'il admet que « cela n'a pas été facile », Damien Deleplanque préfère y voir le bon côté des choses. « Il y a cinq ans, nous ne voulions même pas entendre parler de la franchise. Aujourd'hui, nous ne l'excluons plus ! » La stratégie de Leroy Merlin reste basée sur l'intégration. Mais si des opportunités se présentent, l'enseigne ne rechigne plus à sauter le pas, comme cela a été le cas pour les magasins de la Baule et de Saint-Nazaire, ou en Corse et en Martinique.

Toutes enseignes confondues, les frais d'expansion devraient s'élever cette année à 105 millions d'euros, contre 91 millions d'euros en 2006. Le numéro deux européen du bricolage affirme que sa rentabilité est « excellente » et qu'en France, où il réalise 50 % de son chiffre d'affaires, sa croissance y est « sensiblement supérieure » à celle du marché (+ 2,5 % selon la Banque de France).

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Article extrait
du magazine N° 1986

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