Le groupe Plus Pharmacie se lance dans le discount de médicaments

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stratégie - Un groupe de 830 pharmaciens casse les prix de médicaments et de produits de parapharmacie, anticipant l'arrivée de la grande distribution dans le secteur.

Les pharmaciens réunis sous la bannière Plus Pharmacie viennent de se lancer dans le discount de médicaments, remboursés ou non. Ils cassent les prix de certaines marques, ils lancent des marques propres, et, surtout, ils communiquent sur les prix, ce que la loi actuelle interdit aux officines. Le groupe Plus Pharmacie veut ainsi se positionner sur l'attractivité prix avant que la grande distribution ne débarque dans le secteur.

« Nous demandons le droit à faire de la publicité sur les prix, puisque Carrefour, Auchan et Leclerc peuvent déjà le faire pour leurs parapharmacies, lance Joseph Benwaïche, président de Plus Pharmacie. Notre opération consiste aussi à lutter contre la vie chère, il n'y a aucune raison que nous ne puissions pas participer à la défense du pouvoir d'achat ! » Concrètement, les 830 vitrines des pharmaciens affiliés à Plus Pharmacie, qu'ils soient déjà en réseau sous le nom des deux enseignes du groupe - PharmaVie et Familyprix - ou pas, cassent les prix d'un antalgique, le Nurofen, à 1,59 E, d'un traitement de trois mois pour la circulation du sang type Daflon, à 8,50 E, mais aussi d'un gel-douche très qualitatif en demi-litre, à 3,49 E. Dans le même temps, le groupe lance une marque propre - Isomed - pour 18 génériques « OTC », des médicaments non remboursés, mais que les parapharmacies des grandes surfaces n'ont pas le droit de vendre. Et une gamme de produits parapharmaceutiques très discountée est prévue pour janvier 2009.

Réveiller les pharmaciens

« Nous voulons que les pharmaciens se réveillent. Nous sommes l'un des rares pays d'Europe qui n'ont pas de chaînes organisées, comme Boots au Royaume-Uni, mais nous n'y échapperons pas, car Bruxelles exige que le secteur soit plus concurrentiel, indique Joseph Benwaïche. Je ne crois pas à la pérennité du pharmacien isolé. Il faut grouper les achats, faire de la publicité, des promotions, poser des leaflets, des kakemonos, comme dans les grandes surfaces ! D'ailleurs, les centres commerciaux ne louent plus de locaux aux pharmaciens qui ne sont pas en réseau. Nous voulons pouvoir faire concurrence à Leclerc, qui, contrairement à ce qu'il dit, n'est pas 25 % moins cher en parapharmacie que nous. Nous sommes déjà moins chers que lui. »

Le débat fait rage actuellement chez les pharmaciens qui veulent conserver leur statut qui empêche toute entrée dans le capital des officines et qui luttent contre le déremboursement des médicaments, comme le montre la campagne actuelle sur les vitrines : «Vous êtes malades ? Profitez-en, demain vous ne le pourrez plus ! »

Joseph Benwaïche voit là une certaine hypocrisie : « Les pharmaciens font semblant de détenir leurs officines, mais, en réalité, derrière, il y a des sociétés d'exercice libéral dont le capital est ouvert. Ainsi, le laboratoire pharmaceutique Mercklee détient 35 % du capital de mon groupe, aux côtés des pharmaciens, également à 35 %. Or, Mercklee détient des milliers d'officines en Europe. » Bref, Plus Pharmacie considère que la messe est dite pour les pharmacies isolées, d'autant que la concurrence via internet, y compris avec des consultations en ligne, se répand partout dans le monde.

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Article extrait
du magazine N° 2052

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