Marchés

Le Groupe Seb remporte le Grand Prix Essec des industries de la consommation responsable

|

Le Grand Prix Essec des industries de la consommation responsable 2015 a récompensé les démarches les plus engagées en matière de responsabilité sociétale des industriels de la grande consommation. Pour cette seconde édition, neuf prix ont été décernés par un jury de professionnels, dont LSA, et par les étudiants de l’Essec.

«Depuis des années, souligne Rémy Gerin, directeur ­exécutif de la chaire grande consommation de l’Essec, de nombreu­ses initiatives ont été engagées par un grand nombre d’industriels fabricants de PGC au plan de la RSE ou responsabilité sociétale des entreprises. » Le Grand Prix Essec des industries de la consommation responsable entend ainsi stimuler le dévelop­pement des bonnes pratiques en récompensant, avec le soutien des pouvoirs publics, les meilleures initiatives. Pour cette nouvelle édition, 50 dossiers de candidature ont été reçus. Les finalistes ont été présélectionnés par un jury d’étudiants de l’Essec. Puis, les lauréats ont été désignés par un jury de personnalités selon quatre critères : le caractère innovant, le déploiement de la démarche, les résultats et la vision.

Grand prix RSEGroupe Seb, pour l’ensemble de sa démarche RSE

Plusieurs initiatives ont été particulièrement saluées. Rowenta, leader dans l’entretien des sols en Europe, a engagé depuis plusieurs années une démarche d’écoconception sur ses gammes d’aspirateurs et, surtout, sur sa ligne phare Silence Force extrême. Son objectif : offrir à ses consommateurs des appareils écoconçus sans amoindrir la performance. Pour cela, Rowenta a travaillé sur deux axes : le développement de moteurs basse consommation à haut rendement et la création de têtes d’aspiration grande efficacité. Les résultats sont là, puisque Rowenta propose des modèles d’une puissance comprise entre 750 W et 900 W, sans ­compromis sur l’efficacité. La gamme Silence Force extrême offre ainsi une capacité de dépoussiérage équivalente aux aspirateurs de plus de 2 000 W, avec une économie d’énergie supérieure à 50% et allant jusqu’à 65% sur certains modèles (moteur de 750 W). Ces résultats vont au-delà des efforts réalisés par le secteur : en effet, en avril 2014, 80% des aspirateurs vendus en France avaient une puissance supérieure à 1 600 W (source : GfK).

En 2013, le Groupe Seb a aussi souhaité aller plus loin en développant un programme d’accompagnement culinaire complet et en évaluant son impact sur ses consommateurs. Dans ce cadre, Seb a mis en place une application mobile (avec astuces, techniques culinaires, recettes de cuisine via un accompagnement illustré pour l’utilisation de ses appareils), une newsletter hebdomadaire, des notifications envoyées à l’utilisateur et des packs de recettes. Avant de déployer ce programme inédit, le groupe a souhaité en mesurer l’impact sur le changement des habitudes alimentaires, sur la pratique d’activité physique et même sur la silhouette des personnes qui en bénéficient. Entre juin et août 2013, 210 personnes ont participé, partagées en une population témoin et une en test. Au bout de trois mois, les utilisateurs consommaient davantage de fruits et légumes frais, avaient modifié leur comportement alimentaire (moins de repas livrés à domicile, davantage de préparations en famille), 63% des testeurs se sont mis à la marche sportive et 71% ont réduit leur tour de taille.

Prix Gestion des RessourcesGroupe Seb, pour sa démarche de mise en place d’une filière de recyclage des articles culinaires

Le projet consiste en la mise en place de la première filière de collecte pour les articles culinaires métalliques usagés. Les produits rassemblés sont recyclés afin d’être réutilisés dans la production d’articles culinaires. En 2013, le Groupe Seb a ainsi réussi à collecter 155 000 produits en fin de vie qui ont tous été recyclés, grâce à un partenariat avec la distribution et des opérations, dans 700 hypermarchés en France. 85% des matériaux ont été valorisés, et plus de 40 tonnes d’aluminium ont été recyclées en boucle fermée afin de produire de nouveaux articles culinaires. L’enjeu du projet est d’importance : la production d’aluminium recyclé ne demande que 5% de l’énergie nécessaire à la production d’aluminium « primaire ». Le projet permet de valoriser au maximum des métaux sous-exploités, car généralement enfouis (35%) ou dégradés en qualité lors de leur recyclage. Et ça n’est pas fini ! Le groupe se fixe l’objectif de passer d’un mode de collecte ponctuel à un fonctionnement en continu ; les volumes de collecte prévisionnels pour les années à venir sont de 1 800 000 articles culinaires par an.

Prix Gestion des énergiesMars Chocolat France, pour sa « Vapeur verte »

Le site de Mars Chocolat France de Haguenau (67) a mis en place une alternative à sa production de chaleur, assurée auparavant par deux chaudières à gaz. Le projet, destiné à alimenter en énergie verte et renouvelable les lignes de production de l’usine, a été initié grâce à un partenariat avec le Syndicat mixte intercommunal de traitement des ordures ménagères (Smitom) de Haguenau-Saverne et, plus particulièrement, avec son usine d’incinération de valorisation des ordures ménagères, le centre de valorisation énergétique (CVE) de Schweighouse-sur-Moder. Concrètement, la démarche repose sur la mise en œuvre d’un réseau de chaleur de 1 250 m de long, matérialisé par l’interconnexion de l’usine Mars au CVE, pour fournir annuellement de 40 à 55 GWh d’énergie thermique à l’usine. L’installation « Vapeur verte » doit alimenter 90% des besoins de l’usine en vapeur, ce qui se traduit par une diminution de 60% des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que par une réduction de 90% de l’utilisation d’énergie fossile.

Prix Écoconception ProduitNestlé Waters France et Dodo, pourleur démarche collaborative « Eau’Dodo »

Ce projet d’économie circulaire correspond à un parte­nariat innovant entre Nestlé Waters France et la ­société Dodo, leader européen d’accessoires de literie. Les rebuts de production des ­bouteilles en PET Vittel se transforment à 100% en garnissage pour couettes, oreillers et coussins de voyage Dodo. Cette démarche a permis à l’entreprise de disposer de matériaux 100% recyclés pour garnir ses articles et ainsi d’améliorer significativement la performance environnementale de la fibre, avec une réduction de 70% des émissions de CO2 et des besoins en énergie. De plus, ce partenariat a produit en 2014 près de 1 500 couettes, 4 000 oreillers et 8 000 coussins de voyage distribués sous le nom de la gamme Eau’Dodo. Ce qui correspond au recyclage à 100% d’au minimum 199 000 bouteilles PET Vittel de 1,5 l. En fin de vie, une partie des couettes et oreillers Dodo est recyclée en éléments d’isolation pour l’habitat et d’insonorisation pour l’automobile afin de prolonger la boucle de l’économie circulaire.

Prix Emploi et développement des hommesBonduelle, pour sa démarche « Handipol »

Le groupe Bonduelle est constitué de 57 sites industriels et d’autoproduction. Ces derniers représentent des emplois, dont la principale spécificité est un travail posté en station debout nécessitant des aptitudes physiques en adéquation avec les postes. Le but de Bonduelle est de réussir l’intégration de collaborateurs porteurs de handicap dans ce contexte. C’est dans le cadre de Handipol que l’usine historique de Renescure (59) a souhaité s’engager dans une démarche d’emploi de travailleurs handicapés déficients intellectuels. Le site a donc commencé par embaucher trois travailleurs issus du milieu protégé en CDI, dès avril 2008, sur des postes de travail ayant nécessité peu d’aménagements matériels, mais demandant néanmoins un accompagnement sur la durée. Ce processus continue de porter ses fruits aujourd’hui au sein du groupe Bonduelle, qui compte 8,14% de collaborateurs atteints de handicap en France, taux supérieur à celui fixé par la loi française de 6% de l’effectif pour les entreprises ayant plus de 20 salariés.

Prix Amélioration du quotidien du consommateur Novamex, pour sa démarche « Allergiques aux allergènes »

Le groupe Novamex, fabricant de la marque L’Arbre vert, a souhaité développer des alternatives aux produits d’entretien et d’hygiène corporelle, moins polluants pour l’environnement, mais surtout ayant un impact réduit sur la santé des consommateurs. Cela à travers trois axes d’action. D’abord, en excluant toute substance allergène cutanée reconnue par la réglementation européenne, ainsi que les substances sensibilisantes (classement R43). Ensuite, en validant cet engagement par une approba­tion médicale via un organisme indépendant de la société. Et, enfin, en communiquant sur des cibles privilégiées via différents supports (dépliant pédagogique dans les salles d’attente des médecins, conférences, tables rondes). Résultat : 7 900 médecins ont été informés, et 63% des foyers français connaissant la marque L’Arbre vert estiment qu’« elle respecte mieux la peau de ses utilisateurs » (sondage BVA, 2014).

Prix Responsabilité civique SCA, pour « la distribution de kits hygièneaux sans-abri »

Dans l’optique d’améliorer la santé, l’accès aux soins et la dignité des personnes vivant dans des conditions très précaires, SCA Hygiene Products distribue depuis trois ans des kits d’hygiène aux sans-abri, en collaboration avec la Croix-Rouge française. Ils se présentent sous la forme de « trousses de toilette » distinctes pour les hommes et les femmes. Ces kits contiennent également une brochure en six langues (français, anglais, russe, roumain, arabe, arménien) comportant des informations sur les bonnes pratiques d’hygiène, ainsi que des contacts utiles pour un accès à des centres de soins. Ils sont distribués par des bénévoles de la Croix-Rouge lors de maraudes de fin de journée et de nuit à partir de janvier chaque année. En trois ans, le programme a été déployé en plusieurs phases et a permis de distribuer plus de 260 000 kits. En parallèle, SCA a organisé des collectes de vêtements et récolté des dons financiers systématiquement abondés par l’entreprise, permettant de rassembler près de 30 000 € supplémentaires en deux ans au profit de l’association.

Les étudiants sont très vigilants sur le registre de la communication. Ils savent que tout le monde raconte la même histoire. C’est pourquoi ils demandent des preuves. Au-delà de ce point, nous observons que les distributeurs et les industriels n’avancent pas sur les mêmes sujets. Le commerce planche en priorité sur les questions sociétales, alors que les fournisseurs se focalisent en priorité sur l’environnement. 

Rémy Gerin, directeur exécutif de la chaire grande consommation de l’École supérieure des sciences économiques et sociales (Essec)

 

Yves Puget, avec les Étudiants de la chaire grande consommation de l’Essec

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter