Le groupement des Mousquetaires taille dans ses entrepots

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La direction de la logistique alimentaire du groupement des Mousquetaires a détaillé le mardi 12 mai dans la soirée, après un comité central d’entreprise, le volet social qui accompagne le plan de transformation logistique engagé depuis 2012 et qui se prolongera jusqu’en 2018. Pour moderniser un « parc logistique devenu vétuste et inadapté », les Mousquetaires comptent supprimer 447 postes et modifier le lieu de travail de (donc déplacer) 401 salariés.

Une carte des bases logistiques d'Intermarché en Bretagne.
Une carte des bases logistiques d'Intermarché en Bretagne.© capture d'ecran du site Ouest France

Mardi 12 mai, dans la nuit, au sortir d’un long comité central d’entreprise, La direction de la logistique alimentaire du groupement des Mousquetaires a détaillé dans un long communiqué les conséquences sociales du plan de transformation logistique qu’elle mène depuis 2012 et compte étaler jusqu’en 2018. Des conséquences lourdes puisque le plan qui s’appuie notamment sur la création de bases mixtes regroupant des bases frais et sec prévoit de supprimer 447 postes et de « modifier le lieu de travail » (un euphémisme pour dire déplacer) de 401 salariés. 241 créations de postes sont par ailleurs annoncées sur les nouvelles bases mixtes. Il y a quatre semaines, la direction logistique avait confirmé que trois nouvelles bases mixtes allaient être créées à Neuillac (56) Erbrée (35) et Bourges (18). Alors que les bases vouées à disparaitre étient celles de Rostrenen (Côtes d'Armor), Saint-Gérand (Morbihan), Levet (Cher), Avermes (Allier), Magny-le-Désert (Orne) et Mellac (Finistère). 

 

Un plan d’accompagnement  jusqu’en 2018

« Ce nombre prévisionnel de suppressions de postes repose cependant sur une hypothèse maximaliste », précise la direction qui indique vouloir « réduire ce chiffre en accompagnant personnellement les salariés. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a pris le parti d’annoncer ces projets 3 ans avant leur mise en œuvre ». Car cette restructuration s’accompagne de mesures d’accompagnement présentées ce mardi 12 mai aux instances représentatives du personnel et qui prévoient :  

-        3 ans d’accompagnement durant la période 2015-2018 auxquels s’ajoute un an de congés de reclassement, soit 4 ans d’accompagnement au total
-        L’appui d’un cabinet de reclassement ayant des obligations de résultats
-        Une prime supra-légale
-        La prise en charge des frais de déplacements et de déménagement
-        Un budget conséquent alloué aux formations

Par ailleurs, sur les bases de Mellac et de Magny-le-Désert, la direction indique avoir accordé « des mesures exceptionnelles supplémentaires afin de répondre au mieux à leur situation spécifique ». A savoir :
-        Un congé de reclassement de 15 mois au lieu de 12 ;
-        Une enveloppe supplémentaire de formation qui portera le montant potentiel à 15 000 € par salarié bénéficiaire ;
-        Une prise en charge d’un différentiel de salaire pendant 6 mois si le salarié retrouve un emploi moins bien payé en dehors du Groupement.

Enfin, « afin de ne laisser aucune friche industrielle », la direction indique vouloir mettre « tout en œuvre pour trouver des solutions de revitalisation aux sites impactés par ces transferts afin de maintenir un maximum d'emplois dans les villes concernées ».

 

Un avantage concurrentiel majeur fragilisé

Pour justifier, ce traitement de choc, la direction logistique explique que sa logistique intégrée est historiquement « l’un de ses avantages concurrentiels majeurs ». Avec 35 bases logistiques et 8 établissements régionaux de transport, ITM LAI revendique aujourd’hui la place de 3ème logisticien français et fournit l’ensemble des points de vente Intermarché et Netto. La société réalise 810 millions d’euros de chiffre d’affaires de prestations. La surface de stockage de ses bases est de 1,1 million de m² pour 826 millions de colis traités par an.

Cette logistique intégrée « permet aux points de vente, détaille le communiqué, de minimiser leur espace de stockage, d’optimiser leur surface de vente, et de bénéficier des meilleurs coûts logistiques. Sa performance impacte directement celle des points de vente alimentaires. » 

Or, constate ITM Logistique Alimentaire International (ITM LAI) cet avantage s’est considérablement émoussé du fait : « d’un parc logistique vieillissant (presque 30 ans) ; de normes de sécurité de plus en plus drastiques rendant obsolètes un grand nombre de ses bases ; et d’une saturation des bases liée à l’augmentation du nombre de références proposées par les points de vente. »

 

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