Le jus d'orange, victime inattendue de l'ouragan Irma

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Cette année encore, le marché des jus de fruits est fortement perturbé par des conditions météorologiques exceptionnelles. Les orangeraies de Floride ont subi l’ouragan Irma tandis que les pommes et les raisins européens ont massivement gelé. Unijus, l'interprofession des jus de fruits, fait le point fruit par fruit.

ORANGES

De mauvaises conditions climatiques à des moments clés de la production des fruits ont eu une incidence majeure sur les récoltes de certains fruits destinés à la fabrication de jus de fruits, fait savoir Unijus, l’union interprofessionnelle des jus de fruits. Les difficultés d’approvisionnement de certaines matières premières et l’augmentation exceptionnelle de leurs prix soulèvent une véritable problématique pour ce secteur pour lequel la matière première représente entre 60 et 80% des coûts de production. Voici le point fruit par fruit.

L’orange, une production à la merci de l’ouragan Irma

L’orange, fruit le plus consommé sous forme de jus (47% des ventes, Nielsen 2016) et dont le marché est largement dominé par le Brésil, a connu une récolte 2016-2017 particulièrement basse. C'était la plus faible depuis 1954. Jusqu’il y a peu, les estimations des producteurs brésiliens étaient encourageantes avec une hausse importante de la production sur 2017/2018 : +50% versus 2016 et +25% versus 2015, d’après les calculs de l’USDA (Unites States Department of Agriculture). Cela aurait dû reconstruire les stocks, au moins en partie. Cependant, le passage de l’ouragan Irma en Floride est venu contrarier ces prévisions : la perte des récoltes s’y élèverait à 50% voire 75%, selon les premières évaluations. Les USA auront donc à nouveau besoin cette année des jus d’orange du Brésil avec, pour conséquence, de nouvelles tensions sur le marché. Les cours très élevés du jus d’orange depuis 2016 ne devraient donc finalement pas baisser en 2017-2018.

Les pommes, bio et conventionnelles, victimes des perturbations climatiques en Europe

Les récoltes de pommes subissent les conséquences des gels du mois d’avril en Europe. La WAPA (World Apple and Pear Association) prévoit une baisse de 21% de la récolte totale versus la récolte 2016, soit une production totale estimée à 9,3 millions de tonnes. Pour la France, la WAPA estime cette diminution à 8%, avec de très grandes disparités selon les régions. Certains arboriculteurs français déplorent une diminution de 80% de leur récolte, notamment en Alsace, en Savoie et en Bourgogne. Sur le marché des pommes conventionnelles, les prix des purs jus ont déjà augmenté de 50% par rapport à l’année dernière, et ceux des concentrés ont doublé. Une situation d‘autant plus délicate que la consommation de jus de pomme a tendance à augmenter. Signe que le contexte est exceptionnel et particulièrement difficile cette année : des annonces de dénonciations de contrats sont déjà observées sur certaines références, faute de produits disponibles. La pénurie se fait particulièrement sentir sur le marché des pommes Bio, les vergers allemands ayant été touchés de plein fouet par les gels d’avril. La traditionnelle et forte demande allemande en jus de pommes Bio déstabilise l’ensemble du marché européen.

Le prix du raisin flambe

Même situation catastrophique pour le raisin. En effet, la récolte européenne devrait être bien plus faible que celle de l’année dernière (-16%) et que celle de ces 4 dernières années (-20%). On estime même que ce sera la plus petite récolte depuis des décennies, les 3 plus gros pays producteurs (Espagne, France, Italie) étant touchés, ce qui constitue une situation inédite. En cause, les fortes gelées d’avril, puis la sécheresse et enfin les limitations drastiques de l’usage de l’eau sur les régions méditerranéennes qui ont fortement influé sur la récolte. Les prix des matières premières flambent (+75% par rapport à l’année 2016). La disponibilité est très faible. Ceci est particulièrement vrai pour les fabricants de jus de raisin qui ne sont pas prioritaires sur ces matières, les producteurs de raisins privilégiant les débouchés viticoles.

Le pamplemousse, en situation de rupture

La production de pamplemousse rose n’a pas été à la hauteur de celle de l’année précédente, notamment en Afrique du Sud. Même constat alarmant en Floride, puisque depuis quelques années la production ne cesse de baisser. Ces difficultés ont eu pour conséquence de doubler le prix du jus de pamplemousse rose par rapport à l’an passé. Afin d’enrayer le risque de rupture de matière première, tous les espoirs sont désormais tournés vers les récoltes israéliennes (chiffres disponibles mi-octobre) et les récoltes mexicaines (chiffres disponibles fin novembre).

Une situation mieux contrôlée pour d’autres fruits

Si certaines productions de fruits se trouvent dans des situations de forte tension, d'autres catégories de fruits sont épargnées. Ainsi, après plusieurs années critiques, la production d’ananas a été relancée et la situation est désormais apaisée, notamment grâce à une production normale au Costa Rica. Les récoltes d’abricots, de pêches, de poires ainsi que de fruits de la passion ont également été conformes aux attentes.    

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